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NOUVELLES ARCHIVES

DE

L'ART FRANÇAIS

RECUEIL DE DOCUMENTS INÉDITS

PUBLIÉS PAR LA

SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE L*ART FRANÇAIS

ANNÉES 1874- 187 5

PARIS P>RAIRE DE

UE DES SAINTS-PÈRES 1875

NOUVELLES ARCHIVES

DE L'ART FRANÇAIS

EXEMPLAIRE

DE

M. Jules GUIFFREY,

Membre fondateur de la Société de l'Histoire de V Art français .

NOUVELLES ARCHIVES

DE

L'ART FRANÇAIS

RECUEIL DE DOCUMENTS INÉDITS

PUBLIÉS PAR LA

SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE L'ART FRANÇAIS

ANNÉES 1874- 1875

PARIS J. BAUR, LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ

I I , RUE DES SAJNTS-PÈRES 1875

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Si'r.3

LISTE ALPHABÉTIQUE DES MEMBRES FONDATEURS

DE LA SOCIÉTÉ

DE L'HISTOIRE DE L'ART FRANÇAIS.

La Bibliothèque de la ville de Troyes.

MM. Alkan (Alphonse), à Paris. Arnauldet (Thomas)^ Badin, à Paris.

Bailly, architecte du Gouvernement, à Paris. Barbet de Jouy, conservateur du Musée du Louvre, à Paris. Barre (A.), graveur général des monnaies, à Paris. Barthélémy (Ed. de), à Paris. Baur, libraire, à Paris. Béhague (vicomte de), à Paris. Bellenger (Henri), à Paris. Bergeron, à Marseille.

Blanc (Charles), membre de l'Institut, à Paris. BonafFé, à Paris.

Bosc (Efnest), architecte, à Paris. Bouvenne (Aglaûs), à Paris.

Brugière (Dieudonné de), à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde). Burbure de Wezembeech (le chevalier Léon de), à Gand. Capetter (Gustave), à Angoulâme. Gistagnary, à Paris.

Chabouillet, Conservateur du Cabinet des Médailles, h Paris. Chantcau (F. de), à Épinal (Vosges).

Chcnnevièrcs (Philippe de), Directeur des Benux-Arts, à Paris. Chcrricr (Henri), à Paris.

Chéron (Paul), de la Bibliothèque nationale, h Pnris. Chcvrier (Maurice), substitut, à Vervins. Clément de Ris, Conservateur au Musée du Louvre, h Paris. Colin (Paul), peintre à Paris.

a

VI

Corroyer, architecte, à Paris.

Cottenet (E.), à Paris.

Courajod (Louis), attaché à la conservation du Musée du Louvre.

Cousin (J.), Conservateur de la Bibliothèque de la ville de Paris.

Darcel (Alfred), Administrateur de la manufacture des Gobelins.

Dauphinot, à Reims.

Davillier (le baron Charles), à Paris.

Delaborde (le vicomte Henri), membre de l'Institut, à Paris.

Delaherche, à Beauvais.

Delisle (Léopold), administrateur général de la Bibliothèque

nationale. Destailleurs, architecte, à Paris. Deullin (Eugène), à Épernay.

Devrez (Désiré), architecte du Gouvernement, à Paris. Didot (A. F.), à Paris. Dieusy (Alfred), à Rouen. Dreyfus (Gustave), à Paris. Dubost (R.), à Paris.

Dufresne (Léon), ingénieur civil, à Evreux. Dumoulin, libraire, à Paris.

Duplessis (Georges), du Cabinet des Estampes, à Paris, Duval (A.), à Lyon. Fagniez (Gustave), à Paris. Fayet, à Paris.

Fillon (Benjamin), à Fontenay-le-Comte. Fournier (Charles), à Paris.

Garnier (Charles), architecte du Gouvernement, à Paris. Gautier, à Paris. Gérard, à Paris.

Gérardin (Alfred), sous-inspecteur des forêts, à Carcassonne. Giacomelli, à Versailles. Gonse (Louis), à Paris. Grandmaison, archiviste, à Tours. Grille (le marquis de), à Paris. Guiffrey (Georges), à Paris. Guiffrey (Jules), à Paris. Hardouin-Duparc (André), au Mans, Hédou (Jules), à Rouen, Heiss (A.), à Paris.

VII

Herbet, archiviste paléographe, à Paris.

Herluison, libraire, à Orléans.

Hoschedé (Ernest), à Paris.

Jamain (Joseph), à Paris.

Jarry (Louis), membre de la Société archéologique de l'Orléanais,

à Orléans. Jouin (Henri), à Paris. Laborde (le marquis Joseph de), à Paris. Lafenestre (Georges), sous-chef à la Direction des Beaux-Arts. Laisné (Charles), architecte du Gouvernement, à Paris. Lambert-Lassus, avocat, à Paris.

La Neuville (J. de), au Coudray-Montpensier (Indre-et-Loire). Laperlier, à Alger. La Saussaye (de), à Blois.

Lavedan (Léon), administrateur adj. de la Bibliothèque nationale. Lavigne (Hubert), sculpteur, à Paris. Lebrun-Dalbanne, à Troyes. Le Chevallier Chevignard, peintre, à Paris. Lemarié, à Paris. Leturcq (J.-F.), avocat, à Paris. Liepmannsohn (Léon), à Berlin. Lisch (Just), architecte du Gouvernement, à Paris. Lopinot (Amédée), à Paris. Louvrier de Lajolais, à Paris.

Lot (Henri), archiviste aux Archives nationales, à Paris. Lucas (Charles), architecte, à Paris. Mahérault, à Paris.

Magnabal, au ministère de l'Instruction publique, à Paris. Mant2 (Paul), à Paris. Marcille (Eudoxe), à Paris. Mauban, à Paris. Mazc (Alphonse), à Paris. Mcaumc (Edouard), à Paris. Menu (Henri), à Paris. Mercier (Charles), à Paris. Michcllc, à Paris. Michclot, à Bordeaux.

Millet (Ambroisc), à la manufacture de Sèvres. Millet (Eugène), architecte du Gouvernement, à Paris.

VIII

Montaiglon (Anatole de), professeur à l'École des chartes, à Paris.

Mûntz (Eugène), à Paris.

Normand (Jacques), à Paris.

Naples (Paul), architecte du Gouvernement, à Paris.

Pannier (Léopold), de la Bibliothèque nationale, à Paris.

Paris (Gaston), professeur au Collège de France, à Paris.

Patenotte (M"*), à Paris.

Pécoul (Auguste), à Draveil (Seine-et-Oise).

Petit (F.), avocat, à Paris.

Pichon (Etienne), sous-préfet à Dreux.

Pinchart, chef de section aux Archives du Royaume, à Bruxelles.

Popelin (Claudius), à Paris.

Port (Célestin), à Angers.

Pouy (F.), à Amiens.

Quincey (vicomte de), à Paris.

Raynal (E, de), Conseiller référendaire à la Cour des Comptes.

Reiset (Frédéric), Directeur des musées nationaux, au Louvre.

Revilliod de Watteville, à Genève*

Richard (Maurice), ancien ministre des Beaux-Arts.

Richard, archiviste du département de la Vienne, à Poitiers.

Rondot (Natalis), au château de Chambon (Suisse).

Roxard de la Salle (H.), au château de Phlin (Meurthe).

Sabine, architecte, à Paris.

Sensier (Alfred), à Paris.

Siret (Adolphe), commissaire d'arrondissement, à Saint-Nicolas

(Belgique). Sourdois, au château de Vaux, à Creil. Sully Prudhomme, à Paris. Tamizey de Larroque, à Agen. Teisseire (Charles), à Marseille.

Tempier (D.), archiviste des Côtes-du-Nord, à Saint-Brieuc. Thibaudeau (A. W.), à Ixelles-lès-BruxelIes. Tripier le Franc, à Paris. Valère Martin, à Cavaillon. Varenne (le marquis de), à Paris. Vendeuvre (Gabriel de), à Paris. Villot (Fr.), à Paris.

DOCUMENTS

SUR

PIERRE MIGNARD

ET

SUR SA FAMILLE (1660-1696).

Recueillis et annotés par M, J. J. Guiffrey.

La rencontre fortuite d'un document important relatif à Pierre Mignard, l'inventaire général de ses biens dressé après son décès, nous a mis sur la trace de plusieurs autres qui embrassent une période étendue de sa longue carrière. C'est ainsi que les décou- vertes s'enchaînent et se complètent dans cette mine inépuisable de matériaux historiques qui repose aux Archives Nationales, et dont les richesses ne seront pas épuisées de longtemps.

Avant d'entrer dans l'examen des pièces dont nous pu- blions le texte pour la première fois, il nous paraît utile de rappeler sommairement les principaux travaux dont Mignard a été l'objet dans ces dernières années. Nous n'avons point à nous occuper ici des notices consacrées aux Mignard dans les Biographies générales ou les Dictionnaires d'artistes.

Le premier ouvrage, en date comme en importance, spécia- lement consacré à notre peintre, est le livre bien connu de l'abbé de Monville, portant ce litre : Vie de Pierre Mignard, premier peintre du Roi, Paris lySo, in-12, portrait, et Amsterdam I73i,in-i2, avec un portrait différent de celui de l'édition de Paris. La Bibliographie biographique d'Œttinger signale une édition donnée à Amsterdam en 171 1. Nous ne l'avons jamais

2 PIERRE MIGNARD

rencontrée et nous croyons cette indication erronée. La biographie de l'abbé de Monville est le point de départ de toutes les notices rédigées depuis cette époque, aussi bien de celles qui ont été écrites au xviii" siècle par le comte de Caylus % par Lépicié *, que de celle qui fait partie de l'Histoire des peintres de M. Charles Blanc.

En 1781, un habitant de Troyes, Jean-Charles Courtalon Delaistre, publia un Eloge de Pierre Mignard (in- 12).

Les Archives de l'Art français firent connaître (Tome V des Documents, p. 41 -5 1), un testament que Mignard, atteint d'une grave maladie, avait rédigé en i663. Or, comme il ne mourut que trente-deux ans après, bien des dispositions de ce testament n'avaient plus de raison d'être au bout d'un si long délai, et il était probable que Mignard, qui eut tout le temps de songer à la mort et put la voir venir, avait laissé d'autres dispositions testamentaires. Cette hypothèse se trouve convertie en certitude par la découverte d'un autre testament bien postérieur à celui qu'on connaît déjà et qui précède de quelques années seulement la mort de son auteur. Le notaire, dans les minutes duquel est conservé cet acte, a bien voulu nous le communiquer; on en trouvera le texte plus loin.

En 1861, la Galette des Beaux-Arts (T. IX, p. 282-290) publia des Notes sur Pierre Mignard et sa famille de M. Auguste Huchard, employé au bureau de l'état civil de la Mairie de Troyes. Cet article a fait connaître l'acte de baptême, et par conséquent la date de la naissance de Nicolas et de Pierre Mignard et des détails nouveaux sur leurs ascendants.

Une note de M. I^atalis Rondot sur la famille Mignard publiée également dans la Ga^^ette des Beaux-Arts (2* période, t. VI, p. 446-8), doit se placer ici comme complétant la notice de M. Huchard; elle est d'ailleurs empruntée aux mêmes sources, c'est-à-dire aux registres paroissiaux de la ville de Troyes. Les origines et la date de la naissance des deux artistes troyens sont complètement éclaircies aujourd'hui par les consciencieuses recherches de MM. Huchard et Rondot.

1. Dans les Vies des premiers peintres du Roi, 1762.

2. Publiée dans les Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des Académiciens, tome II, p. 86-97. Cette biographie, lue dans la séance du 3 août 1743, est donc antérieure à celle du comte de Caylus.

ET SA FAMILLE. 3

Une Étude sur Pierre Mignard, sa famille et quelques-uns de ses tableau:» par M. Le Brun Dalbanne, renfermant plusieurs documents inédits sur différents travaux exécutés par P.Mignard et Girardon pour le maître- autel de l'église Saint- Jean de Troyes, parut dans le recueil des Mémoires lus à la Sor^ bonne (Archéologie, 1867, p. 367-438). L'auteur, après avoir résumé la biographie de l'artiste, s'étend longuement sur deux tableaux de Mignard possédés par la ville de Troyes, un baptême du Christ et un portrait dans lequel il croit reconnaître madame de Montespan.

Vers la même époque le savant conservateur du Musée de Versailles, M. Eudore Soulié, consacrait une notice à un portrait authentique de A/"* de La Vallière, par Mignard, récemment découvert chez le marquis d'Oilliamson, en Normandie, et dont M. de Nieuwerkerke avait fait exécuter une copie pour la galerie des portraits de Versailles (Versailles, imp. E. Aubert, 1866, in-8, tiré à 100 ex.).

Un certain nombre de renseignements étaient donc venus s'ajouter depuis une vingtaine d'années à la biographie de l'abbé de Monville, quand nous eûmes la bonne fortune de rencontrer l'inventaire après décès de Pierre Mignard. Cette pièce, comme nous l'avons déjà dit, nous mit sur la trace de plusieurs autres dont quelques-unes avaient trait à une époque bien antérieure de sa vie, c'est-à-dire à son mariage avec Anne Avclara, dont la date (1660), déjà fixée par M. Jal, se trouve confirmée par notre document. Le contrat de mariage fut signé le 2 août et la célébration de la cérémonie nuptiale eut lieu dix jours après. Quand Catherine Mignard indiquait à l'abbé de Monville l'année 1657 comme date de la célébration du mariage de son père, elle lui faisait commettre sciemment une erreur destinée à cacher l'irrégularité de sa naissance; elle ne pouvait se prévaloir de son ignorance puisque cet acte, constatation authentique de cette tache originelle, avait été produit par sa mère en 1697 pour être insinué au Chittclet, formalité qui correspond à l'enregistrement actuel. On a déjà signalé ce mensonge intéressé, et il est de peu de conséquence, maintenant qu'on possède des preuves formelles de la date du mariage de notre artiste.

Au contrat se trouve annexé un autre acte qui en relève singu- lièrement l'importance, nous voulons parler de l'état et prisée des biens de Mignard à la date de 1660. Joint aux renseignements

4 PIERRE MIGNARD

fournis par le testament de i663 déjà publié, par le deuxième testament de Mignard, et par l'inventaire de ses biens après son décès, il présente sur la fortune et sur l'intérieur du peintre aux différentes époques de sa vie un ensemble de détails précis, tel qu'on n'en possède sur aucun autre artiste de la même époque. Sans doute l'inventaire de la cave et même du mobilier ne présente pas un bien vif intérêt; mais combien est précieuse cette liste de copies et de dessins d'après les maîtres exécutés par Mignard, reviennent à chaque ligne les noms des Garraches !

Ces pages nous révèlent les préférences du peintre et nous livrent le secret de ses prédilections pendant les années d'appren- tissage qu'il passa en Italie. C'est en admirant, c'est en copiant sans cesse et de toutes les manières les œuvres des fameux Bolonais qu'il s'est préparé à la décoration du dôme du Val-de- Grâce. Et comme ce goût dominant pour les œuvres de la déca- dence explique bien la mauvaise humeur du Poussin qui trouve ses têtes fades, fardées, sans force ni vigueur (Lettre du Pous- sin de 1648, 1824, in-8'', p. 289). Encore un trait intéressante noter vers la fin de cet état de 1660 : si Mignard n'avait pas encore acquis la fortune, prix de ses travaux et de ses succès, dont nous verrons le détail dans son inventaire après décès, il avait déjà su tirer de son talent une aisance honnête; à preuve cette maison acquise par lui près d'Avignon, au prix de vingt-cinq mille livres tournois et louée moyennant huit cent quarante livres par an. Peut-être Mignard eut-il un moment l'intention de se fixer auprès de son frère dans les Etats du Pape quand le bruit de sa réputation le fit appeler à la cour. En tout cas , ce projet n'aura pas été de longue durée, car on verra par une déclaration de sa veuve, faite lors de l'inventaire après décès, que, dès 1662, Mignard avait vendu sa maison d'Avignon moyennant 18000 L. seulement, c'est-à-dire avec une perte de 7000 L.

Observons encore que la femme de Mignard dont le nom avait été lu jusqu'ici de différentes manières est invariablement appelée dans les actes que nous avons transcrits Angela Avolaro ou Avolara, et jamais Aollari, comme sur son acte de mariage publié par M. Jal. Son père et sa mère étaient tous deux Romains; cette dernière s'appelait Barbara Raimondi et si l'acte de mariage porte Barbe Raymond, le choix entre ces deux formes ne nous paraît pas pouvoir faire l'objet d'un doute. Le prêtre qui a écrit

ET SA FAMILLE. 5

les déclarations des époux aura traduit en français le nom étranger. On sait combien de pareils faits sont fréquents.

Des termes du contrat on pourrait conclure que si le père de Mignard était mort en 1660, Marie Galloys, sa mère, existait encore; mais ce point n'a pas grande importance.

M. Jal a consacré un article à l'élève de Mignard nommé Sorley ou Sourley qui assistait au contrat de mariage en qualité de témoin, comme à la bénédiction nuptiale, en compagnie de Dufresnoy. Encore un nom tombé aujourd'hui dans un oubli presque complet et cependant Mignard faisait de son élève un certain état, puisqu'il l'associait à toutes ses fêtes de famille et puisqu'il inscrit son nom sur son testament de i663. Le nom de Sorley est écrit Seveley ou Seurley dans le registre qui nous a conservé le contrat en question ; mais c'est probablement une simple faute de transcription.

Nous avons publié récemment un document relatif à P. Mignard dont les biographes ont connu, sinon le texte, du moins l'exis- tence. Il s'agit des lettres de noblesse qui lui furent concédées par Louis XIV au mois de juin 1687. Leur publication a trouvé place dans une série d'actes analogues imprimés dans la Revue historique de M. Dumoulin» (i" livraison de iSyS, p. i à 44).

En 1689, Mignard fit un nouveau testament qui annulait tous ceux qui portaient une date antérieure et par conséquent celui de i663. Le testament de 1689 reçut son exécution après la mort de l'artiste; c'est lui qu'on invoque dans les actes de partage. Il présente donc un intérêt particulier. Nous sommes heureux d'en pouvoir donner le texte qui a été gracieusement mis à notre disposition par le dépositaire actuel. On remarquera, sans qu'il soit besoin d'y insister, les nombreuses différences qui se trouvent entre l'acte de 1689 et celui de i663; ce sont ces différences qui rendent les deux pièces également intéressantes. Bien des amis de Mignard l'avaient précédé dans la tombe, tandis que de nouveaux noms apparaissent dans l'acte de 16H9. L'inventaire qui l'accompagne n'est pas aussi curieux qu'on devait l'espérer, parce que la partie la plus importante fait défaut. Nous n'avons pas retrouvé la description des peintures

I. Quelques exemplaires de ce travail ont été tirés à part et font partie de la Collection de notices publiées sous les auspices de la Société de l'Histoire de l'Art français.

6 PIERRE MIGNARD

originales ou copies que les parties annoncent l'intention d'in- ventorier dans une seconde séance. Ce projet n'aura-l-il pas été mis à exécution, ou le procès-verbal de l'expertise confiée à Michel Corneille a-t-il disparu dans la suite, nous l'ignorons. La première hypothèse nous paraît cependant la plus vraisem- blable; dans tous les cas, l'énumération des tableaux qui figure dans le partage de la succession peut suppléer à l'inventaire fait dans l'atelier de l'artiste. On remarquera l'article de l'inventaire qui fixe par convention mutuelle des héritiers la somme à dépenser à la décoration du tombeau de Mignard. Nous revien- drons tout à l'heure sur ce point qui exige quelques éclaircis- sements.

Ici se place, en suivant l'ordre des dates, une série d'extraits d'une nature particulière sur lesquels il est nécessaire de nous arrêter un instant. Grâce à leur ancien Directeur, M. le marquis de Laborde, les Archives Nationales possèdent une copie fidèle des procès-verbaux des séances des anciennes Académies. Cette copie va permettre à la Société de VHistoire de V Art français, de publier ces procès-verbaux dont l'importance n'échappera à personne. Pour donner une idée de leur intérêt au point de vue biographique, et en même temps pour grouper tous les renseignements inédits que nous possédions sur notre artiste, nous en avons extrait et nous publions tous les passages relatifs à Mignard. On y voit l'ancien adversaire de l'Académie royale, admis sans protestation, sur l'ordre formel du Roi, et surtout de Louvois; mais la compagnie a grand soin de témoigner qu'elle donne surtout une preuve de sa condescendance aux volontés de ses protecteurs. La situation de Mignard dans l'Académie est fausse et embar- rassée; il n'y vient que rarement; une seule fois il y prend la parole pour prononcer un discours que le procès- verbal, malgré les éloges obligés, semble s'étudier à rendre ridicule. Enfin, l'alliance de Mignard et de l'Académie, après une lutte longue et acharnée, ne fut jamais qu'un mariage de raison et la compagnie éprouva un véritable soulagement quand elle fut débarrassée du Directeur qui lui avait été imposé. Au lieu des marques profondes de regret dont témoignent les procès-verbaux après la mort de Le Brun, au lieu des témoignages d'attachement et des pompes funèbres ordonnées après la mort du premier Directeur, pour honorer sa mémoire et reconnaître ses services,

ET SA FAMILLE. 7

une sèche mention, presque joyeuse, enregistre la nouvelle du décès de Mignard, On envoie complimenter sa veuve; le mot ne doit pas étonner, c'est le terme d'usage et il est mis sans aucune intention méchante ; mais on s'en tient à ce témoignage imposé par la plus stricte politesse.

Plus tard, quand l'Académie ne se sentira plus sous la surveil- lance des protecteurs de Mignard et qu'elle pourra donner libre carrière à l'expression de ses sentiments intimes, elle ne dissimulera pas la rancune qu'elle a gardée contre un de ses plus anciens et de ses plus énergiques adversaires. C'était en lySi; le comte de Caylus venait de lire à une des séances la vie de Mignard publiée depuis dans les Vies des Premiers Peintres du Roi, Coypel répondit au savant Amateur, et, après avoir en quelques mots fait une critique très-vive des éloges emphatiques accordés au peintre par l'abbé de Monville, il complimenta le membre de l'Académie d'avoir osé désapprouver ouvertement la conduite de Mignard envers l'Académie. Ce discours de Coypel est trop curieux, il a un rapport trop direct avec la biographie de notre artiste pour que nous le négligions. On en trouvera le texte à la fin des extraits des procès-verbaux de l'Académie Royale de Peinture.

Enfin nous avons fait suivre ces documents de deux autres pièces qui appartiennent également à la carrière publique, ofiicieile de l'artiste. Ce sont les inventaires des tableaux, dessins ou autres objets trouvés dans l'atelier du Premier Peintre après sa mort et appartenant au Roi d'après l'usage. Bien que ces inventaires reproduisent tous deux certains articles, il y a entre eux des différences assez considérables pour qu'il soit intéressant de les publier l'un et l'autre. En outre l'un d'eux, et le moins complet, présente une série d'annotations fort curien^s, certai- nement émanées d'un personnage important, sans qu'il soit possible d'en déterminer exactement l'origine. Ces deux inven- taires méritaient d'autant plus d'être recueillis ici qu'ils com- plètent l'énumération des tableaux trouvés après la mort de l'artiste et partages entre ses enfants.

Mignard meurt le 3o mat 1695; mais, avant de rendre le dernier soupir, et, tout en confirmant ses précédentes dispositions testamentaires, il jugea prudent de prendre une dernière pré- caution contre l'esprit dissipateur dont ses fils lui avaient donné plus d'une preuve. En conséquence, le i3 mai 1695, alors

8 PIERRE MIGNARD

qu'il était déjà retenu au lit par la maladie qui devait l'emporter, il fit une substitution de quinze cents livres en faveur des enfants légitimes de ses fils Ciiarles et Rodolphe * à prendre sur leur part d'héritage dans la succession de leur père. Cette précaution in extremis nous inspire une assez fâcheuse idée des descendants immédiats de l'illustre artiste. L'acte de partage qui va suivre ajoutera quelques renseignements plus positifs à cette première donnée sur leur caractère.

L'arrêt du Parlement qui vient ensuite, pour suivre l'ordre chro- nologique, renferme plus d'un renseignement précieux. Tout d'abord il nous révèle un désaccord qui s'était élevé entre les héritiers du Premier Peintre dès le lendemain de sa mort, et nous apprend en même temps le motif de cette division. Mignard ne s'en était pas tenu au testament de 1689 dont nous publions le texte; mais successivement plusieurs codicilles étaient venus s'y ajouter les 18, 22 etSi mai, le 3 juin 1689 et le 3o avril 1695. En vain avons-nous recherché ces codicilles dans l'étude qui a conservé la minute du testament; ils ont été égarés ou perdus; toutefois l'arrêt en question peut y suppléer, au moins pour un des points les plus importants. Mécontent de ses fils, et ayant toujours eu, comme on sait, une prédilection particulière pour sa fille Catherine, Mignard l'avait avantagée dans un de ses nombreux codicilles, et lui avait accordé deux parts dans sa succession, c'est-à-dire la moitié de ses biens; ses fils ne devaient recevoir chacun que la moitié de la part constituée à leur sœur. De mécontentement, procès; les demandeurs n'ayant pu faire admettre leurs récla- mations par le Châtelet, en appelèrent au Parlement qui les condamna également. Ils durent se résigner en conséquence à respecter la dernière volonté de leur père, et à laisser leur sœur prendre la moitié de son riche héritage.

Quant au testament du 3i juillet 1694, invoqué par Charles Mignard seul, nous en ignorons la teneur aussi bien que celle des codicilles précités. Supposer un testament faux, ce serait

i. M. Jal affirme que Mignard laissa en mourant trois fils : Charles, Pierre et Rodolphe. Il est d'accord en cela avec Lépicié et les anciens biographes de Mignard. Cependant on ne voit figurer aux opérations du partage que deux fils, Charles et Rodolphe. Pierre s'était fait Mathurin et avait sans doute, en entrant en religion, renoncé à la succession paternelle.

ET SA FAMILLE. 9

peut-être aller trop loin et soupçonner sans preuves un fils insoumis d'un acte bien grave. Il est difficile toutefois d'expli- quer comment ce testament ne fut pas suivi d'exécution quand des actes antérieurs ressortissaient leur plein et entier effet. Peut-être le père, regrettant ses premières sévérités, avait-il songé un moment à adoucir ses rigueurs ; puis, voyant ses fils incorri- gibles, sera-t-il définitivement revenu au moment de sa mort sur un accès de tendresse paternelle, et aura-t-il annulé, dans le codicille du 3o avril 1695, des dispositions prises l'année précé- dente. Mais sur tous ces points, le champ des hypothèses est ouvert, et il faudrait retrouver les actes eux-mêmes pour tran- cher ces incertitudes. En tout cas, ces questions de famille n'ont plus aujourd'hui qu'un médiocre intérêt de curiosité, et ce serait peut-être perdre son temps bien inutilement que de chercher à les élucider.

Le partage des biens de la succession ne souffrait plus de difficulté. Il fut commencé le 19 mai 1696, et dura jusqu'au 22 septembre suivant. Mais auparavant avait eu lieu le mariage de Catherine Mignard avec Jules de Pas, comte de Feuquières. A peine débarrassée des procès que lui avaient intentés ses frères, la fille de Mignard, qui approchait alors de la quarantaine, se hflta de conclure la brillante union dont elle se montra le reste de ses jours si orgueilleuse. Le contrat porte la date du 16 avrih 1696. Nous en publions le texte conservé dans les registres des Insinuations du Châtelet de Paris. Le Roi et, à son exemple, toute la Cour, approuvèrent par leurs signatures cette mésalliance qui indignait si fort Saint-Simon, et cette circonstance seule don- nerait un vif intérêt à l'acte en question. Le comte de Feu- quières était coulant sur les conditions du contrat. Le régime «dopté était celui de la séparation de biens pure et simple. Le mari constituait à sa femme un douaire de trois mille livres de rente, et la femme, de son côté, faisait à son mari donation d'une rente viagère de trois mille livres, si elle prédécédait en laissant des enfants. Cette rente devait être convertie en une somme de soixante mille livres une fois payée, si, à sa mort, Catherine Mignard n'avait pas d'héritiers. Enfin, la mère de Catherine lui conférait, par ce même contrat de mariage, les deux tiers de tous les biens qu'elle possédait, sous réserve d'usufruit sa vie durant. I^c» époux se faisaient enfin respectivement don de six mille livres à prendre en meubles, dans la succession ilu premier décédé, par le survivant.

lO PIERRE MIGNARD

Le noble comte de Feuquières était un peu traité dans ce contrat selon ses mérites, c'est-à-dire en dissipateur. Sa femme avait su prendre ses précautions contre les éventualités d'une union inégale, tant par l'âge que par la condition des époux, tout en étant très flattée d'avoir désormais ses grandes entrées dans les salons aristocratiques et à la cour. Le mari de son côté n'avait pas fait une trop mauvaise affaire; s'il lui était interdit de toucher à la fortune de sa femme, il en avait du moins la jouissance, et les revenus de Catherine Mignard atteignaient un chiffre assez respectable, comme nous le verrons tout à l'heure, grâce aux avantages successifs que lui avaient constitués son père et sa mère. On peut donc supposer, sans calomnier aucun des deux conjoints, que cette union n'était pas plus d'un côté que de l'autre un mariage d'inclination.

Enfin nous arrivons à la pièce capitale de notre publication : le partage des biens de Mignard entre ses enfants. D'après ce qui précède, il est facile de prévoir que les parties étaient loin de se trouver d'accord. Un vif mécontentement des avantages faits à leur sœur et confirmés par l'arrêt du Parlement, se manifeste en effet dès les premières séances qui toutes sont consacrées à écouter les récriminations réciproques des parties. D'un côté, Charles Mignard et son frère Rodolphe reprochent à leur mère ëe s'entendre contre eux avec leur sœur, la comtesse de Feu- quières , d'avoir pris sa part des tableaux de son mari avant d'avoir fait procéder à l'inventaire et à la prisée de tous les tableaux; ils la somment enfin de représenter l'inventaire dressé après le décès de leur père. A leur suite, comparaissent deux personnages étrangers à la famille qui ne se préoccupent que du recouvrement des créances qu'ils ont à exercer contre Charles Mignard, et naturellement n'ont qu'un intérêt, c'est que sa- part dans la succession ne soit pas diminuée, au détriment de leurs droits. Aussi épousent-ils tous les griefs de leur débiteur.

Anne Avolara et sa fille répondent aux prétentions de leurs adversaires qu'ils ont eux-mêmes consenti au choix que la veuve Mignard a fait parmi les tableaux de son mari. Celle-ci ne se refuse pas d'ailleurs à communiquer l'inventaire après décès qu'elle a entre les mains; mais elle demande à prélever sur la part de ses enfants certaines reprises qu'elle a à exercer sur les biens du défunt. C'est ainsi qu'elle réclame une première somme de 7182 livres pour frais funéraires, legs faits par le défunt et

ET SA FAMILLE. II

autres dépenses dont les héritiers sont seuls tenus, en outre 6000 liv. pour le mausolée, 3ooo liv. pour son deuil; entin l'indemnité due pour les tableaux qui lui ont été légués par son mari est évaluée par elle à 455oliv.; en tout plus de vingt mille livres.

Elle revendique aussi d'autre part igSy livres 5 sols pour payements faits par elle à des ouvriers et autres personnes dont elle offre de représenter les quittances. Ce n'est pas tout; elle demande encore le remboursement de cinq autres sommes montant ensemble à 36oo livres avancées à ses fils. Sans élever de contestation sur l'origine et la nature de ces créances, Charles et Rodolphe réclament le partage des biens, ordonné par une sentence du 28 juillet 1696, se réservant d'examiner et de con- tester plus tard la valeur des réclamations de leur mère. Il leur importe d'en finir promptement pour diminuer les frais que leur causent l'intervention et la présence de leurs créanciers.

Tels sont les faits saillants que présente cette procédure em- brouillée, commencée le 19 mai et qui n'a pas encore produit de résultat le i" août.

Enfin, le 4 août 1696, le commissaire Regnault se décide à établir la masse générale des biens de la succession.

Les premiers articles sont consacrés aux meubles portés dan% rinventaire dressé après le décès de Mignard et dont nous avons parlé plus haut. Viennent ensuite les titres de rente, dont presque tous les arrérages sont dus depuis dix-huit mois, le payement ayant été suspendu par la mort du titulaire.

Le total du mobilier monte à io,7831. gs. 3d.

Les deniers comptants trouvés chez Mignard figurent pour 29,158

Les capitaux placés en rentes vont à. . . 409,998 représentant un intérêt annuel de 22,120 1.

Les intérêts pour dix-huit mois sont de. . 33, 180

Trois maisons estimées à 64,000

Les loyers à recouvrer des locataires de ces maisons. 2,o5o

lolal 549,169!. 98. 3 d.

On le voit, Mignard avait su tirer parti de la vogue dont il n'avait cessé de jouir pendant sa longuo carrière.

12 PIERRE MIGNARD

Nous n'entrerons pas dans le détail de toutes les péripéties qui survinrent au cours du partage. Tous les moyens que la chicane peut inventer furent mis en œuvre de part et d'autre, et il faut bien le reconnaître, si les fils de Mignard n'avaient pas lieu d'être satisfaits de la part qui leur était faite, ils justifièrent assez bien les rigoureuses mesures . prises par leur père et jouèrent un assez vilain rôle dans toute cette affaire.

Nous résumons les passages peu intéressants de ce long procès-verbal; mais nous reproduisons le texte intégral des articles qui contiennent le moindre renseignement curieux. Ainsi avons-nous cru devoir noter cette phrase si singulière au milieu de ces interminables contestations : « Pour marquer à la dame leur mère qu'ils sont entièrement soumis à ses volontez, ses fils, etc.. »

Après de nouveaux débats sur la qualité d'expert conférée à Michel Corneille par la dame de Feuquières, on se décide enfin à procéder au partage des tableaux qui n'ont pas été gardés par la veuve Mignard. Quatre lots sont composés, Catherine Mignard ayant droit à une part égale aux parts de ses deux frères, puis a lieu le tirage au sort. Quelque sommaire que soit l'énumération de ces œuvres de Pierre Mignard, elle est encore bien précieuse; elle nous révèle l'existence d'un autre inventaire probablement plus complet des tableaux trouvés dans l'atelier de l'artiste après sa mort; c'est probablement sur cet inventaire dressé sans la participation de ses fils que la veuve Mignard fit choix de la part qu'elle se réservait; c'est lui peut-être qui fut communiqué sur requête à Rodolphe Mignard pendant les préliminaires du partage, peut-être Rodolphe aura-t-il gardé un titre dont l'im- portance avait singulièrement diminué, et qu'on ne songea plus à retirer de ses mains. Quoi qu'il en soit, nous n'avons plus aujourd'hui cet inventaire, et le partage des tableaux de Pierre Mignard en quatre lots pour être tirés au sort entre ses enfants, nous a seul conservé l'indication des compositions ou des portraits trouvés dans son atelier après sa mort. Cette liste ne comprend pas moins de quatre-vingts toiles ou ébauches parmi lesquelles figurent beaucoup de portraits.

Les lots formés, on procéda au tirage au sort; puis des cartons d'abord oubliés furent retrouvés et devinrent le sujet d'un nouveau partage par la même voie.

La répartition des tableaux terminée, ce fut le tour du

ET SA FAMILLE. l3

mobilier, puis des rentes et du reste de la fortune. On verra dans notre analyse le détail de ces diverses opérations et leur résultat définitif.

Un dernier incident mérite de nous arrêter. On a vu que les héritiers avaient fixé à douze mille livres la somme à employer à l'érection du tombeau de leur père ou époux. Probablement les fils, déçus dans une partie de leurs espérances, avaient trouvé par la suite cette somme un peu forte; car une sentence rendue au Châtelet contre Rodolphe Mignard décidait : que le buste de Desjardins, légué à Catherine, décorerait le tombeau de son père; qu'une somme de six mille livres, prise sur la masse de la succession, serait employée à toutes les dépenses et ornements de ce tombeau. La sentence est du 20 Juillet 1696, on la trouvera à la fin de nos documents. Cette décision devint l'objet d'un article de la liquidation; on tomba d'accord que la somme attribuée à cet emploi resterait entre les mains de la dame Avolara et qu'elle ne pourrait être dépassée, si ce n'est aux dépens de la dame de Feuquières qui probablement manifestait déjà l'intention d'honorer la mémoire de son père par un monument fastueux. Toutefois ce projet ne devait pas être exécuté de sitôt, et à ce propos il n'est pas inutile d'insister sur les dates pour éviter une confusion plus d'une fois com- mise. Mignard avait été inhumé par sa famille dans l'église Saint-Roch; Germain Bricc, toujours si bien informé, le dit formellement dans la dernière Description de Paris publiée sous ses yeux, en 1725. Il ne parle pas du monument ni des statues commandés à Lemoyne par la comtesse de Feuquières; et en effet ils ne furent exécutés que plus tard. Dans sa Vie de Mignard, le Comte de Caylus nous apprend que la fille du grand artiste, après avoir donné en 1726 le buste de son père à l'Académie, commença la construction du monument on devait rcntcrrcr elle-même et y fit transporter les restes de son père; malt les travaux n'étaient pas terminés à sa mort, c'est-à-dire en 1742. Piganiol de la Force confirme ce fait et ajoute que les travaux ne furent achevés que plusieurs années après la mort de la comtesse. Ce tombeau de Mignard n'étnit plus dans l'église Saint-Roch, mais dans celle des Jacobins de la rue Samt-Honoré, Thiéry le vil en 1787. Ainsi, quand on a rétabli le portrait agenouillé de la comtcaae de Feuquièrea dans l'église Saint-

14 PIERRE MIGNARD

Roch on a fait cadeau à cette paroisse d'une œuvre d'art qui ne lui appartenait pas avant la Révolution.

De ce qui précède il résulte que Mignard a eu deux tombeaux successifs, l'un à Saint-Roch, avec simple épitaphe, d'où on a transporté ses cendres aux Jacobins de la rue Sainl-Honoré dans le riche monument que sa fille lui faisait élever à la fin de sa vie. On conçoit que ce n'est pas avec les six mille livres réservées pour cet usage qu'on pouvait faire construire un tombeau orné de figures par un des premiers sculpteurs du temps.

A la suite des documents que nous venons d'analyser on trouvera une pièce de vers adressée à notre artiste par le poète Scarron et un passage concernant la fille de Mignard, extrait, comme l'épître en vers, d'un manuscrit de la Bibliothèque Nationale, portant le io8 (collection de Champagne). Nous devons l'indication de ces deux morceaux à l'obligeance de M. Natalis Rondot qui, comme nous l'avons déjà 'dit, a consacré de longues recherches à la famille de Mignard.

Nous avons pensé qu'une liste chronologique des tableaux de Mignard indiqués par l'abbé de Monville ne serait pas sans intérêt. A cette première liste nous en avons joint une autre; c'est la table par ordre alphabétique de tous les portraits men- tionnés dans cette biographie, avec indication, autant que faire se pouvait, de la date de l'exécution de chaque portrait et avec renvoi aux pages du livre de l'abbé de Monville.

J. J. GUIFFREY.

ET SA FAMILLE. l5

I.

CONTRAT DE MARIAGE

DE

PIERRE MIGNARD,

TAIRE 660).

Pardevant les Notaires gardenottes du Roy en son Chastelet de Paris soubsignez, furent présens noble homme Pierre Mignard, peintre ordinaire du Roy, demeurant rue Montmartre, paroisse Saint Eustache, fils de deffunt Pierre Mignard et de Marie Galloys, sa femme, pour luy et en son nom d'une part; et damoi- selle Angella Avolaro, romaine, fille de Mathieu Avolaro, bourgeois de la ville de Rome, et de Barbara Raimondi, sa femme, demeurant en ladite rue Mont- martre et parroisse, pour elle et en son nom, d'autre part ;

Lesquelles parties, par l'advis et conseil de leurs parents et amis assemblez, sçavoir : Pierre Mignard, nepvcu dudit sieur Mignard, de messire Thomas Dreux, conseiller du Roy en son grand Conseil, noble homme Guillaume Bluet, advocat en la cour de Par- lement, Cézar de Bernoud seigneur de Saint Didier, conseiller de Son Altesse au Parlement de Dombes,

I. Archives Nationales : Registre des Insinuations du Chûtclct de Paris. Y, a65, fol. 39a et suivants.

l6 CONTRAT DE MARIAGE

amis; de Charles Alphonce du Fresnqy, Rodolphe Parent et Hiérosme Sorléy, tous peintres, aussy amis; ont vollontairement recognu et confessé avoir fait et accordé entre elles de bonne foy le traité de mariage, dons, douaires et conventions qui ensuivent :

A sçavoir, les dits sieur Mignard et damoiselle Avolaro s'estre promis prendre par nom et loi de mariage et icelluy solempniser en face de nostre mère sainte Eglise catholique et romaine le plustot que faire se pourra et sera advisé entre eux, leurs parens et amis, si Dieu et nostre mère sainte Église s'y consentent et accordent, pour estre les dits sieur et damoizelle futurs espoux, comme ils seront uns et communs en leurs biens meubles et conquets immeubles du jour de la bénédiction nuptialle, suivant la coustume de cette ville, prévosté et vicomte de Paris, sans estre tenus des debtes l'un de l'autre faites avant leur mariage, mais sy aucunes y a, elles seront acquittées par celuy qui les aura faites et créées, sans que l'autre ny ses biens en soyent aucu- nement tenus.

En faveur duquel mariage lesdits sieur et damoiselle futurs espoux promettent se prendre aux biens et droits à eux appartenans, consistans : à l'esgard de ceux dudit sieur futur espoux, en Testât et inventaire de ceux qui sera fait en la présence de ladite damoiselle future espouse, et demeurera annexé à la minute des présentes pour y avoir recours et estre transcrit en fin des expé- ditions qui en seront délivrées. Lesquels biens qui seront aiusy contenus audit estât et inventaire demeu- reront propres audit futur espoux, et aux siens, de son costé et ligne. Ledit sieur futur espoux a doué et doue ladite damoiselle future espouse de six cens livres

DE P. MIGNARD. I7

tournois de rente par chacun an dont le principal dudit douaire demeurera propre aux enfans dudit mariage, à l'avoir et prendre sytost et incontinent qu'il aura lieu, sur tous les biens meubles et immeubles présens et advenir dudit futur espoux qui demeureront obligez et hypotecquez pour fournir et faire valloir ledit douaire.

Est accordé que, sy ladite damoiselle future espouze survit audit futur espoux, elle jouira de la part des biens qui luy eschera en la communauté tant qu'elle demeurera en viduité; et sy elle convoUe en seconde ou autres nopces, ladite communauté, avec les fruits d'icelle du jour de sondit mariage, appartiendront à l'enfant ou enfans du premier mariage; le préciput est accordé au survivant desdits sieur et damoiselle futurs espoux de la somme de deux mille livres tournois, qu'il prendra des biens de ladite communauté tels qu'il voudra choisir, selon la prisée de l'inventaire et sans crue, ou ladite somme en deniers à son choix.

Sera permis à ladite damoiselle future espouse de renoncer au droit de communauté, ou l'accepter, et y renonceant, reprendre ce qu'elle aura apporté audit mariage, ce qui luy sera escheu, constant iceluy, par succession, donation ou autrement, sesdits douaire et préciput, le tout que dessus franchement, sans aucunes debtes payer de leur communauté, bien qu'il y eust par le [contrat] esté condamné, desquelles elle sera acquittée par les héritiers et biens dudit sieur futur espoux, car ainsy a esté accordé entre les parties promettans et obligeans chacun en droit soy.

Fait et passé à Paris en la maison de ladite damoi- selle future espouse, l'an 1660, ledeuxicsme aoust après midy. Et ont lesdites parties et autres susnomniez signé avec lesdits Notaires soubzsignez.

2

l8 INVENTAIRE DES BIENS

La minute des présentes demeurée par devers et en la possession de d'Orléans l'un des deux Notaires, signé : Cartier et d'Orléans.

Ensuit le bref estât et inventaire des biens dudit sieur Mignard.

Estât et inventaire des biens et effects qui appar- tiennent à noble homme Pierre Mignard, peintre ordinaire du Roy, fait en la présence de damoiselle Angela Avolaro, romaine, fille de Mathieu Avolaro, bourgeois de la ville de Rome et de Barbara Reimondy, sa femme, suivant et en exécution de la clause insérée en leur contract de mariage passé ce jourdhuy deuxiesme aoust mil six cens soixante par devant les Notaires soubzsignez, ainsy et comme lesdits biens ensuivent. Premièrement.

En la cave de la maison il fait sa demeure rue Montmartre se sont trouvez deux demy muids de vin clairet de Joigny, vallant soixante neuf livres tournois, cy. Ixix*.

Plus deux voies de gros bois à brusler vallant vingt huit livres tournois, cy. xxviij ^.

Item, dans la première chambre un lit à haults pilliers fermant à vice, garny de son enfauleure (?), mathelas, traversins, deux couvertures de laine, les rideaux de serge grise garnis de franges de fil et soye, vallant cent cinquante livres tournois, cy. cl*.

Item, deux chevallets, trois chaises de paille vallant trente six sols tournois, cy. xxxvj ^

Item, une escaile servant à breyer les coulleurs vallant dix livres tournois, cy. x *.

DE P. MIGNARD EN 1660. I9

Dans la cuisine.

Item, une crémaillère, une pelle, pincette et petits chenets, tout de fer, et un soufflet vallans trois livres tournois, cy. iij *.

Item, une fontaine de cuivre rouge vallant trente deux livres tournois, cy. xxxij *.

Item, une platine de cuivre jaulne vallant viij *, cy. viij *.

Item, un fer à unir le linge vallant trente sols tournois, cy. xxx *.

Item, une petite marmite et un escumoir vallant cent solz, cy. c '.

Item, un cocquemard vallant la somme de six livres tournois, cy. vj **.

Item, une grande marmitte de cuivre rouge vallant la somme de huit livres tournois, cy. viij *.

Item, une poésie de fer vallant vingt solz tournois, cy. XX '.

Item, une broche vallant quinze sols tournois, cy.

XV •.

Item, un poislon vallant troys livres tournois, cy. iij *.

Item, une bassinoire de valeur de cent dix sols tournois, cy. ex '.

Item, un gril vallant vingt sols tournois, cy. xxV

Item, six cousteaux, cinquante sols tournois, cy. 1 •.

Item, un chaudron vallant six livres tournois, cy. vj *.

Item, un sceau de treize sols, cy. xiij •.

Item, en pots, plats, escuellcs et autres ustenciles d'estain scrvans, s'est trouvé la quantité de vingt six livres quatre onces, au prix de vingt deux sols la livre, revient, au dit prix, à vingt huit livres dix sept solz six deniers tournois, cy. xxviij ♦* xvij vj <*.

Itéra, en autres pots, plats, escuelles et autres usten-

20 INVENTAIRE DES BIENS

ciles d'étain communs s'est trouvé la quantité de quatre vingt livres à dix neuf sols la livre vallent soixante seize livres tournois, cy. Ixxvj *.

Item, un potager d'estain vallant trois livres dix sols tournois, cy. iij ^ x ^.

Item, un demi sextier, choppine et pinte d'estain vallant unze livres tournois, cy. xj *.

Item, une table ployante vallant quatre livres tour- nois, cy. iiij *. Dans la salle.

Item, six pièces de tapisseries de verdure rehaussées de soye, avec leur bordure, vallant la somme de six cent livres tournois, cy. vj ^ ^.

Item, un miroir vallant unze livres, cy. xj ^.

Item, douze tabourets, six chaises et deux fauteuils, le tout couvert de moquette fasson de Hongrie, vallant soixante dix livres tournois, cy. Ixx *.

Item, une grande table d'aitz posée sur tréteaux vallant cinquante sols tournois, cy. 1 ^

Item, un grand tapy d'estoffe vallant six livres tournois, cy. vj ^.

Item, deux paires de chenets grands et petits avec leurs garnitures en cuivre vallant la somme de trente livres tournois, cy. xxx ^.

Dans la pièce à costé vers la cour.

Item, une tapisserie de vingt une aulnes et un quart vallant quarante livres tournois, cy. xl^.

Item, un lit garni de quatre aits et deux tréteaux natté de pailles, un châssis servant de ciel, un plafond de toille, quatre cordons qui le tient suspendu, six verges de fer, huit grands pittons, deux mathelas, deux traversins, cinq pantes de lit de serge rouge de deux aulnes de tour, couverture de même, quatre pièces de

DE P. MIGNARD EN 1660. 21

soubassement garnyes de franges rouges cramoisy, le tout vallant cent quarante livres tournois, cy. cxl ^.

Item, une grande armoire de bois de haistre à quatre guichets vallant cinquante livres, cy. 1 *.

Item, un grand coffre faict de bois de chesne d'as- semblage, vallant cinquante quatre livres, cy. liiij ^.

Item, une table de bois de haistre garni de son tiroir, vallant neuf livres tournois, cy. ix ^.

Item, une cassette de cuir clouée et bandée, vallant la somme de huit livres tournois, cy. viij *.

Item, un tapy de table de taffetas, vallant six livres tournois, cy. vj ^.

Item, deux escabeaux et trois chaises de paille, vallant soixante solz tournois, cy. iij *.

Item, une paire de petits chenetz et leur garniture de cuivre jaulne, petite pincette et tenaille de fer avec un soufflet, unze livres cinq solz, cy. xj ^ v ".

. A costé de la salle dans une petite chambre.

Item, un petit lit garny d'estoffe de fil rayé avec le bois de lit, deux couvertures et un traversin, vallant la somme de quatre vingt livres tournois, cy. iiij^^ *.

Item, une petite table brisée de bois de noyer, un petit tapy dessus icelle, vallant la somme de sept livres tournois, cy. vij *.

Item, une paire de petits chenets de cuivre avec leurs garnitures et une autre petite paire de fers, vallant dix livres tournois, cy. x *.

Item, deux chaises de paille, vallant vingt solz tour- nois, cy. XX •. Linges,

Item, huit paires de draps, vallant quatre vingt seize livres tournois, cy. iiij"xvj ♦*.

Item, deux douzaines serviettes, vallant dix-huit

2^ INVENTAIRE DES BIENS

livres, cy. xviij*.

Item, cinq nappes, vallant quinze livres tournois, cy. XV *.

Item, dix-sept aulnes de draps d'Angleterre, vallant deux cent quatorze livres tournois, cy. ïf xiiij *.

Le lit des servantes dans la cuisine consistant pre- mièrement en un matelas, deux couvertures, traversin et un bois de sangle ployable, vallant la somme de quarante cinq livres tournois, cy. xlv ^.

Le lit du serviteur, d'un bois ployant, mathelas, paillasse, couverture et pavillon, vingt livres tournois, cy. XX *.

Tableaux.

Item, une Nativité de Nostre Seigneur, d'après Annibal Carrache avec très grand soin \ vallant la somme de quinze cens livres tournois, cy. xv^ ^.

Item, une petite Annonciation, coppie de luy d'après les Scaraches ^ soigneusement avec sa bordure, vallant la somme de trois cens livres, cy. nf *.

Item, une petite Tentation de saint Anthoine, coppie de lui très soigneusement d'après Louis Scarache, vallant la somme de quatre cens livres tournois, cy.

iiijc ^,

Item, un petit tableau d'un Christ que l'on porte au tombeau, coppye de lui très soigneusement d'après Louis Carache, vallant la somme de trois cens livres tournois, cy. iijc*.

Item, coppye du plafond de la salle du grand Conseil de Venise oti est la Venise triomphante d'après Paul

1. Cela veut dire : copie faite par Mignard d'après Carrache avec un très-grand soin.

2. Il faut lire ici Carraches et à l'article suivant Louis Carrache.

DE P. MIGNARD EN 1660. a3

Veronnesse, vallant la somme de mil livres tournois, cy. m *.

Item, une Magdelaine en deux ligures, coppye de lui d'après Le Guide, vallant la somme de cent livres, cy. c*.

Item, un tableau de fleurs de jardins de M. de Bau- desson ^ vallant quarante livres tournois, cy. xl *.

Item, un petit Ange gardien dit de l'Albane, vallant la somme de cent livres tournois, cy. c *.

Item, une coppye d'une Vierge d'après Titien, vallant la somme de trente livres, cy. xxx *.

Item, une coppye de Vouet vallant la somme de dix livres tournois, cy. x *.

Item, un petit arc, dit de Monsieur Claude ^ vallant la somme de quinze livres tournois, cy. xv *.

Item, une Vierge coppie d'après les Caraches, vallant la somme de vingt livres tournois, cy. xx *.

Item, une teste d'un pourtrait qui a une fraise, de ce serf des Carraches, vallant la somme de dix livres tournois, cy. x *.

Livres ^.

Item, la Colomne Triane * à l'eau-forte vallant la

1. Nicolas Baudesson, peintre de fleurs et rival de Mon noyer, était de Troyes et du même âge que Mignard, double raison pour qu'ils aient été unis par les liens d'une étroite amitié. Voy. l'art, de M. Jal sur cet artiste.

2. Serait-ce le petit Arc de Septime Sévère par Claude Lorrain i

3. Il nous a été souvent impossible de rétablir les litres des ouvrages ou les noms des auteurs singulièrement estropiés par le notaire ou le scribe du Chàtclct de Paris. Peut-être, quand la Bibliographie générale des Beaux- Arts de M. Vinct aura entiè- rement paru, surtout quand les tables seront publiées, pourra- t-on retrouver tous les titres exacts de ces ouvrages. Nous ne saurions en garantir que la lecture; mais évidemment le copiste que nous reproduisons n'a pas compris le plus souvent ce qu'il écrivait.

4. Un ouvrage dont les gravures représentent les sujets

24 INVENTAIRE DES BIENS

somme de dix livres tournois, cy. x ^.

Item, le livre du pallais des Barbarins dit Edes Barbarine\ vallant la somme de douze livres tournois, cy. xij ^.

Vittonin in folio de Daniel Barbara ^, vallant la somme de douze livres tournois, cy. xij *.

Inganno dolocetio da Pietro Acolty^, vallant huit livres, cy. viij ^.

Andréa Palladio *, original, vallant la somme de douze livres, cy. xij *.

Andréa Palladio, coppia, vallant la somme de six livres, cy. vj ^.

L'architecture del Vignola ^, vallant la somme de six livres tournois, cy. vj *.

Sebastiano Serlio ^, original, vallant la somme de douze livres tournois, cy. xij ^.

Léon Baptista Alberti ^, vallant la somme de douze livres, cy. xij ^.

de la colonne Trajane avait été exécuté à peu près à cette époque par Gio. Pietro Bellori et dédié à Louis XIV. Ce doit être plutôt l'édition des Mascardi de i6ig.

1. ^des barberinœ ab Hier. Tetio descriptœ. Romae, 1642, in-fol.

2. Évidemment le Vitruve du Vénitien Daniello Barbare. Venise, i556.

3. Lo inganno degli occhi, prospettiva pratica, trattato in acconcio délia Pittura par Pietro Accolti. Florence, 1625, in-folio.

4. Probablement l'édition de 1570. Voy. le catalogue des livres du comte Cicognara 2 vol. in-8". Pisa, 1821 n" 592, 593 et suivants.

5. Voy. sur les éditions anciennes de Vignole le catalogue Cicognara.

6. Le premier livre publié par S. Serlio est de ibSj, Voy. Catalogue Cicognara, n"' 662 à 672.

7. De re œdificatoria libri X. La première édition a été imprimée à Florence en 1485.

DE P. MIGNARD EN 1660. 25

Un petit Victene \ des Machines, vallant la somme de cent solz tournois, cy. c *.

Les fables de Marie Verdison ^, vallant la somme de six livres tournois, cy. vj *.

Casus Rippa ^ la somme de quatre livres tournois, cy. iiij^.

Les images des Dieux *, vallant la somme de trois livres tournois, cy. iij *.

Les songes de Poliphile *, vallant six livres tour- nois, cy. vj ^.

Les quatre thomes du Brande de Favoli ^, vallant la somme de seize livres tournois, cy. xvj ^.

Les termes du cavallier Ridolfy, vallant la somme de douze livres tournois, cy. xij ^.

Les Livres d'Euclide^, vallant trente solz tournois, cy. XXX s.

Les loges de Raphaël, gravé de Benegman (Bonaso- ne?), la somme de six livres tournois, cy. vj *.

Desseins.

Premièrement, trois grands livres in-folio reliés et la couverture de parchemin, contenant, le premier cent trente six feuillets qui sont pieds, mains, testes et figures désignez des Caraches.

1. Serait-ce Valturius de machinis?

2. Cento favole morali par Giovanni Mario Verdii^otti, publié à Venise en i 570 avec de nombreuses gravures sur bois.

3. Probablement VIconologia de Cesare Ripa.

4. C'est peut-être le livre intitulé : Le imagini degU Dei, par Vincen^fo Cartari, Venise 1571, in-4.

5. Livre bien connu par ses précieuses gravures, publié par les Aides en 1499 *°"* ^^ ^'^'"^ ^*^ Ilypnerotomachia. Ce doit £trc l'édition française de la traduction de Jean Martin.

6. Il nous a été impossible de retrouver l'ouvrage qu'on a voulu désigner ici.

7. Il s'agit tans doute de ta Protpittiva.

20 INVENTAIRE DES BIENS

Le second de soixante quinze feuillets désignez de figures nuds d'Annibal Carrache.

Le troisième de cent vingt un feuillets tout en pensées et autres dessins d'Annibal Carrache, vallant les trois ensemble la somme de douze cens livres, cy. xij'^ *.

Un livre d'Albert Dure, désigné à la plume, contenant trente deux dessins de la Passion, vallant la somme de deux cens livres tournois, cy. ij^ *.

Huit feuillets de l'histoire de la Passion de Louis Carrache désigné à la plume, vallant la somme de quatre vingt livres tournois, cy. iiij" *.

Un dessin de Madeleine, d'Annibal Carrache, avec la bordure dorée, vallant la somme de cinquante livres tournois, cy. 1 *.

Un dessin à la plume d'une Annonciation d'Annibal Carache, vallant la somme de trente livres tournois, cy. XXX *.

Un petit dessein à la plume d'un Sponsalitio de sainte Catherine, sur un velin, de Louis Carache, vallant la somme de dix livres, cy. x *.

Argent comptant.

Item, s'est trouvé dans les coffres dudit sieur Mignard en louis d'or, argent et monnoyes la somme de dix sept mille livres tournois, cy. xvij™ *.

Dettes actives à lui deubs.

Item, par Monsieur le Duc d'Espernon, la somme

de trois mil livres tournois, cy. iij™ *.

Item, par Monsieur d'Erval, la somme de deux mil

livres tournois, cy. ij" ^.

Immeubles,

Item, ledit sieur Mignard a acquis la terre de Reau-

DE P. MIGNARD EN 1660. 27

panier* sur TEstat du Pape, à demy lieu d'Avignon, moyennant la somme de vingt cinq mil livres tournois qu'il a payé comptant à Monsieur de Laurenne, de- meurant à Arles, et est affermée pour trois ans com- mencez au mois de janvier 1659 et finissant le dernier décembre mil six cent soixante un, à raison de huit cent quarante livres par an ; les contracts et tiltres ne sont encores en la possession dudit sieur Mignard mais [doivent] lui estre apportez ou envoyez par ledit sieur son frère, cy. xxv" ^.

Le présent estât et inventaire a esté par lesdits sieur Mignard, damoiselle Avolaro et Notaire soubzsigné, signé et paraphé pour satisfaire à la clause de leurdit contrat de mariage dudit deuxiesme aoust mil six cent soixante, passé par devant lesdits Notaires soubz- signez, signé P. Mignard avec paraphe, Angela Avolaro, Cartier et Dorléans en la minutte dudit bref estât et inventaire attaché et annexé à la minute dudit contrat de mariage, le tout demeuré vers ledit d'Orléans, notaire. Signé : Cartier et d'Orléans.

L'an mil six cens quatre vingt dix sept, jeudy, quinziesme jour de septembre, le présent contract de mariage a esté apporté au greffe du Chastelet de Paris et icelui insinué, accepté et eu pour agréable aux charges, clauses et conditions y apposez, et selon que contenu est par icelui par M'' Perrier, Procureur audit Chastelet, porteur dudit contract, et comme procureur de demoiselle Angela Avolaro, de présent vcufve de noble homme Pierre Mignard, peintre ordinaire du Roy, desnommée audit contrat, lequel, ensemble Testât

1. C'est sans doute Kcaij^amcr, dans ia commune d'Avignon, à Touctt de cette ville.

28 TESTAMENT DE

estant ensuite d'icelui, ont esté registrez au présent registre cent quatre vingt unième des insinuations dudit Chastelet, suivant l'ordonnance requérant ledit Procureur qui de ce a requis et demandé acte à luy octroyé par ces présentes, pour servir et valloir à ladite damoiselle veufve Mignard en temps et lieu ce que de raison.

II.

TESTAMENT OLOGRAPHE DE PIERRE MIGNARD

DATÉ DU l8 MAI 1689.

Au testament est annexé un procès-verbal de dépôt et ou- verture de testament par M" Caillet, en date du 10 Juin 1695*. Le procès-verbal dit que le testament était contenu dans une enveloppe (encore existante) cachetée en trois endroits de cire rouge, « dont l'empreinte est d'un écusson à la face crénelée et trois abeilles, deux en chef et une en fin, timbré d'un casque orné de lambrequins, sur lequel paquet sont ces mots : Ce 16 octobre 1689, ce paquet m'a été déposé par Monsieur Mignard, peintre du Roy, pour luy estre rendu en main propre sans rien

retirer de luy, signé de Bie et sous ladite enveloppe s'est

trouvé un paquet cachette en quatre endroits de cire rouge dont l'empreinte est d'un cartouche à un lion rampant, au chef chargé de trois treffles timbré d'un casque, et la suscription est : Aujourd'huy dernier may 1689, avant midy, est comparu par devant les notaires à Paris soussignez, Pierre Mignard, escuier, peintre ordinaire du Roy, demeurant rue de Richelieu, paroisse St-Roch, lequel a reconnu avoir escrit et signé son testament cy cacheté. Fait et passé à Paris en l'estude de Caillet notaire et a signé ces présentes doubles : Thibert, Mignard, Caillet. «

On sait que les armes au lion rampant sont celles de Mignard.

I, La minute de ce testament se trouve chez le successeur actuel de M* Caillet qui a bien voulu nous le communiquer.

p. MIGNARD. 29

Testament olographe de Mignard , déposé le 10 Juin i6g5.

Aux nom du père et du fils et du St Esperit.

Me sentent pressé de mes infiermités et de mon âge de soixcente et dix huit ans, j'ay voulu faire ce mien testamant et déclaration de ma dernière volunté, don le principal est comme la plus importante de vivre et mourir dans la religion catollique, que j'ay toujours professé et de supplier mon Sauveur de me pardonner mes ofances; après quoy, je désire que le plus simplement que l'on face porter mon corps à ma paroisse, pour y estre enterré dans le semetiere avec le comun des fidelles ; je ne veux qu'une douzainne de prestres acompagnés de six torches; et pour les prières et sacrifices qui seront pour le repos de mon âme, qui soit dit trente messes, pour lesquelles trente messes l'on donera dix escus. Je donne sinq cent livres à l'esglise payé une fois, et une même somme de cinq cent livres sera distribuée par ma fille au pauvres. Je donne k M. delà Raynie la Vierge en ovale que j'ay faitte d'après le Guide, j'ai changé beaucoup de choses de la couleur et du desseing, ce qui fait que ce tableau n'es pas coppie. Je croy qui voudra bien me faire l'honneur de l'axypeté; je luy donne aussi le desseing du Rocher que j'avois fait pour l'Orangerie de Versailles et le desseing d'une collonne que j'avois faitte pour mette sur le Pont Neuf derrière le cheval de bronze. Je le supplie très humblement de vouloir bien donner sa protection à ma familles; je prie Madame de la Raynie dt me faire l'honneur de recvoir la petite pencéc peinte de coullcurs de la famille de Darieu. que je luy donne, avec 1»' "r.in.i

30 TESTAMENT DE

desseing lavé de coulleurs de la petite gallerie que j'ay peinte à Versaille. Je prie M. de Bie, secrétaire du Roy, de vouloir axeppeté deux demie figures, l'une représente l'Astrologie et l'autre la Musique, toutes retouchée de moy. Je donne à M. le Camue une coppie d'une Vierge d'après moy il y a un petit St Jean qui embrasse les jambes du petit Jessu, avec une demie figure sur une toille de teste, qui tien une guirelende de fleurs, qui regarde le siel; elle représente Ste Cicille et une teste d'une belle famme coyffée d'un turban blanc peinte de moy. Je donne à M. Dumée le tableau de Joseph mené devant Putifar, tout repeint de feû M. du Fresnqy, et une ébauche d'un tableau d'après Titien d'une Vierge dans une gloire avec des Anges, un St François au bas et un evesque et un priant. Ces deux tableaux sont dans la première chambre. Je donne à Mademoiselle Dumée deux testes de la descente de croix de St Clou, la Vierge et le Christ mort, et une teste d'après ma fille de l'Ariadne de la Bacanal de St Clou de la galerie, belle teste. Je donne à M. Calliet la coppie d'après Rafaël qui représente la Justisse; la figure est grande comme le naturel, toutte retouchée de moy. Je donne mon portrait en demie figure à ma fille, et le sien est le mien peint qu'elle tien, et le petit buste de marbre que luy a donné M. Dejardins ; c'es ma volonté. Outre ce, je veux que maditte fille ait tous ces habits, point, linge, bijous et pierreries qui luy ont esté donnée par présent, tous ces livres, ces deux clavecins, le damars (sic) que luy a dohné madame de la Raynie et autres bardes servant à son usage, don je luy fais, en temps que besoing seroit, don et legs; Comme M' de Bie, secrétaire du Roy, m'a toujours fait l'honneur de m'aymer et que M. Le Camue ,

p. MIGNARD. 3l

avocat au Parlement, est de mes bons amis, je les supplie de vouloir bien prendre la peine d'estre exécuteurs de ce présent testament. Je révoque tous les autres testamants que je puis avoir fait si devant celuy-ci, estant ma dernière volunté, que j'ay escrit et signé de ma main ; derechf mon âme à la misé- ricorde de Dieu. Fait à Paris, ce i8"* may 1689.

MiGNARD.

(Ecrit et signé en longue écriture ferme et très-lisible.)

III. EXTRAITS

DES PROCÈS-VERBAUX

DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE ROYALE

DE PEINTURE ET DE SCULPTURE.

SÉANCE DU Samedi 4 Mars 1690 *. Nomination de P. Mignard.

Ensuitte, M. de la Chapelle a dit que le Roy

ayant accordé à M. Mignard, en considération de son rare mérite et de l'excellence de ses ouvrages, la qualité de son Premier Peintre, et tous les titres, honneurs, prérogatives et places que possédoit cy-devant M. Lebrun et en particulier, par rapport à l'Académie, la place d'Académicien, la charge de Recteur et les dignités de Chancelier et Directeur de la Compagnie, Monseigneur de Louvois, notre protecteur l'avoit chargé de venir

1. Arch. Nit., Oi, 1926*, p. lia v* et suiv.

32 PIERRE MIGNARD

déclarer cet ordre à rAcadémie, et que son intention estoit qu'il fût exécuté; après cette déclaration, la Compagnie a dit d'une commune voix et tout haut qu'il n'étoit point besoin de délibérer dans une occasion comme celle-cy, ni de procéder à la pluralité des suffrages par les fèves, ou autrement, s'agissant de témoigner sa respectueuse obéissance aux volontés du Roy et sa sou- mission aux ordres de Monseigneur notre Protecteur, qu'elle exécutera toujours avec beaucoup de joye et surtout en cette occasion il faut recevoir dans la Compagnie un homme de mérite si extraordinaire et pour lequel elle a toujours eu beaucoup d'estime, n'ayant rien à désirer en luy que de luy voir posséder longtemps des honneurs qu'il a si bien mérités; que pour cette raison même elle a passé par dessus les formes ordinaires et ce qui est porté par les statuts qui demandent une succession d'Académicien à Adjoint à Professeur, d'Adjoint à Professeur à Professeur, de Professeur à Adjoint à Recteur, et d'Adjoint à Recteur à Recteur.

Ainsy, elle a résolu de députer MM. les Officiers en exercice et MM. les Recteurs pour aller incessamment vers Monseigneur le Protecteur l'assurer de l'exécution ponctuelle de ses ordres et luy demander ceux qu'il luy plaira de luy donner là-dessus.

(Suivent les signatures de 25 Académiciens.)

Séance du Mercredy 8 Mars 1690 (p. ii3 v**). Réception de P. Mignard.

Cejourd'huy Mercredy 8^ Mars 1690, l'Académie estant en assemblée généralle et extraordinairement par ordre de Monseigneur le Protecteur pour l'installation

A l'académie royale. 33

de M. Mignard dans les places et dignités de l'Académie auxquelles la compagnie l'a reçu suivant l'arresté de l'Assemblée dernière, du 4 de ce mois, sur les 4 heures et demye après midy, l'Académie a député MM. Des- jardins et de Sève, recteurs, et MM. Regnaudin et Paillet, professeurs, qui ont esté au devant de luy jusqu'au bas du degré; M. de la Chapelle l'accom- pagnant, tous sont montés et entrés dans l'Assemblée M. Coypel, comme faisant la fonction de Recteur en la place de M. Le Brun, a dit, au nom de la compagnie, qu'elle avoit obéi avec respect aux volontés du Roy et exécuté avec joye et d'une commune voix les ordres de Monseigneur notre Protecteur en le recevant dans lesdites places, charges et dignités, et qu'ainsy elle le prioit de prendre sa place.

M. Mignard, en prenant sa place, a dit qu'il la remercioit de l'honneur qu'elle luy avoit fait et la prioit de croire qu'il serviroit fidèlement le Roy dans ces charges dont Sa Majesté l'avoit honoré, qu'il obser- veroit fidèlement ses statuts et ses règlements, qu'il se soumettroit à ses délibérations, et qu'il maintiendroit toujours avec zèle l'honneur, l'union et la paix de l'Académie par ses soins et par son exemple.

Ensuitte a été faite lecture des statuts de la compagnie, après laquelle M. de Saint-Georges, comme historio- graphe de l'Assemblée, a fait un compliment qu'il avoit préparé pour cette installation.

La compagnie a résolu que M. Coypel, ayant com- mencé la fonction de Recteur du présent quartier, l'achèvera entièrement.

Le samedy, 4' de ce mois, la Compagnie fil célébrer un service solennel aux Grands-Augustins pour feu M. Lebrun suivant I.i .li-lilii-iition du 25 *V-vri(M ,lrtni,>r

34 PIERRE MIGNARD

(Suivent 69 signatures d'Académiciens. On n'en trouve presque jamais autant ou même moitié aux séances ordinaires.)

Séance du Samedi 8 Avril 1690 (p. 11 5). Remise des sceaux à P. Mignard, Le Secrétaire ayant apporté à l'Académie les sceaux qui luy ont esté mis entre les mains à l'inventaire de M. Le Brun, Directeur, Chancelier et Recteur de cette Académie, lesquels sont au nombre de quatre, savoir : le Portrait de Monseigneur le Cardinal de Mazarin; le Portrait de Monseigneur le Chancelier Séguier; le Portrait de M. Çolbert, et les Armes de l'Académie, enfermés dans un petit coffret de maroquin bleu chargé des armes de France, et d'un grand nombre de fleurs de lis; la Compagnie après avoir mis en délibération comment elles les remettroit entre les mains de M. Mignard, a résolu que ce seroit à la première Assemblée M. Mignard se trouveroit.

Mignard assistait rarement aux séances de la compagnie; nous ne trouvons son nom, après le 8 avril, qu'au bas du procès- verbal de la séance du 27 mai. Ce procès-verbal ne parle pas de la remise des sceaux précédemment décidée; il est donc probable que cet incident eut lieu sans aucune solennité.

A la séance du 16 septembre suivant, on voit que Mignard fut chargé par Louvois, qui ne pouvait assister à la distribution des grands prix, de la présider à sa place. Il s'excusa en alléguant les occupations qui le retenaient à Versailles.

Séance du 24 Novembre 1691 (p. 140). Mort de Paul Mignard, peintre. Samedy prochain se fera le service de feu M. Paul

A l'académie royale. 35

Mignard^ peintre et Académicien, décédé en la ville de Lion le .... octobre dernier.

Séance du Samedi, i" Décembre 1691 (p. 140 v°). Don d'un dessin à V Académie par P. Mignard.

M. Mignard, présent en cette Assemblée, a fait présent à l'Académie d'un dessein peint de grisaille sur toile par M. Corneille l'aisné d'après l'excellente coupole du Val de Grâce, lequel dessein a trois pieds et demie ou environ de diamètre, et représente la Gloire céleste, et d'autant que ce dessein est présentement entre les mains de M. Audran, graveur, coupé en quatre ou cinq, il s'est chargé et a promis de le rendre inces- samment à l'Académie et de le recoler, et en ce faisant, mondit s. Audran et son neveu en demeureront dé- chargés envers M. Mignard.

Note marginale : M. Audran a rapporté ce dessein, ainsy qu'il paraît par délibération du 2 may 1693.

Séance du 2 May 1693 (p. i65). M. Audran a apporté en cette assemblée le dessein de la coupole du Val de Grâce représentant la Gloire céleste, dont il s'est servi pour graver ce sujet, et duquel dessein il est parlé dans l'Assemblée du i" dé- cembre 1691, comme ayant esté donné par M. Mignard à l'Académie, ce qui a esté une nouvelle occasion à la compagnie de remercier M. Mignard de ce morceau d'ouvrage qu'elle se propose de conserver avec soin et avec estime.

j. Paul Mignard, fils de Nicolas, était nd à Avignoii^ il cuira A l'Académie dès 1G72 (le 11 juin) et mourut à Lyon le 5 octo- bre 1691. Il peignait le portrait.

36 PIERRE MIGNARD

SÉANCE DU 4 Avril 1693 (p. i63).

Don par Mignard du portrait de M. de Villacerf.

La compagnie a remercié M. Mignard du portrait de M. de Villacerf dont il a fait présent à l'Académie, lequel portrait a été mis dans la grande salle, dans le rang de MM. les Protecteurs.

Séance du Samedy 26 Juin 1694 (p. i85).

Lecture d'un discours sur la Peinture par P. Mignard.

M. Mignard a lu en cette Assemblée un Discours qu'il a fait sur la peinture il a traité trois prin- cipaux points : de quelle manière il seroit à souhaiter qu'un homme fût fait pour être peintre. Il combat ensuite ce que pensent plusieurs peintres sur les habiles gens et prouve que leur réputation ne vient point d'opinion, comme ils le disent, en faisant voir que quand un tableau est bon, il est estimé et payé par toutes les nations qui aiment la Peinture. Il parle en 3^ lieu des règles qu'il faut savoir pour faire un bon tableau; à la fin, il loue le mérite qu'il y a dans la compagnie. Il a traité cette matière avec tant de pénétration, et la rend si utile à tous ceux qui aiment l'art du dessein, qu'il s'est justement attiré l'applaudissement de toute la compagnie.

Séance du Samedy 4 Juin 1695 (p. i96v°).

Mort de P. Mignard.

Le déceds de M. Mignard estant arrivé le Lundy, trentième may dernier, à cinq heures du matin, la Compagnie a nommé MM. les recteurs et M. le pro- fesseur en exercice pour complimenter Madame Mignard

A l'académie royale. 37

sur la mort de Monsieur son époux qui remplissoit les principales charges de cette Académie.

Séance du 25 Juin 1695 (p. 197 v*»). Remise des sceaux à la Compagnie par Af"* Mignard.

Madame Mignard ayant renvoyé à la Compagnie les sceaux de l'Académie par une personne qui les a remises entre les mains de M. Girardon, président, ils ont été remis en même temps entre les mains du secrétaire en présence de la Compagnie. Ces sceaux sont au nombre de quatre :

Un du Portraict de M. le Cardinal;

Un du Portraict de M. le Chancelier Séguier;

Et le troisiesme du Portraict de M. Colbert;

Et celuy des armes de l'Académie ^

Mignard fut remplacé, sur l'ordre du Roi consigné au procès- verbal du i3 août 1695 (p. 200), par Coypel dans la charge de Directeur, et par Girardon dans celle de Chancelier.

L'Académie élut dans la même séance, comme Recteur, en remplacement de Mignard, le s' Paillet, peintre.

Lecture de la vie de Pierre Mignard par le comte de Caylus et réponse de Coypel^.

Séance du Samedi 6 Mars lySi.

M. le Comte de Caylus a ouvert les conférences par la lecture d'une nouvelle vie de M. Mignard, dans laquelle l'auteur, aidé des Mémoires particuliers de

I. A cette séance, Chéron fit présent d'un nouveau sceau gravé ptr lui, représentant M. de Villaccrf. Il fut immédiatement remis ù Girardon à qui le Secrétaire dut rapporter dès le lendemain les quatre sceaux déposés entre ses mains après la mort de Mignard.

a. Arch. Nat. O 1, 1926, n* 7, fol. Sg v.

38 PIERRE MIGNARD

l'Académie, discute, sans partialité, la plupart des faits rapportés dans l'éloge historique de M. l'abbé de Mon- ville et nous donne, par ce moyen, une idée vraie des talens et des moeurs de ce peintre célèbre, en pesant au poids de l'équité, tous les endroits de sa vie exagérés et adoucis par la prévention ou par l'amitié.

L'Académie, extrêmement satisfaite de cet ouvrage, en a remercié le Comte de Caylus par un discours que M. Coypel lui a adressé et dont le contenu sera transcrit sur les registres à la suite de la présente délibération.

Réponse de M. Coypel, Directeur,

A M. LE COMTE DE CaYLUS

au sujet de la vie de M. Mignard.

Monsieur, en écrivant la vie des hommes célèbres, qu'il est facile de se méprendre sur les moyens d'honorer leur mémoire! On seroit tenté de croire que ce digne ouvrage doit être réservé à l'amitié : Hélas! Pour prouver que souvent il ne lui convient pas de l'entre- prendre, il suffit, je crois, de citer l'Eloge de M. Mignard écrit sous la dictée de Mad^ la Comtesse de Feuquières, sa fille.

Cet Eloge qui nous peint non seulement un Artiste, mais un homme sans défauts, ne devient-il pas avec raison suspect de la flatterie la plus outrée aux yeux du public qui sait trop que la Nature n'en produisit jamais, et n'en produira point.

On ne peut cependant que louer le tendre aveu- glement de Madame de Feuquières, et je ne pense pas qu'il fût juste de blâmer la complaisance de celui dont elle conduisit la plume; peut-être n'étoit-il pas assez initié dans les mystères de notre art pour la contrarier, supposé qu'il eût osé prendre cette liberté.

»

A l'académie royale. 39

Mais, dira-t-on, si vous ne croyez pas l'amitié toujours propre à se charger du soin d'écrire la vie d'un homme renommé, vous vous en reposerez encore moins sur la satire et sur la haine? Sans doute. Et ce sera à l'impartialité que j'aurai recours quand je la trouverai accompagnée du jugement, du goût et des profondes connoissances. Je n'ignore pas, il est vrai, que ces rares qualités sont difficiles à rencontrer dans un écrivain; mais ce que nous venons d'entendre prouve suffisamment que la chose n'est pas impossible.

Oui, vous venez de nous peindre, Monsieur, M. Mi- gnard, de manière que quelques-uns de ces Messieurs qui ont été en commerce avec lui, croyoient le revoir et que ceux qui ne l'ont jamais vu, se sont retracé avec plaisir tout ce qu'ils en avoient entendu dire.

Vous convenez des défauts de ce Peintre avec une sincérité qui ne permet pas de douter du bien que vous dites de lui, et la portion de mérite que vous lui accordez suffit pour assurer sa mémoire.

Vous n'avez pas craindre. Monsieur, d'en dire trop quand vous avez parlé des procédés de M. Mignard avec l'Académie. Pourquoi donc, en écrivant les vies des Peintres et des Sculpteurs qui nous ont précédés, aurions-nous des ménagements que l'histoire n'a pas même pour les têtes couronnées? Dans tous les pays, l'histoire ose, parlant des souverains qui ne sont plus, dévoiler, pour l'instruction de ceux qui leur succèdent, ce qu'elle a tenir caché jusqu'à la mort de ces maîtres du monde.

N'en doutons point, la certitude que tôt ou tard on instruira le public de nos démarches les plus sccreties est un frein pour la plupart des hommes. On a beau dire (si je puis me servir de cette expression) qu'on ne

40 TABLEAUX FAITS POUR LE ROI

se rencontrera jamais avec la postérité, le désir d'en être estimé, ou la crainte de mériter ses mépris nous excite, ou fait nous retenir, et l'idée de laisser une bonne ou mauvaise réputation doit adoucir ou redoubler les chagrins de la vieillesse.

Il nous est donc très-important de ne pas douter que si nous sommes capables de manquer à ce que nous devons à la Compagnie, nos Mémoires en informeront l'avenir; songez encore, Monsieur, que vous n'avez pu rappeler les torts de M. Mignard à cet égard sans retracer à l'Académie ce qu'a souffert pour elle M. Le- brun, son illustre Père.

En parlant avec cette noble franchise de ces deux illustres peintres, vous faites, pour l'Académie, deux grands biens à la fois; supposé qu'il se trouve encore des artistes tentés d'en user ainsi que fit jadis M. Mi- gnard, vous les intimidez, et vous encouragez ceux qui, comme M. Le Brun, sont traversés dans des entreprises oii le bien général est leur unique objet.

Aux extraits qui précèdent, nous joindrons encore le passage suivant des procès-verbaux de l'Académie qui se rapporte indi- rectenient à notre artiste.

Séance du 1 1 Janvier i j44 * .

L'Académie nomme MM. Gazes et Restout pour retirer le portrait de M. Mignard qui est sous le scellé de M. Rigaud^, et ce, en vertu d'un ordre de M. le Lieutenant civil.

1. Arch. Nat. O i, 1926, n" 6, p. 72.

2. Mort le 29 décembre 1743.

TROUVÉS CHEZ MIGNARD. 4I

IV.

INVENTAIRE DES TABLEAUX ET DESSEINS*

appartenans au Roy trouve:^ sous le scellé de feu Monsieur Mignard, lesquels ont esté retire^ par l'ordre de Monsieur le Marquis de Villacerf et mis au Cabinet de Sa Majesté à Paris,

A côté du litre se trouvent ces notes : A garder pour mémoire seulement, Ce petit inventaire parti- culier est compris dans le général du .. Novembre 1695.

Premièrement.

Tableaux ^.

1 du Roy à cheval, n** i, contenant 9 p. 1/2 de haut sur 7 p. 1/2 de large.

I de la famille de Darius de 12 p. de haut sur 18 de large, n** 2.

I représentant St Luc peignant le portrait de la Vierge de 3 p. 10 pouces de long sur 3 pieds 2 pouces, n«5.

I pour le dessein du piédestal de la statue équestre du Roy de 4 pieds de haut sur 3 de large, n" 6.

4 maques (sic)^ de couleurs, numérotez 12, i3, 14 et

1. Arch. Nat. O i, 1964.

2. Tous les articles portés sur cette liste sont biffés d'un trait de crayon rouge et portent en marge la mention veu, qui indique une collation de cette pièce sur un autre inventaire, probablement •ur celui du mois de novembre 1695.

3. Faut-il lire maquettes'

42 TABLEAUX FAITS POUR LE ROI

i5, faits pour le tableau du portrait du Roy à cheval, d'environ 2 pieds en quarré.

Nota : n°* 12, 14 et i5 sont esquisses de chevaux.

N*' i3, une esquisse de la figure du Roy à cheval.

2 copies de St François n°^40 et 41, de 3 p. sur 2 p. 1/2.

4 pour le platfond du cabinet du bout de la petite gallerie de Versailles, chacun de 8 pieds 1/2 de long sur 5 pieds de haut; l'un 38o est peint le Temps avec un enfant;

Un autre, 38 1, représentant la Beauté avec un enfant;

I, n** 382, représentant le Destin avec un enfant;

et l'autre, n" 383, représentant la Fortune.

6 autres, pour le cabinet oval de ladite gallerie, l'un desquels, 384, de 4 pieds 1/2 de haut sur 3 p. 5 pouces de large, représentant Apollon ;

I autre, 385, de 9 p. de long sur 6 p. de haut, représentant 3 Muses;

I autre, 386, de 5 p. 1/2 en quarré, représentant 3 autres Muses;

I autre, n*^ 387, de 5 p. 1/2 de large sur 6 pieds de haut, représentant 2 autres Muses;

I autre, n" 388, de 3 p. de large sur 2 p. de haut, représentant une autre Muse;

et l'autre, n"* 389, de 3 p. 5 pouces de large sur 4 p. 1/2 de haut, représentant le cheval Pégaze.

Un tableau représentant la famille de Darius en petit \ 390, de 5 p. 8 pouces de large sur 3 p. 8 pouces de haut, peint par feu Monsieur Mignard.

I. Ce tableau est aux Gobelins chez le sieur Edelinx il restera jusqu'à ce que Monsieur le Surintendant ordonne de le retirer et lorsqu'il sera remis au Cabinet du Roy, on en chargera le présent inventaire. {Note du manuscrit.)

trouves chez mignard. 4.6

Desseins.

I dessein en couleur en forme de dosme, 3, de 3 p.

3 pouces de diamètre, pour le dosme des Invalides, représentant un St Georges, accompagné de St Louis et de St Charles le Magne qui présente les Invalides au Père Eternel.

I autre, sur toille, représentant une Assomption, de

4 p. sur 3 p. i/4, n°4.

Dans un portefeuille, n** 154, i o desseins d'estudes du tableau de St Luc, 14 de la famille d'Angleterre et 35 nouvellement faits de différens sujets.

Plus I dessein et une esquisse avec 4 morceaux de desseins d'estudes pour un sujet de la Charité pour faire graver.

I dessein de la baccanale de St Cloud, n"* 294.

Le Printemps, 377 1

L'Esté, n*» 378 I de la gallerie de St Cloud.

L'Hiver, 379. )

4 desseins faits des Evangelistes pour les angles du dosme des Invalides, n°* 296, 297, 298 et 299.

I du massacre des Innocents, 295.

Dans une cassette, plusieurs paquets de morceaux de desseins, sçavoir :

. F pour le tableau d'une copie du St Michel cl autres au nombre de 12, n" 345.

I de desseins d'estudes pour les 2 petits tableaux de la Foy et de l'Espérance, au nombre de 24, n" 346.

I de différens morceaux d'estudes de tableaux pour un Christ au nombre de i3, n'* 347.

I autre de morceaux de desseins et d'estudes faits

44 TABLEAUX FAITS POUR LE ROI

pour une thèze de M. l'abbé de Louvois, au nombre de i6, 348.

I dessein du compartiment du platfond du cabinet joignant la petite gallerie de Versailles, n" 349.

I dessein de la Beauté, 35o \

I du Temps, n^ 35i f pour

I de la Fortune, 352. i ledit platfond.

I du Destin ^ 353. .

I paquet de desseins d'estudes des 4 tableaux cy dessus, n** 354, au nombre de 10.

I dessein de la première pensée du platfond du Parnasse du petit Sallon oval, joignant la petite gallerie de Versailles, 355.

I dessein sur carton en callotte ovalle dudit plat- fond de 2 p. 6 pouces, sur i p. 4 pouces, 8.

I paquet de desseins d'estudes pour le platfond cy dessus au nombre de 19, n" 356.

I de desseins d'estudes des portraits du Roy et de M. le Duc de Chartres, 357, au nombre de 19.

I d'estudes de différens morceaux au nombre de 18, 358.

I esquisse de la première pensée pour le dosme des Invalides, n** 359.

I paquet de desseins d'estudes pour la callotte dudit dosme au nombre de 25, 3 60.

I d'estudes pour le tableau de St Mathieu au nombre de 23, 36i.

I de desseins d'estudes des Innocens, au nombre de 9, 362.

I de l'esquisse des desseins d'estudes d'un tableau

I. Ces quatre articles portent la note collective suivante « Lesquels sont seulement retouchez de M. Mignard. »

TROUVÉS CHEZ MIGNARD. ^5

de la Vierge et de St François, au nombre de 5, 363.

I d'une Résurrection, 364.

I d'une Nativité, n** 365.

I d'une Diane bandant les yeux à l'Amour, n** 366.

I de la naissance de Mercure, n<* 367.

I de l'embarquement de St Louis, 368.

I esquisse de la mort de Lucresse, n*» 369.

I d'une apparition de la Vierge à Constantin, 370.

I d'une Vierge, 371.

I de la naissance de Remus et Romulus, 372.

I du mesme sujet, n** 373.

I de baccanalle d'enfans, 374.

I d'un saint Alexis, 375.

3 de differens sujets, 376.

Deux modelles pour le piédestal de la statue équestre du Roy de l'hostel de Vandosme, dont un, 7, est finy, et l'autre, n" 290, ne l'est pas •.

Une petite armoire à rouUettes avec deux tiroirs et un chevallet.

Je reconnois que Monsieur Des Godetz, Gontrolleur des Bastimens du Roy, m'a mis entre les mains le contenu au présent inventaire pour estre mis au Cabinet du Roy après que les desseins ont esté par luy paraphez par l'ordre de Monsieur le marquis de Villa- cerf, Surintendant des Bastimens de Sa Majesté, les- quelles choses je représenteray lorsque j'en seray requis. Fait à Paris ce deuxième jour d'Aoust mil six cens

quatre vingtz quinze.

(Signé) HouAssE^.

1. Auquel il ne reste que 3 figures et 2 bas reliefs. Le reste paroitt avoir esté osté. {Note du manuscrit.)

2. On sait que Houasse, avant d'être envoyé à Rome en 1699, pour prendre la direction de l'Académie de France, était garde des tableaux du Koi, qu'il reprit cette funciiun à son retour

46 TABLEAUX FAITS POUR LE ROI

A l'Inventaire qui précède en est joint un second, ou du moins le fragment d'un second, qui répète certains articles du premier; mais qui mérite cependant d'être reproduit aussi en entier, tant en raison des articles nouveaux qu'il renferme, qu'à cause des notes dont il est accompagné.

Tableaux trouvez chez M. Mignard a sa mort,

FAITS depuis qu'il A ÉTÉ PREMIER PEINTRE.

A garder pour savoir l'ordre du Roy sur les tableaux de feu M. Mignard,

Premièrement.

Le portrait du Roy à cheval, de 9 pieds 1/2 de haut sur 7 pieds 1/2 de large.

En marge ^ : Namur *A garder et me parler pour sa bordure.

La famille de Darius, de 12 pieds de haut sur 18 de large.

et la conserva jusqu'à sa mort arrivée en 1710 (voy. Archives de l'Art français, Documents : III, iSy, 143).

I. Les passages imprimés en italiques sont inscrits en marge de l'état. Ces notes sont de deux écritures différentes, les unes ont été très probablement mises par le rédacteur de l'état, tandis que les autres, d'une écriture tremblée et à peine lisible, émanent sans nul doute d'un personnage qui occupait une haute position à la cour ou tout au moins dans l'administration des Bâtiments du Roi. Je me suis assuré que l'écriture n'avait pas d'analogie avec celle de Mansart, ni avec celle du Ministre de la Maison du Roi, M. de Pontchartrain. Les attribuer à Louis XIV lui-même serait bien téméraire et cependant les caractères rappelleraient assez l'écriture du Roi à cette époque. Quoiqu'il en soit de l'origine de ces annotations, leur importance n'échappera à personne. Nous les avons indiquées par un * et séparées des autres notes par un . Il est probable que les premières notes sont les propositions faites par l'employé compétent et que les autres indiquent les décisions royales.

TROUVÉS CHEZ MIGNARD. 47

Pour faire une pièce de tapisserie de la tenture d'Alexandre ^ A garder.

St Luc peignant la Vierge, de 3 pieds 2 pouces de haut sur 3 pieds 10 pouces de large.

Fait pour le Roy et fini ' A garder, et m'en parler pour la bordure.

Un tableau pour le dessein du piédestal de la statue équestre du Roy de 4 pieds de haut sur 3 de large.

* A garder.

La famille d'Angleterre de 7 pieds 1/2 de haut sur 9 1/2 de large.

Copie du portrait du Roy à cheval de pareilles mesures que l'original cy-dessus.

M. de Pontchartrain. ' Porter de che{ M. Ouasse.

Un tableau en plafonds pour mettre le portrait de Monseigneur, soutenu par les Vertus, de 12 pieds de long sur 8 de large.

M. de Vendosme ' Le rendre à la femme.

4 petites maques^ d'environ 2 pieds en caré faittes pour le portrait du Roy à cheval.

* A garder.

Un tableau de dessein en petit du portrait du Roy à cheval d'i pied 10 pouces sur i pied 1/2.

M. de Villacerf * A retirer et me le rendre.

Le buste original du Roy.

Madame de Maintenon * Est rendu au Roy.

G)pie du portrait du Roy de 4 pieds de haut sur 3 de large.

M. le Cardinal Janson ' Le retirer et me l'envoyer à Versailles.

Le ponraii de Monsieur à cheval de 2 pieds de haut sur I pied 9 pouces.

I Maquette*'

48 TABLEAUX FAITS POUR LE ROI

M. de Béchameil * A la famille.

Le portrait du Roy à cheval de 2 pieds de haut sur

1 pied 8 pouces.

M. de Marsan * Le retirer et me Venvoier à Versailles,

Copie du St Ignace du noviciat des Jesuittes, de 3 pieds 10 pouces sur 2 pieds 11 pouces.

Le R. P. Lachaise a demandé ce tableau et M. Mi- gnard demande que son fils le Mathurin le lui porte * A la famille.

Un tableau du dessein de la famille d'Angleterre de

2 pieds 3 pouces sur i pied 10 pouces.

* Le retirer et me le donner, bon quoique rayé.

Le portrait du Roy d'Angleterre de 2 p. sur i p. 10 pouces.

Un pareil de la Reyne.

Celui du prince de Galles d'i p. 10 pouces sur i p. 7 pouces.

Un pareil de la petite princesse.

Si Von les laissera à la famille pour les donner au Roy d'Angleterre.

Une copie commencée du portrait du Roy d'An- gleterre de la grandeur de l'original cy-dessus.

Une pareille de celuy de la Reyne.

Une du Prince de Galles, pareille à l'original.

(Même observation que pour les précédents.)

Le portrait de Monsieur de 4 pieds sur 3 pieds.

A Monsieur * A la famille.

Une copie pareille.

M. de Béchameil * A la famille.

Deux copies de St François de 3 pieds sur 2 pieds 1/2.

* A garder et me les faire voir.

4 grands morceaux de toille tendus chacun sur un

TROUVES CHEZ MIGNARD. 49

châssis de 8 pieds 1/2 de long sur 5 pieds de haut est peint un Saturne avec un petit enfant. Un autre, la Prudence avec un enfant. Un autre, la Jeunesse avec un enfant, et l'autre, l'Abondance. Ces 4 morceaux sont pour le plafonds du cabinet du bout de la petite galerie.

* A garder et me les faire voir.

6 morceaux pour servir au cabinet ovale de ladite gallerie. Savoir: un Apollon seul sur une toille de 4 p. 1/2 de haut sur 3 p. 5 pouces de large. Un de 9 p. de long sur 6 de haut sont peintes les trois Muses. Un de 6 p. de haut sur 5 p. 1/2 de large sont peintes trois autres Muses. Un autre de 5 p. 1/2 en caré il y a deux Muses. Un autre de 3 pieds de large sur 2 p. 1/2 de haut est peint une Muse. Et un Pégase de 3 p. 5 pouces sur 4 p. 1/2 de haut.

* A garder et me les faire voir.

Lettres sur les tableaux de la galerie DE Saint-Cloud par Mignard.

(Juin-Juillet 1695.]

Voici trois lettres relatives à un des travaux de décoration les plus importants de Mignard. Elles n'ont pas par elles-mêmes grande importance et il y est beaucoup plus question des bordures et des cadres que des tableaux. Elles contiennent tou- tefois un renseignement bon à noter, c'est que les quatre Saisons de Mignard furent copiées aux Gobelins et les tapisseries exécu- tées par deux des artisans les plus célèbres de la manufacture, les sieurs Mozin et de la Croix. Le signataire de ces lettres, Joseph Yvtrt, peintre du Roi, logeait aux Gobelins, il paraît, d'après CCS lettres, avoir rempli un emploi de conservateur des tableaux du Roi.

50 GALERIE DE SAINT-CLOUD

Monsieur, Pour réponce à la lestre que vous m'avez fait la grâce de m'escrire du 24® juin par ordre de Monsieur le Surintendant, je me charge des six tableaux de la gallerie de St-Clou, quy ont esté fait en tapisserie, quy sont les quatre Saisons, le printemps, l'esté, l'au- tomne et l'hiver, de 17 pieds de long sur 10 pieds et demy de large, et le Parnasse et la La tonne, de 17 pieds et demy de long sur 1 1 pieds de haut. Je suis Monsieur, Votre très humble et très obéissant

serviteur,

Yvart. Ce 24^ Juin 1695.

Monsieur,

Nous avons oubliez de comprendre avec les tableaux

de la gallerie de St-Clou de feu Monsieur Mignard

toutes les bordure, quy sont de vingt neuf morceaux

quy font ensemble cens quarante trois pieds, 11 pouce

courant, sur un pied huit pouce de large, deux coins

de la mesme bordure de quatre pieds de long, sur huit

pouce de large, et deux autre coins de quatre pieds en

carré ou environ, et deux petit dévisse quy ce mette

dans les millieux, lequel je me charge de tout comme

desdit tableaux, que vous m'avez ordonné. Je suis

,/. Yva7-t. Ce lo*^ Juillet 1695.

Monsieur,

Voyla pour la deuzîesme fois que j'ay donné un

mémoire de six bordure quy ont servy en basselisse

pour la tenture de la gallerie de St Cloux d'après

M' Mignard, il s'en trouva trois desoub le sellé de

PAR MIGNARD. 5l

M*" Mosin, et trois chez M' de la Croix ^ que feu M. de

la Chapelle me fit mestre desur mon invantaire le

20'' Juillet 1693, n'en estant pas chargé; lesdit bordure

sont peint de M' Fontenay^; une mesme bordure

sert pour les deux bordure de la mesme saisons, comme

la bordure du printemps, la bordure de l'esté, la

bordure de l'automne, la bordure de l'hiver, la bordure

du Parnasse, et la bordure de la Latonne de unze pieds

et demy de haut sur un pieds quatre pouce de large

chacune. Je vous prie très humblement. Monsieur,

que ledit Mémoire ne puis estre chargé double.

Je suis, etc

J. Yvart.

VI.

ilfYETfTAIKE DES BIENS DE MiGNARD DRESSÉ APRÈS SA MORT.

[i3 Juin 1695.]

Cet inventaire annexé au testament et que nous n'avons pas eu le loisir de copier en entier, mais dont nous avons pu prendre les dispositions les plus intéressantes, est fait à la requête de dame Avolara, en raison de la communauté de biens avec Pierre Mignard, escuyer, premier peintre du Roy, directeur des manufactures royalles des meubles de la couronne aux Gobelins, directeur, chancelier et recteur de l'Académie royale de peinture et sculpture, décédé le 3o Mai dernier.

I. Mozin et de la Croix comptaient parmi les plus fameux tapissiers employés aux Gobelins. Ils avaient chez eux les tableaux de Mignard pour les copier en tapisserie, comme on le voit pnr cette lettre qui nous apprend encore que Mozin venait de mourir rcccintncni.

j.. sagit très-probablement ici du peintre de fleurs bien connu, blain ou, suivant M. Jal. Belin de Fontcnay, vers 1634, mort en 1715. Par cette lettre, on voit qu'il était ctnployé à décorer les bordures des tableaux du Roi

52 INVENTAIRE APRÈS DÉCÈS

On y énumère quatre domestiques : un valet de chambre, un cocher, un domestique et une cuisinière.

La cave, la cuisine, les deux offices n'offrent rien d'intéressant.

Dans la remise : un carrosse à deux fonds, garny par dedans de drap gris, de quatre glaces fines, monté sur son train, garny de ses quatre roues, prisé 3oo L.

Un autre petit carrosse garni par dedans de drap bleu et de quatre glaces fines, monté sur son train à arq, prisé i5oL.

Dans l'écurie : deux chevaux hongres, sous poil noir, à longue queue, avec leurs harnois, prisé 800 L.

Dans une grande salle au premier étage ayant vue sur la cour : Quatre pièces de tapisserye verdure de Flandre, contenant dix aulnes ou environ de cours, de différents auteurs, prisées ensemble i5o L.

Dans la chambre de ladite dame veuve : Quatre pièces de tapisserye et une autre servant d'entre deux de fenestre, le tout verdure de Flandre, contenant ensemble dix aulnes ou environ de cours, faisant le tour de ladite chambre, prisées 200 L.

Item, un petit corps de cabinet d'écaillé tortue, à fillet d'ivoire, posé sur sa table pareille, garnye de son tiroir, prisés ensemble

20 L.

Dans une garde robe à côté : Dix aulnes ou environ de vieille tapisserye de Bergame, prisé 18 L.

Dans une antichambre au second : douze aulnes ou environ de tapisserye de brocatelle à bande, faisant le tour dudit anti- chambre, etc. 20 L.

Un corcelet de fer et un brassard prisés 40 sols.

Dans la chambre du s' Mignard : Une pendulle avec sa boeste ornée d'écaillé tortue 80 L.

Une couche à haut pilliers garnye, etc., etc. 5o L.

Dans le cabinet travaillait le sieur Mignard : Quatre pièces de tapisserie, verdures de Flandre contenant 9 aulnes ou environ de cours, prisées 60 L.

Chambre à costé : Douze aulnes ou environ de tapisserie de Bergame faisant le tour de ladite chambre, etc. 12 L.

Vaisselle d'argent platte 186 marcs* 7 onces 5 gros, à raison

I. Le marc équivaut à 244 grammes 76, ou en chiffres ronds à une demi-livre. Il contenait huit onces. L'once valait donc 3o grammes 5g.

DES BIENS DE MIGNARD. 53

de trente livres le marc, faisant 56o8 L. ii sols lo den. et quel- ques autres ustensiles, flambeaux, crachoir, salières, bassinoires pesant 68 marcs i once à 29 livres 10 sols le marc, faisant 2009 L. i3 sols 9 d.

Ensuit le linge. Nous y observons seulement que le linge propre à l'usage du defFunt n'est pas mentionné, ayant été légué au nommé Chauvin *, son valet de chambre.

Le i5 Juin est fait l'inventaire des papiers et titres de consti- tution de rentes (nous les voyons énumérés au partage), lettres de noblesse du s' Mignard, son contrat de mariage, la recon- naissance de son fils Charles Mignard à qui a été prêté une somme de 9,900 L. le 12 Janvier 1678 pour Tacquisition d'une charge de gentilhomme servant de Monsieur, les titres des deux maisons de la rue St Martin et de celle de la rue de Richelieu, la constitution de rente de 200 L. pour le religieux Mathurin, Pierre Mignard.

Deniers comptans : 28 sacs de mille livres chacun 28,000 L.

En pièces de 4 sols 65oL.

En douzains 200 L.

22 louis d'or valant 3o8L.

A l'égard des tableaux, les parties en feront faire entre elles dès le lendemain un état et prisée par ledit Morin huissier, de l'advis du s\euT Michel Corneille, peintre du Roy. Cet état sera signé des parties et ensuite raporté et joint à la présente minute, cela ayant esté ainsy arresté pour plus facilement distinguer les tableaux qui appartiennent au Roy d'avec ceux de la succession dudit feu sieur Mignard, pour raison de quoy Mons. de Villa- cerf, surintendant des Bâtiments de Sa Majesté a envoyé le sieur de Godet.

Les parties sont convenues que, pour satisfaire à l'intention dudit feu sieur Mignard dont il s'est expliqué avec sa famille, il sera fait achat d'une chapelle au lieu dont les partyes convien- dront et fait la dépense qui sera nécessaire pour faire un mozoléc et un tableau dans ladite chapelle et tout ce qu'il conviendra fiiire; il sera pris la somme de douze mil livres sur les biens

I. Cependant ce Chiuvin ne tigure pas sur le testament que nous avons donné et qui est bien le dernier de Mignard et le seul qui ait £trc exécuté après sa mort.

54 ARRÊT DU PARLEMENT

dudit feu sieur Mignard dont l'emploi sera fait par les exécuteurs, et en cas que cela ne consomme pas lesdites 12,000 livres, le restant sera employé pour faire graver les ouvrages dont ledit feu sieur Mignard s'est expliqué avec ses enfans et en fournissant par ladite dame Mignard ladite somme de 12,000 L., elle luy sera passée et allouée, et jusqu'à l'employ, elle les retiendra par ses mains sans qu'elle puisse être appliquée ny diverty à aucun autre usage....

Signé : Anna Avolara, les 3 héritiers Mignard : C. Mignard (Catherine) Mignard Mignard Camus, Périer, Caillet, Morîon.

(Minutes de l'étude de M* Lemaître, notaire à Paris.)

VIL

Arrêt du Parlement ordonnant l'exécution DU testament de Pierre Mignard.

Du Mercredy 28 Mars du matin (1696).

Monsieur le premier président. Entre Charles Mignard, Escuier, gentilhomme ordi- naire de Monsieur, fils de France, duc d'Orléans, et Rodolphe Mignard, Escuier, appelans de la sentence rendue au Chastellet de Paris le dix septembre 1695 par laquelle délivrance a esté faite à l'intimée cy après nommée par les testaments et codicilles de deffunt Pierre Mignard^ Escuier, Premier Peintre du Roy, père commun des parties, de deux parts et portions dans tous les biens mobilliaires et immobilliaires, dont la succession dudit deffunt sieur Mignard père commun se trouvoit composée, et de plusieurs autres legs parti- culiers exprimez par lesdits testamens et codicilles

SUR LE TESTAMENT DE MIGNARD. 55

olographes des i8 et 22 May 1689, reconnus par devant Thibert et Caillet notaires, le dernier May et 3 Juin 1689, et autre codicille receu par Boursier et Caillet le 3o* Avril 1695, d'une part, Et damoiselle Catherine Mignard, fille majeure, usante et jouissante de ses droits, légataire dudit deffunt Pierre Mignard, Escuier, Premier Peintre du Roy, son père, de deux parts et portions dans tous les biens mobilliaires et immobilliaires dudit deffunt et de plusieurs legs particuliers, inthimée, d'autre part, et entre Charles Mignard, Escuier, demandeur en requeste du 9 Mars 1696 à ce que, en venant parles parties plaider sur l'appel de ladite sentence, débouttant ladite damoiselle Mignard de sa demande en deslivrance de legs, il fust ordonné que le testament olographe fait par ledit deffunt Pierre Mignard le dernier Juillet 1694 seroit exécuté, et en conséquence qu'il seroit proceddé au partage esgal des biens de la succession dudit deffunt Mignard, sans préjudice d'autres droits et actions du' demandeur contre ladite damoiselle Mignard et aux despans, d'une part, et ladite damoiselle Caterine Mignard deffandresse, d'autre part, après que Gillet, avocat de Mignard frères, et Arrault, advocat de l'inthimée, ont esté ouis, La Cour a mis et met rapp)ellation au néant, ordonne que ce dont a esté appelle sortira effet sur la requesie, met les parties hors de cour, condamne la partie de Gillet en l'amande et aux despans.

(Archives Nationales : Parlement; X, oooH, loi. 44 v.)

56 CONTRAT DE MARIAGE

VIII.

CONTRAT DE MARIAGE

DE

CATHERINE MIGNARD

AVEC LE Comte de Feuquières (i8 avril 1696).

Par devant les notaires du Roy au Châtelet de Paris soubzsignez furent présens : hault et puissant seigneur M'"'' JuUes de Pas, comte de Feuquière^ lieutenant général de la province du Toulois, collonel d'un régiment d'infanterie entretenu pour le service de Sa Majesté, demeurant rue des Bons Enfans, paroisse Sainct Eustache, fils de deffunct hault et puissant seigneur messire Isaac de Pas, chevalier, seigneur marquis de Feuquier, lieutenant général des armées du Roy, gouverneur des villes et citadelle de Verdun et pays Verdunois, conseiler d'Estat, d'espée et d'honneur au Parlement de Metz et de haute et puissante dame Anne Louise de Gramont, d'une part;

Et damoiselle Catherine Mignard, fille de deffunct Pierre Mignard, escuier et de dame Anne Avolara, son espouze, à présent sa veuve, de ladite dame sa mère à ce présente et comparante assistée, demourantes mesme maison, rue de Richelieu, paroisse Saint Roch.

Lesquels, pour raison du mariage futur dudit sieur comte de Feuquière et de ladite damoiselle Mignard, sont convenus ce qui ensuit : en la présence et de l'agrément de très haut, très puissant et très excellent prince, Louis, par la grâce de Dieu Roy de France et

DE CATHERINE MIGNARD. 5j

de Navarre, très hault, très puissant et très excellent prince, Monseigneur Louis, Dauphin de France, fils unique de Sa Majesté, très hault, etc. prince Louis, duc de Bourgogne, de très haut etc. prince, Philippes, duc d'Anjou, de très haut, etc. prince, Charles, duc de Berry, de très haut et très puissant prince Monsei- gneur Philippes de France, frère unique de Sa Majesté, duc d'Orléans, de très haut et très puissant prince, Monseigneur Philippes d'Orléans, duc de Chartres, de très haute et puissante princesse, Marie Françoise de Bourbon, espouze de Monseigneur duc de Chartres, de très haute et puissante princesse Elizabeth Charlotte d'Orléans, fille de Monseigneur duc d'Orléans, et encore en présence de haut et puissant seigneur M'° Anthoine de Pas, chevalier, marquis de Feuquière, lieutenant général des armées du Roy, gouverneur des ville et citadelle de Verdun et pays Verdunois, et conseiler honoraire au Parlement de Metz, frère, haute et puissante dame Jeanne d'Esgailles, veufve de haut et puissant seigneur M"' François de Pas de Feuquière, comte de Rebenat, sénéchal de Béarn, lieutenant général pour le Roy dans le Royaume de Navarre, province de Béarn, belle sœur, damoiselle Catherine Char- lotte de Rebenat fille, niepce dudit seigneur comte de Feuquière, de haute et puissante dame Françoise d'An- bigné, dame d'atourde feue Mademoiselle la Dauphine, et de M" Paul Payen, conseiler du Roy en ses conseils, président en sa cour des Aydes, amis de ladite damoi- selle Catherine Mignard, future espouze. C'est asca voir que lesdits seigneur comte de Feuquière et ladite damoiselle Mignard ont promis se prendre par nom et loy de mariage en face de notre mère saincte Eglise au plus tost; qu'il n'y aura aucune communauté de biens

58 CONTRAT DE MARIAGE

entre lesdits seigneur et damoiselle, futurs espoux, et chacun jouira séparément de tous ses biens et droits pendant ledit futur mariage; ce faisant, ne seront tenus des debtes et liypotecques l'un de l'autre faictes et créées tant durant que devant ledit mariage, lesquelles, s'il y en a, seront payées et acquitées par celuy qui en sera débiteur, sans que l'autre, ny ses biens, en soyent tenus. A l'effet de laquelle jouissance par ladite damoi- selle future espouze et avoir la liberté de disposer de ses biens, les vendre, cedder et transporter, ou recevoir le prix et les remboursemens des rentes, provoquer touttes licitations, en recevoir aussy le prix, ensemble touttes soultes et retours de partages, provocquer et faire lesdits partages à l'amiable ou en justice, nommer des experts ou convenir des estimations, retirer tous contracts et tiltres, accepter ou renoncer à touttes successions, donner quittances et descharges, mesme emprunter par promesse, obligations, contracts de constitutions, et autrement, et générallement pour faire tout ce que ladite demoiselle, future espouze, peut faire de présent, elle sera et demeurera auctorizée valablement et pour tout jamais par ledit seigneur futur espoux qui la met entièrement hors de sa puissance et l'auctorize par ces présentes, en sorte qu'elle n'ayt jamais besoin d'une nouvelle auctorization pour quelque cause que ce soit, laquelle présente auctorization ne poura estre cy après restrainte, diminuée, ny revocquée, pour quelque cause et occasion que se puisse estre, comme estant une des conditions essentielles et principales du futur mariage. Et pour faire distinction des biens l'un de l'autre, il sera fait un estât de ceux dudit seigneur espoux, et un estât des biens mobilliers de ladite demoiselle future espouze, qui demeureront l'un et l'autre annexez à la

DE CATHERINE MIGNARD.

minutte des présentes, après avoir esté paraphez d'eux ; tous les biens meubles et immeubles présens et advenir desdits sieur et demoiselle futurs espoux, mesme les deniers qui proviendront des vente et remboursement, leur demeureront propres, et aux leurs, chascun de leur costé et ligne. Ledit seigneur futur espoux a doué et doue ladite demoiselle future espouze de trois mil livres de rente et revenu par chacun an de douaire prenx, dont les arrérages courront du jour du deceds dudit seigneur futur espoux pour en jouir et estre propres aux enfans, suivant la coustume de Paris, et [le] survivant desdits seigneur et demoiselle futurs espoux, soit qu'il y ayt enfans ou non, prendra sur les biens de la succession du premier deceddé, en meubles, suivant la prisée de l'inventaire, et sans crue, ou en deniers comptans à son choix, jusques à la somme de six mil livres une fois payez, dont ils se font don, ce acceptant respectifvement. Pour marque de l'amityé que ladite dame mère de ladite demoiselle future espouze luy porte, elle a par ces présentes donné par donnation entre vifs et irrévocable à ladite demoiselle sa fille ce acceptante, les deux tiers de tous ses biens presens et advenir, l'usufruit néanmoins restant au proffit de ladite dame mère sa vie durant, pourveu que ladite demoiselle sa fille lui survive, et sy elle laisse des enfans, qu'ils survivent aussy ladite dame mère, et sy ladite damoiselle future espouze et ses enfans deceddent avant ladite dame mère, en ce cas ladite donnation n'aura aucun effet. Ladite damoiselle future espouze, pour marquer du cas et de l'estime qu'elle fait dudit seigneur futur espoux et de sa naissance, elle donne par don- nation entre vifs audit seigneur futur espoux ce accep- tant, en cas qu'il la survive avec enfans, trois mil livres

6o PARTAGE DES BIENS

de rente viagère par chacun an, et s'il n'y en a point, ou s'il y en a et qu'ils viennent tous à decedder en minorité, ladite damoiselle future espouze décédant avant ledit seigneur futur espoux, luy fait don entre vifs, en ce cas aussy ce acceptant, de la [somme de] soixante mil livres en propriété pour et au lieu desdites trois mil de rente et pension viagère, à prendre par préférence sur les biens de sa succession; ladite damoi- selle future espouze aura hypotecque sur les biens dudit seigneur futur espoux pour les conventions cy dessus établies du jour du présent contract, mesmes pour touttes les autres clauses et indempnitez qu'elle pouroit estre en droit d'exercer sur luy; et pour faire, sy besoing est, insinuer ces présentes, et en requérir et consentir les actes nécessaires, les partyes instituent le porteur du présent contrat avec tout le pouvoir dont besoin, pro- mectans, obligeans, renonçans, etc. Fait et passé, scavoir pour Sa Majesté, Monseigneur, Monsieur et les Princes et Princesses, à Versailles, et pour les autres, en la maison de ladite damoiselle Mignard, susdite rue de Richelieu, l'an 1696, le dix huictiesme jour d'Avril, à Paris, midy, et ont signé la minutte des présentes demeurée à Caillet notaire; signé: Belot et Caillet.

L'an M V^ II II^'^ XVI, le Vendredy, dix septiesme jour d'Aoust, le présent contract de mariage a esté apporté au greffe du Châtelet de Paris, et iceluy insinué, accepté et eu pour agréable aux charges, clauses et con- ditions y apposez, selon que contenu est par iceluy, par M" Perrier, procureur audit Châtelet, porteur dudit contract et comme procureur des partyes y desnommées, lequel a esté registre au présent registre, cent quatre vingt deuxiesme volume des Insinuations du Châtelet, suivant l'ordonnance, ce requérant ledit Perier qui de

DE PIERRE MIGNARD. 6l

ce a requis et demandé acte, et à luy octroyées les présentes pour servir et valloir ausdites partyes en leur temps et lieu ce que de raison.

(Archives Nationales : Y. 267, p. 3j3.}

ÏX. PARTAGE DES BIENS

DE

PIERRE MIGNARD

PREMIER PEINTRE DU ROI,

Contenant l'inventaire général de sa succession, fait en i6g6, du ig Mai au 22 Septembre^.

L'an mil six cens quatre vingt seize, le 19 May, 8 heures du matin, est comparu en l'hôtel de nous, Jean Regnault, etc.. dame Catherine Mignard, épouse non commune en biens de messire Julles de Pas, comte de Feuquières, lieutenant général de la province de Toulois, colonel d'un régiment d'infanterie entretenu pour le service du Roy, de luy authorisée par leur contract de mariage du dix huit Avril dernier, passé par devant Caillet et son confrère, nottaires audit Châtelet, et encore laditte dame authorisée dudit seigneur son époux par acte du seize du présent mois, reçeu par ledit Caillet, à l'effet entr'autrcs choses de

I. Cette pièce est déposée <t>iA /vii.i.it<_.^ Nationales dans le fonds des Commissaires au ChAtclct, cote Y, i5537. Elle nous a été obligeamment indiquée par M. Em. Campardon qui I 1 ■■ verte en dressant l'inventaire de ce fonds.

62 PARTAGE DES BIENS

procedder au partage des biens délaissez par feu Pierre Mignard, escuyer son père, légataire de deux portions dans tous les biens de la succession dudit feu sieur, son père, par les testament et codicille, demeurante en son hôtel, rue de Richelieu, parroisse St Roch, assistée de M^ Tristant Perrier, son procureur, laquelle nous a dit qu'elle a obtenue sentence audit Châtelet le vingt- huit Avril dernier, à l'encontre de dame Anne Avolara, veuve dudit feu sieur Mignard, en son nom, à cause de la communauté de biens qui a été entre ledit deffunt et elle, de Charles et Rodolphe Mignard, Escuyers et héritiers dudit feu sieur Mignard, leur père, de François Martin, Escuyer, sieur de Chantemesle, ReceveurGénéraldudomaineetbois du duchéd'Orléans, se disant créancier dudit Charles Mignard, et de Pierre Guigou Escuyer, Conseiller secrétaire du Roy, disant avoir droit par transport de Claude Henry d'Haruel, Escuyer, sieur de Bussier et de M^ Jacques Jaloux, Conseiller du Roy, auditeur en sa Chambre des Comptes, et de M^ Roch Mirault, bourgeois de Paris, et en cette qualité se disant créancier dudit sieur Charles Mignard, par laquelle sentence a esté ordonné qu'il sera proceddé au partage des biens dudit feu sieur Mignard, et ce pardevant nous, auquel partage poura assister le pro- cureur plus- ancien des créanciers dudit sieur Charles Mignard, aux frais et dépens dudit Charles Mignard, laquelle sentence il nous a mis entre les mains, ensemble l'expédition de l'acte dudit jour, seize dudit présent mois, par lequel acte laditte dame de Feuquieres est authorisée pour procedder au partage en question; en conséquence de quoy, requiert notre ordonnance pour faire assigner les dessusdits à comparoir mardy prochain deux heures de rellevée en notre hôtel pour procedder

DE PIERRE MIGNARD. 63

audit partage, laquelle notre ordonnance avons délivré

à laditte dame aux fins susdittes et ont signé

Catherine Mignard. Regnault. Périer.

Et suit la teneur desdittes sentence et procuration.

A tous ceux, etc... {sic]

Par devant, etc. [sic]

Et le mardy, vingt deux May, audit an 169Ô, deux heures de relevée, est comparu par devant nous M* Tristant Périer, procureur de ladite dame de Feuquières, es noms et qualité par elle prise, tant par sentence dudit jour, vingt huit avril dernier, que nostre présent procès verbal, qui nous a dit avoir fait assigner ladite dame veuve Mignard, lesdits sieurs Mignard et son frère, ledit sieur Martin de Chantemesle, au domicile de M* Regnault Marais, son procureur, et Pierre Guigou. escuyer et conseiller, et secrétaire du Roy, par exploit du dix neuf du présent mois, par l'huissier Carman, à comparoir cejourd'hui, heure présente, pardevant nous, pour procedder au partage ordonné par la susditte sentence, pour à quoy parvenir, requiert qu'il soit fait masse des biens de la communauté qui a esté entre ledit feu sieur Mignard et la dame son espouse, à présent sa veuve, pour, ladite masse faite, en estre fait deux lots, pour l'un d'eux csire donné à ladite dame en la manière accoustumée, et l'autre subdivisé conformé- ment aux testament, codicile dudit deffunt s»- Mignard, sentence et arrest contirmative d'iceux intervenu à cause desdits s" Mignard, ses frères, à l'effet de laquelle masse requiert que lesdites partyes soient tenues de convenir et nommer expert pour priser les maisons de ladite communauté, et a signé : Périer.

Estauasyoomparu M'ElieChampfleury, procureur de

64 PARTAGE DES BIENS

dame Anne Avolara, veuve du feus"" Mignard, commune en biens avec luy, lequel a dit que, devant l'assignation à elle donnée, elle consent procedder audit partage, nomme de sa part la personne du sieur de l'Espine, demeurant rue de Glery, n'eschéant aucun expert pour le partage des tableaux à son esgard, étant remplye pour sa moictié etdu consentement desdites partyes, lesquelles en conséquence du partage fait à son esgard ont consenti que ladite dame leur mère en dispose comme et ainsy qu'elle adviseroit bon estre, sans préjudice à ladite dame de ses autres droits à exercer quand et comme bon luy semblera, requérant que auparavant qu'il soit fait aucun partage des autres biens, il luy soit rem- boursé, et déduit les sommes par elles ou par son adveu payées et déboursées ou consenties par lesdits enfans.

Signé : Champfteury. Sont aussy comparu lesdits sieurs Charles et Rodolphe Mignard, Escuyers, enfans et héritiers dudit feu sieur Mignard, leur père, conseiller. Premier Peintre du Roy, assistés de Joseph de Clairac, leur procureur, qui ont dit que, aux protestations qu'ils font de se pourvoir contre les qualités prises par ladite dame Mignard et ladite dame de Feuquières, leur sœur, en temps et lieu et par les voyes qu'ils adviseront bon estre, ils comparent suivant l'assignation à eux donnée, consentant estre proceddé au partage requis, aux pro- testations qu'ils font encore de se pourvoir pour raison des recels et divertissements qui ont esté faits es effets d'icelluy deffunt, sont surpris de ce que ladite dame leur mère a advancé par son dire qu'il n'y avoit point de partage à faire entre elle et ses enfans des tableaux qui se sont trouvés après le deceds dudit feu sieur leur père, qu'elle est remplie de sa portion et conséquemment qu'il

DE PIERRE MIGNARD. 65

n'est pas besoin qu'elle nomme aucun expert pour faire la prisée desd. tableaux, puisque sy lad. dame est remplie de sa portion d'iceux, ce ne peut estre que par un choix qu'elle a fait de ce qu'elle a voulu desdits tableaux. Cela sy vray qu'en fin de l'inventaire il est dit à l'esgard des tableaux que les parties feront entre elles un estât et prisée d'iceux par Morin, huissier, qui a fait la prisée des meubles contenus aud. inventaire sur l'advis du sieur Michel Corneille, peintre du Roy, qui seroit signé des parties, ensuite rapporté et joint à la minutte dud. inventaire, laquelle prisée devroit estre transcrite en fin d'icelluy ainsy qu'il a esté arresté par icelluy, laquelle prisée il requiert lad. dame leur mère de représenter, pour sur icelle dire ce que de raison , et en Testât les choses paroissent par ledit inventaire, ladite dame leur mère étant chargée de tout le contenu en icelluy, elle doibt représenter lesdits tableaux pour estre prisés et compris dans ledit partage, nommant de leur part pour la prisée desdits tableaux le sieur Person, expert juré, demeurant rue du Regnard, paroisse St Sauveur. Lesdiis sieurs Mignard con- noissent parfaitement que ladite dame Mignard est d'intelligence et liée d'interest avec ladite dame de Feuquière, sa fille, cela cy vray que, quoyque les inierests de la mère et de la fille sont opposés l'un à l'autre dans le partage à faire entre les partyes, elle ne veult point prendre d'expert pour la prisée des maisons, mais de leur part nomme le sieur Le Proust, juré expert, demeurant rue Bardubecq, lesquelx experts proccdderont à ladite prisée en la manière accoustumée, laquelle prisée, avant que de procedder audit partage sur les biens de ladite communauté, il en doibt estre tiré à part le contenu en Testât qui est annexé à la

5

66 PARTAGE DES BIENS

minutte du contract de mariage passé entre led. feu

sieur Mignard et lad. dame son espouze, à présent sa

veuve, lequel a esté stipuUé propre aud. feu sieur

Mignard par ledit contract.

(Signé :) Mignard. Mignard.

De Clairac.

Est aussy comparu Regnault Marais, procureur audit Châtelet et de François Martin, escuyer, sieur de Çhantemesle, receveur général du domaine et bois du duché d'Orléans, créancier du sieur Charles Mignard et opposant au scellé apposé par nous après le deceds dudit feu sieur Mignard, qui a dit qu'il compare suivant l'assignation à luy donnée et consent qu'il soit présentement proceddé au partage ordonné par la sus- dite sentence en sa présence en la qualité susdite et comme procureur plus ancien des créanciers dudit sieur Charles Mignard, et avant de procedder audit partage, il est préalable de nommer des experts et gens connois- sant pour priser et estimer lesdits tableaux estant en ladite communauté, et mesme les maisons estant d'icelle communauté, pour estre sur la part et portion qui echera audit sieur Charles Mignard, payé des sommes à luy dues, tant en principal, interests, que despens, ainsy qu'il a déclaré par nostre procès verbal de scellé, et parceque ledit de Çhantemesle ne veult point faire de frais et veut les éviter, il nomme de sa part ledit Person, peintre, et Le Proust nommé par lesdits sieurs

Mignard.

(Signé :) Marais.

Et par ledit Champfleury, audit nom de procureur de ladite dame Mignard, a esté dit qu'ayant eu un mémoire de ladite dame pour soustenir que les partages des tableaux sont faicts à son esgard, d'après

DE PIERRE MIGNARD. 67

ce qui vient d'estre dit par les dits sieurs, ses enfants, ne peult respondre sans avoir de nouvelles instruc- tions.

(Signé :) Champfleury.

Et par ledit maistre Perier, procureur de ladite dame de Feuquière, a esté dit qu'elle se raporte à l'expert nommé par ladite dame sa mère pour l'estimation des maisons en question, est d'ailleurs obligé de convenir de rendre tesmoignage de la vérité suivant les instruc- tions qui lui ont esté (données), que, du consentement de sa partye et de celuy de messieurs ses frères, les tableaux en question ont esté partagés par raport à ladite dame sa mère, laquelle ils ont consenty demeurer propriétaire de sa moitié pour en disposer comme elle adviseroit bon estre, en sorte qu'il ne reste plus à partager que l'autre moitié desdits tableaux.

(Signé :) Perier.

Et par ledit sieur Mignard, persévérant en ce qu'il a dit et requis, a esté soustenu que Testât et prisée convenu estre faicte entre les partyes par l'inventaire pour y estre joincte et annexée, doibt estre représenté, aussy bien que le partage faict en conséquence, pour après, dire ce que de raison. Et ce, sans se départir de ce que dessus, soutient que ladite dame sa mère doibt représenter et mectre en nos mains tous les tiltres, papiers contenus audit inventaire dont elle est chargée par icelluy pour sur iceux estre composée la masse des biens à partager entre les partyes et que sur l'inventaire représenté il doibt estre procédé à la vente desdits meubles y contenus, pour du prix en composer aussy la dite masse, n'empeschant néantmoins que ladicte dame sa mère n'en retienne pour le préciput accordé par son contraa de mariage avec ledit défunt, interpellant

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68 PARTAGE DES BIENS

ladite dame de faire sur ce sa déclaration si elle veult consommer les deux mille livres de préciput accordé par ledit contract en meubles, ou prendre ladite somme en deniers.

(Signé:) Mignard. Mignard. De Clairac.

Et par ledit maistre Marais, audit nom, après avoir pris communiquation de l'inventaire faict après le déceds dudit deffunct, du i3 Juin 1695, il a reconnu par icelluy qu'il a esté stipuUé qu'il seroit faict un inventaire des tableaux en question qui seroit annexé audict inventaire, pourquoy il soustient que ledit estât de tableaux doibt estre représenté, et faute de ce faire, qu'il doibt estre proceddé incessamment à la triée d'iceux pour ensuite estre proceddé audit partage, faisant pro- testations contraires à celles dudit Perier audit nom en la déclaration qu'il a faicte que lesdits tableaux ont esté partagés sans aucune justiffication, parce que iceux tableaux n'ont pu estre partagés sans avoir esté prisés et inventoriés, adhérant au surplus aux requestes dudit de Clairac pour la représentation des papiers deman- dée pour estre mis en nos mains, le tout à la conser- vation des droicts de ses partyes.

(Signé :) Marais.

Sur quoy, nous. Conseiller susdit, avons auxdictes partyes donné acte de leurs comparutions, dires et réquisitions, et du deftault à ce dudit maistre Régnant, procureur dudit sieur Guigou, pour le proffict qu'il sera proceddé audit partage en question entre les partyes en la présence dudit maistre Marais, audit nom de procureur dudit s"^ de Chantemesle et comme procureur plus antien des créanciers dudit sieur Charles Mignard.

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DE PIERRE MIGNARD. 69

En proceddant est comparu maistre Nicolas Regnault, procureur de Pierre Guygou, escuier, conseiller secré- taire du Roy, es nom qu'il procedde, créancier dudict sieur Charles Mignard, qui a dit qu'il compare suivant l'assignation à luy donnée pour estre présent et assister au partage dont il s'agist pour la conservation des sommes dues audit sieur Guygou par ledit sieur Mignard, tant en principaux, intérests et frais.

(Signé :) Regnault.

Après avoir vacqué à tout ce que dessus depuis l'heure de dix heures jusques à celle de six sonnée, l'assignation a esté continuée à samedy prochain dix heures de relevée.

(Signé :) Mignard, Mignard, De Clairac, Marais, Regnault, Perier, Champfleury.

Et le vingt six may, audit an 1696, deux heures de relevée, suivant l'assignation prise entre les partyes,est comparu pardevant nous ledit maistre Perrier, audit nom de procureur de ladite dame de Feuquière, es noms et qualité par elle prises, laquelle a requis estre procedde

au partage en question et a signé.

Perier. Est aussy comparu ledit maistre Champfleury, procureur de ladite dame veuve Mignard, laquelle, à la conservation de ses droits, a consenty qu'il soit procedde au partage ordonné estre faict entre les dites partyes, à la réserve de celluy des tableaux, lequel a esté faict à son csgard, comme il a esté cy devant dit, et de sa moiciié a esté mise en possession, desquels tableaux à clic eschcus pour sadite moitié elle en a disposé, et à l'esgard de celle de ses enfants, elle a esté mise dans une chambre dépendant de la maison oU est décédé ledit feu sieur Mignard, dont la clef est demeurée entre les

yO PARTAGE DES BIENS

mains du s' Corneille qui a fait le partage desdits tableaux, suivant le consentement des partyes, pour icelle moitié estre partagée entre lesdits enfans ainsy qu'ils adviseront, les sommant et interpellant de con- venir de cette vérité pour faire cesser leurs contestations

à ce sujet.

(Signé :) Ghampfleury.

Est aussi comparu Charles Mignard, escuier, assisté dudit maistre de Clairac, son procureur, qui a dit qu'ils n'ont aucune connaissance du partage allégué par ladite veuve Mignard, qu'il n'est jamais venu à sa connaissance, non plus que le dépost que l'on dit avoir esté faict de la part qui lui revient dans les tableaux qui se sont trouvés après le deceds dudit feu sieur son père; aussy, sans préjudice à se pourveoir contre ladite dame sa mère pour la représentation de la totalité des dits tableaux, il requiert et consent qu'il soit présen- tement proceddé au partage à faire entre les partyes, sans y comprendre lesdits tableaux, et que la masse des biens à partager soit par nous faicte et dressée sur l'inventaire qui est représenté par ledit maistre Ghamp- fleury et les pièces y contenues, et pour accélérer affaire, consent que lesdits experts nommés fassent la prisée des maisons eu esgard à leur estât, et que les loyers de la maison occupée par ladicte dame veuve Mignard soient estimés; mais comme lesdites maisons ne se peuvent partager, et que la division qui en est à faire doibt estre faicte entre plusieurs personnes, chacun et par rapport aux parts qu'ils ont dans la succession, requiert aussy et consent que la masse cy dessus requise soit par nous faite des biens mobiliers contenus audit inventaire et des rentes sur la- ville et parti- culiers qui en composent l'immobiliaire, et que cette

DE PIERRE MIGNARD. 7I

masse soit divisée d'avec les portions qui en appar- tiennent à chacun des partageans, remploy préala- blement fait des propres stipuUés par le contract de mariage d'entre les dessusdits, deffunt Mignard et ladite dame sa veuve, sauf par après à s'ajuster entre les parties desdites maisons, ou en faire faire la vente

par licitation.

(Signé :) Mignard, de Clairac.

Est aussy comparu ledit sieur Rodolphe Mignard

assisté de maistre Claude Vouet, son procureur, lequel

a dit qu'il empêche ce qui a esté cy dessus dit par ledit

Mignard, son frère, et requiert que l'inventaire qui a

esté fait après le décès dudit feu sieur Mignard, leur

père, luy soit communiqué sur son récépissé aux offres

qu'il fait de s'en charger pour le raporter à la première

vaccation et a signé.

Mignard, Vouet.

Est aussy comparu ledit sieur de Chantemesle, assisté dudit maistre Marais, son procureur, lequel, es qualités par lui prises, a dit qu'il consent qu'il soit inces- samment proceddé au partage des biens meubles et rentes appartenant à la succession dudit deffunct, ainsy que ledit maistre de Clairac, son débiteur, pour ensuite estre proceddé au partage des maisons, et ensuite à la subdivision, et sur la portion dudit sieur Charles Mignard estre payé de son deub en principal, intérêts et despens.

(Signé :) Martin de Chantemesle, Marais.

Est aussy comparu ledit maître Nicolas Regnault, procureur dudit sieur Guigou, es noms qu'il proceddé, qui a dit qu'il consent estre proceddé au partage desdiis biens dont il s'agist, préalablement pris sur les biens de la communauté les propres dudit feu sieur Mignard

72 PARTAGE DES BIENS

en faveur de ses enfans, pour, sur le lot, part et portion dudit Charles Mignard, estre ledit Guigou payé desdictes sommes à lui deues en principal, arrérages, intérests

et frais.

(Signé :) Regnault.

Et par lesdits Charles et Rodolphe Mignard assistés de leurs procureurs, pour faire cesser les contestations qui pourroient être formées de la part de ladite dame veuve Mignard et de ladite dame comtesse de Feu- quière, ils veulent bien consentir, comme ils ont fait à la première vacation, qu'il soit proceddé par nous à la masse générale des biens qui sont à partager, à l'ex- ception desdits tableaux, pour raison de quoy lesdits sieurs Mignard se renferment dans ce qu'ils ont cy devant dit et énoncé à la charge que lesdits experts estimeront les loyers de la maison de ladite dame veuve

Mignard.

(Signé :) Mignard, Mignard, de Clairac,

Vouet.

Et par ledit sieur de Chantemesle, assisté comme dessus, a esté adhéré à ce qui a esté dit par lesdits sieurs Mignard frères, et consent le partage général des biens de la succession dudit deffunt leur père, à l'exception desdits tableaux pour lesquels les partyes se pour- voiront.

(Signé :) De Chantemesle, Marais.

Et par ledit maître Champfleury, pour ladicte dame

veuve Mignard, a esté fait protestation contre celle de

sesdits enfans.

(Signé :) Champfleury.

Sur quoy, nous. Conseiller susdit, avons auxdictes parties donné acte de leurs comparutions, dires et réquisitions, et, en conséquence, de la conservation de

DE PIERRE MIGNARD. j3

leurs droits, et, sans préjudicier à leurs protestations, lesdictes partyes ont consenty estre proceddé audit partage des biens de la succession dudit deffunt sieur Mignard, à l'exception desdits tableaux, pour lesquels lesdictes parties se pourvoiront, et pour y parvenir et faire les prisées desdites maisons qu'ils ont à partager, l'assignation a esté prise par toutes lesdites parties à lundi prochain, deux heures de relevée, en la maison est demeurante ladite dame veuve Mignard, rue de Richelieu, pour, de ladite maison, se transporter dans les autres maisons, et ont lesdits Charles et Rodolphe Mignard esleu leur domicile en la maison de leur procureur, chacun en droit soy.

Et a esté mis entre les mains dudit maître Claude Vouet l'inventaire fait après le décès dudit feu sieur Mignard, duquel il s'est chargé, a promis le rapporter incessamment, et après avoir vacqué jusques à six heures sonnées.

(Signé:) Mignard, Mignard, Vouet, de Chantemesle, Marais, Regnault, Regnault, de Chirac, Champfleury, Périer.

Et le vingt six Juillet audit an 1696, deux heures de rellevée, est comparu pardevant nous Charles Mignard, escuier, gentilhomme servant de Son Altesse Royalle Monsieur, héritier de Pierre Mignard, son père, escuier. Premier Peintre du Roy, assisté de maître Jacques de Clairac, son procureur, qui a dit que, par acte du 24 de ce mois, il a fait signiffier à ce jour et heure à maître Elie Champfleury, procureur de dame Anne Avolara, veuve dudit sieur Mignard, Tristan Périer, pro- cureur de dame Catherine Mignard, épouse non commune en biens, et authoriséc du sieur Comte de

74 PARTAGE DES BIENS

Feuquière, à maître Claude Vouet, procureur de Rodol- phe Mignard, ce dernier héritier dudit sieur Mignard, son père, à maître Regnault Marais, procureur de Fran- çois Martin, escuier, sieur de Chantemesle et à maître Nicolas Regnault l'aîné, procureur du (sieur) Guigou, escuier, conseiller secrétaire du Roy, de comparoir ce jour et heure pardevant nous pour procedder au partage ordonné entre les parties par les sentences cy devant datées. De laquelle comparution il a requis acte et deffault contre lesdicts maistres Champfleury et Perrier, et pour le proffit renvoyer les parties à demain à l'audience.

(Signé :) Mignard, de Clairac.

Est aussy comparu maistre Claude Vouet, procureur dudit sieur Rodolphe Mignard, es noms et qualités qu'il procedde, qui a dit qu'il compare sur l'assignation donnée à sa partie par l'exploit cy dessus daté, est prêt et offre d'assister à la masse qui doibt estre faicte des biens de la succession dudit feu sieur Mignard pour ensuite estre procedde au partage en la manière accoutumée; mais comme la dame veuve Mignard est saisie de tous les titres, papiers et effects de ladicte succession, mesme de la grosse de l'inventaire fait après le déceds dudit sieur Mignard, laquelle est assignée à ce jour et heure présente, aux fins de repré- senter ledit inventaire et effects inventoriez en icelluy, et qu'elle ne compare sur l'assignation que ledit sieur Charles Mignard luy a fait donner, ledit Vouet, audit nom, adhère au réquisitoiredudit sieur Charles Mignard, et requiert^ à son esgard, que, faute par ladite dame Mignard d'estre comparue, deffault à l'encontre d'elle, et pour estre condamnée à mettre en nos mains la

DE PIERRE MIGNARD. 7 5

grosse de Tinventaire et tous les tiltres y contenuz, et

qu'à ce faire elle y soit contraincte par saisie et vente

de ses biens, et renvoyer les parties à demain à l'audience

du parc civil.

(Signé :) Vouet.

Est aussy comparu François Martin, escuier, sieur de Chantemesle, créancier dudit sieur Charles Mignard, assisté de maître Regnault Marais, son procureur, et encore ledit Marais comme procureur plus ancien des créanciers dudit sieur Charles Mignard; qui ont dit que, suivant l'assignation à eux donnée, ils comparent pour estre présens à la confection et voir faire la masse des biens dudit deffunt sieur Mignard, et ensuitte au partage ordonné par lesdites sentences susdatées pour y conserver les intérests des créanciers dudit sieur Charles Mignard, et parce que ladite dame Mignard, ny autre pour elle, ne sont comparus, et il est cinq heures sonnées, il adhère au réquisitoire desdits de Clairac et Vouet audit nom, estant prest de se joindre avec eux pour soutenir les intérests desdits créanciers et ont signé.

De Chantemesle, Marais.

Est aussy comparu maître Nicolas Regnault, procu- reur dudit sieur Guigou, qui a adhéré au réquisitoire tait par lesdits maîtres de Clairac, Vouet et Marais,

esdiis noms et a signé.

Regnault.

Sur quoy, nous, conseiller et commissaire susdit, avons auxdites parties donné acte de leurs comparutions, dires et réquisitions, |x>ur cstre fait droit, sur lesquelles les avons renvoyées à demain à l'audiance du parc civil du Châtelct de p!-:-

(Signé:) Regnault.

76 PARTAGE DES BIENS

Et le premier jour d'aoust, audit an i6g6, deux heures de rellevée, est comparu pardevant nous maître Charles Champfleury, procureur de ladicte dame veufve Mi- gnard.

Lequel, à la conservation des droits de ladite dame a dit qu'il est prêt de procedder au partage des biens dont est question entre les parties, après néantmoins que les intéressez audit partage auront accordé les payemens qui ont esté faicts par ladite dame suivant les quittances qui sont par elles représentées, dont il y en a de deux sortes, les premières contiennent les frais funéraires, legs faictz par ledit deffunt et autres dont les héritiers dudict deffunt sont seuls tenus, montans à sept mille cent quatre vingt deux livres, à quoy il faut adjouter le mausolée de valeur de six mille livres, le deuil de ladite dame montant à trois mille livres, et l'indemnité des tableaux qui lui ont esté légués par ledit feu sieur Mignard, montant pour la moitié dont l'indemnité est due à ladite dame, à quatre mille cinq cens cinquante livres, suivant l'évaluation qui en a esté faite par ladite dame, dont elle a fait un estât, lequel, ensemble les testamens dudit deffunt et quitances, elle offre commu- niquer;

Les secondes contiennent d'autres payemens qui ont esté par elle faits, à des ouvriers et autres per- sonnes de cette qualité, dont les payemens se montent à dix neuf cens trente sept livres cinq solz, qu'il convient pareillement prendre, par ceux qui com- paraîtront, en communication, pour pareillement les accorder ou contester. Outre lesquelles quitances, il y en a encore cinq autres, montans ensem^ble à trois mille six cens livres de sommes par elle payées auxdits sieurs Mignard, ses enfans, contre lesquelles n'y ayant aucune

DE PIERRE MIGNARD. 77

contestation à former, lesdits sieurs ne pouvant discon- venir d'avoir receu lesdictes sommes auxquelles condi- tions persévère en ce qu'il a dit, et a signé.

Champfleury. Est aussy comparu maitre Tristan Perrier, procureur audit Châtelet et de dame Catherine Mignard, épouse authorisée dudit comte de Feuquière, laquelle ayant connoissance de tous lesdits payemens, les accorde pour estre imputés sur les sommes qui sont en la possession de ladite dame sa mère et oflre de procedder audit partage, et a signé.

Périer.

Sont aussy comparus lesdits maîtres Vouet, procureur dudit Rodolphe Mignard, et de Clairac, procureur dudit sieur Charles Mignard, qui ont dit que, par sentence contradictoire rendue entre ladite dame veuve leur mère, la dame de Feuquière et lesdits Mignard frères et les créanciers dudit sieur Charles Mignard, en datte du 28 juillet dernier, il a esté ordonné que les parties com- paroîtroient à cejourdhuy et heure pardevantnous pour procedder à la confection du partage dont il s'agit, à l'effect de quoy ladlcte dame veufve du sieur Mignard seroit tenue de mettre en nos mains l'inventaire, qui a esté fait après le déccds dudit feu sieur Mignard, des biens et effets de sa communauté avec ladite dame sa veufve, ensemble tous les tiltres et effets contenus dans ledit inventaire, pour estre par nous dressé la masse desdiis biens et effets qui sont à partager entre les par- ties, et icelles à elles communicquées, dire ce qu'ils avi- seront bon estre pour ensuittc estre les lots dressés et ensuitic jeitez au sort. Et porte la mesme sentence que faute par l'une ou l'autre des parties de comparoir, qu'il sera proceddé à la confection dudit partage en la pré-

yS PARTAGE DES BIENS

sence de l'un des substituts de monsieur le procureur du roy aux frais et dépens du deffaillant.

De laquelle sentence lesdits de Clairac et Vouet, esdits noms, requièrent l'exécution, et somment ledit Champ- fleury, audit nom, de présentement mettre en nos mains l'inventaire et pièces pour estre, comme dit est, proceddé audit partage, et à faute de ce, protestent de faire exécutter ladite sentence et contraindre ladite dame Mignard par toutes voyes dues et raisonnables à satisfaire à la con- damnation prononcée contre elle.

La demande que ladite dame veufve Mignard fait par sa comparution de cejourdhuy est hors de saison et prématurée, n'estant quant à présent question que de représenter ledit inventaire et pièces pour procedder à ladite masse, et après que les choses auront été mises en règle, lesdits sieurs Mignard frères feront et diront contre les demandes de ladite dame Mignard, leur mère, tout ce qu'ils aviseront bon estre, protestant ledit sieur Charles Mignard de tous ses dommages et intérests soufferts et à souffrir pour raison des poursuittes, et frais de contraintes qui sont faittes contre luy par ses créanciers et ont signé.

Mignard, de Clairac, Vouet.

Est aussy comparu ledit sieur de Chantemesle, créan- cier dudit sieur Charles Mignard, assisté dudit maistre Regnault Marais, son procureur, et encore ledit Marais, procureur plus ancien des créanciers dudit sieur Charles Mignard, qui a dit qu'il adhère aux protestations qui ont esté faittes par lesdits de Clairac et Vouet, esdits noms, contre ladite dame veufve Mignard, et proteste que les prétendus payemens que ladite dame veufve Mignard prétend avoir faits, et toutes ses demandes et prétentions, qu'elles ne sont faites qu'à dessein de con-

DE PIERRE MIGNARD. 79

sommer la portion dudit sieur Charles Mignard, son

débiteur, en frais, ne luy pourront nuire ni préjudicier,

et de les contester après qu'il en aura pris communiqua-

tion, ainsy qu'il avisera bien estre, protestant aussy ledit

sieur de Chantemesle de son voyage et séjour qu'il fait

exprès pour avoir payement de son deub et ont signé.

de Chantemesle, Marais.

Et par ledit Champfleury, audit nom, a esté dit que

le tempérament qui a esté par luy proposé estoit juste,

et il a cru que l'on y devoit entrer, néantmoins, puisque

l'on veult procedder à la masse desdits biens et qu'après

icelle faitte l'on entrera dans la discussion des payemens

par elle faits soit pour les accorder ou contester, satisfera

de sa part à ladite sentence, apportera l'inventaire et

pièces contenus en icelluy à tel jour qui sera convenu

entre les parties, aux réserves qu'il fait de se faire faire

raison des payemens par elle faits et déductions cy-dessus

demandées, et a signé.

Champfleury.

Sur quoy nous, conseiller susdit, avons aux parties donné acte de leurs dires et comparutions et l'assigna- tion continuée à vendredy prochain, deux heures de rellevée, du consentement desdictes parties, pour pro- cedder audit partage; à laquelle heure ledit maître Regnault a promis se trouver et ont signé.

de Chantemesle, Mignard, de Clairac,

Regnauh, Marais, Champfleury, Vouet,

Regnault, Périer.

Et à l'instant, a esté mis entre les mains dudit maître

Jacques de Clairac, procureur dudit sieur Mignard

l'aisné, trois liasses de quittances des payemens faits

par ladite dame vcufve Mignard, la première au nombre

de quarante quatre pièces, la seconde au nombre de cinq

80 PARTAGE DES BIENS

et la troisième au nombre de vingt-quatre, desquelles trois liasses ledit maitre de Clairac s'est chargé pour en prendre communiquation et les rapporter au premier jour et a signé.

de Clairac.

Ledit maitre de Clairac a rapporté et mis en nos mains les trois liasses de quictances dont il est cy dessus chargé au moyen de quoy il en demeure déchargé.

Et le quatre aoust audit an 1696, nous, commissaire susdit, avons fait et dressé la masse de tous les biens à partager entre les parties, ainsy qu'il ensuit :

Masse généralle dont sera fait deux lots pour entrer en jouissance par les parties de ce qui leur écherra du premier juillet 1 6g 6,

1 . Premièrement, la somme de dix sept cent quarente une livres, pour les meubles inventoriez et prisez en l'inventaire fait après le deceds dudit feu sieur Mignard par Coulon et Caillet, notaires audit Châtelet, datte au commencement du i3 juin 1695, contenus ez articles premier jusques et compris l'article dix-neuf, vingt-un et vingt-deux jusques et compris l'article cinquante trois, cinquante six jusques et compris le soixantième article dudit inventaire, cy. 1741 ^

2. Item, quatre cent trente cinq livres six sols trois deniers, pour la crue des meubles contenus ez articles dudit inventaire déclarez en l'article préceddent, cy.

435^6«3d

3. Item, la somme de huit cens livres, pour la valeur des deux chevaux de carrosse dudit deffunct, invento- riez à juste valeur par l'article vingt dudit inventaire, cy. 800 ^

DE PIERRE MIGNARD. 8l

4. Item, cinq mil six cens huit livres, unze sols dix deniers pour l'argent plat prisé à juste valeur par l'ar- ticle 54 dudit inventaire, cy. 56o8 * 1 1' io<*

5. Item, deux mil neuf livres treize sols neuf deniers pour la valeur de la vaisselle d'argent montée, inven- toriée et prisée à juste valeur par l'article cinquante cinq dudit inventaire, cy. 2009 ^ 1 3* 9^

6. Item, cent quatre vingt huit livres dix sept sols six deniers pour la valeur de la vaisselle d'argent aussy montée, inventoriée et prisée à juste valeur par l'article soixante cinq dudit inventaire, cy. 188 ^ 17" 6<*

7. Item, vingt huit mil livres trouvez en deniers comptans, inventoriez en l'article soixante un dudit inventaire, cy. 28000 *

8. Item, six cent cinquante livres aussy trouvez en deniers comptans, inventoriez en l'article soixante deux dudit inventaire, cy. 65o **

9. Item, la somme de deux cens livres aussy trouvez en deniers comptans, inventoriez en l'article 63 dudit inventaire, cy. 200 **

10. Item, la somme de trois cens huit livres aussi trouvée en deniers comptans, inventoriez en l'article 64 dudit inventaire, cy. 3o8 ^

1 1 . Item, la somme de quarente mil livres, pour le son principal de deux mil livres de rente constituées au proffit dudit feu sieur Mignard par Messieurs les Pré- vost des marchands et Echevins de cette ville de Paris sur les aides et gabelles, suivant l'édit du mois de juin 1681, par contrat reçeu par Buon et Le Semmelier, nottaires audit Châtelet, le 3 février 1682, inventorié sous la cotte première dudit inventaire, cy. 40000 *

12. Item, la somme de trois mil livres pour dix huit mois d'arrérages de la rente énoncée en l'article pré-

82 PARTAGE DES BIENS

ceddent à compter du premier janvier 1695, jusqu'au premier juillet de la présente année 1696, duquel jour les parties entreront en jouissance de ce qui escherra à chacun d'eux, cy. 3 000 ^

i3. Item, la somme de vingt mil livres pour le sort principal de mil livres de rente constituées au proffit dudit deffunt sieur Mignard par M""^ les prevost des marchands et eschevins de cette ville sur les aydes et gabelles, suivant l'édit du mois de février 1682, receu par Malingre et Le Semmelier, notaires audit Châtelet, le vingt quatre mars 1682, inventorié par ledit inven- taire sous laditte cotte un, cy. 20000 ^

14. Item, la somme de quinze cens livres pour dix huit mois d'arrérages de ladite rente à compter du pre- mier janvier 1695 jusqu'audit jour premier juillet de la présente année 1696, cy. i5oo *

i5. Item, vingt mil livres pour le sort principal de mil livres de rente constituées par Messieurs les prevost des marchands et echevins de cette ville de Paris sur les aydes et gabelles au proffit dudit feu sieur Mignard, suivant l'édit du mois de février 1682, par contract du 24 mars 1682, receu par Malingre et Le Semmelier, notaires audit Châtelet, aussy inventorié par ledit inven- taire sous ladite cotte un, cy. 20000 ^

16. Item, la somme de quinze cens livres pour dix huit mois des arrérages de la rente énoncée en l'article préceddent, à compter du premier janvier 1695 jusqu'au premier juillet de la présente année 1696, cy. i5oo ^

17. Item, dix huit mil livres pour le sort principal de mil livres de rente constituées au proffit dudit deffunt sieur Mignard par M" les prevost des mar- chands et echevins de cette ville de Paris, sur les aydes et gabelles, suivant l'édit du mois de février 1682, receu

DE PIERRE MIGNARD. 83

par Galloys et Caillet, notaires audit Châtelet le 20 no- vembre i683, cy. 18000 ^

18. Item, la somme de quinze cens livres d'arrérages de la rente énoncée en l'article précédent, à compter du i" janvier 1695 jusqu'au i" juillet delà présente année 1696, cy. i5oo *

19. Item, dix huit mil livres pour le sort principal de mil livres de rente constituées au proffit dudit feu sieur Mignard par M" les prevost des marchands et echevins de cette ville de Paris sur les aydes et gabelles, suivant l'édit du mois de février 1682, par contract du 20*" novembre i683, receu par Galloys et Caillet, no- taires audit Châtelet, inventoriés sous la cote première, cy. 18000**

20. Item, la somme de quinze cens livres pour arré- rages deus de la rente énoncée en l'article préceddent, à compter du i^"" janvier 1695 jusqu'au i*"" juillet de la présente année 1696, cy. i5oo ^

21. Item, la somme de dix huit mil livres pour le sort principal de mil livres de rente constituées au proffit dudit feu sieur Mignard par M" les prevost des mar- chands et echevins de cette ville de Paris sur les aydes et gabelles, suivant l'édit du Roy du mois de février 1682, par contract du 20 novembre 168 3 receu par Galloys et Caillet, notaires audit Châtelet, inventorié audit inventaire sous la cotte première, cy. 18000 **

22. Item, la somme de quinze cens livres pour dix huit mois pour arrérages deus de la rente énoncée en l'article préceddent, à compter du \" janvier 1695 jusqu'au i" juillet de la présente année 1696, cy. i5oo**

23. Item, dix huit mil livres pour le sort principal de mil livres de rente constituées au profht dudit feu sieur Mignard par M*^ les prevost des marchands et

84 PARTAGE DES BIENS

echevins de cette ville de Paris, par contract du 20 no- vembre i683 receu par Galloys et Caillet, notaires audit Châtelet, suivant Tédit du mois de février 1682, ledit contract inventorié par ledit inventaire sous la cotte première, cy. 18000 *

24. Item, la somme de quinze cens livres pour une année six mois des arrérages deus de la rente men- tionnée en l'article préceddent, depuis le i*' Janvier 1695 jusqu'au i^"^ Juillet 1696, cy. i5oo*

25. Item, dix mil livres pour le sort principal de cinq cens livres de rente constituées au proffit dudit deffunt par Messieurs les prevost et echevins de cette ville de Paris, suivant l'édit du mois d'Aoust 1688, par contract du 20 Octobre 1688 reçeu par Thibert et Caillet, notaires audit Chatelet, inventoriés sous la cotte première, lequel contract estoit de six cens livres de rente, laquelle rente a esté réduitte à cinq cens livres au moyen de remboursement fait audit deffunt sieur Mignard de la somme de deux mil livres par Monsieur de Frémont, Garde du Trésor royal, le 3o Juin 1693, suivant la mention qui en est faitte en marge dudit contract, receu par Dyonis et Caillet, notaires, cy.

lOOOO *

26. Item, sept cens cinquante livres pour une année six mois d'arrérages de la rente mentionnée en l'article précédent, à compter du i^"" Janvier 1695 jusqu'au i^"" Juillet de la présente année 1696, cy. ySo ^

27. Item, dix huit mil livres pour le sort principal de mil livres de rente constituées au profRt dudit feu sieur Mignard par M" les prevost des marchands et echevins de cette ville de Paris sur les aydes et gabelles, suivant l'edit du mois de May 1684, par contract du 1 9 Aoust audit an 1684, receu par Belot et de Bonneaul,

DE PIERRE MIGNARD. 85

notaires, inventorié sous la cotte deux, cy. 18000*

28. Item, la somme de quinze cens livres pour une année six mois de la rente énoncée en l'article précédent, à compter etc. (comme ci-dessus) cy. i5oo^

29. Item, la somme de dix huit mil livres pour le sort principal de mille livres de rente... (comme l'article 27), cy. 18000*

30. Item, la somme de quinze cens livres de rente pour une année six mois des arrérages de la rente énoncée en l'article précédent, cy. 1 5oo *

3i. Item, dix huit mil livres pour le sort principal de mil livres de rente... (comme l'article 27), cy.

18000 *

32. Item, quinze cens livres pour une année six mois des arrérages de la rente énoncée en l'article précédent... cy. i5oo *

33. Item, dix huit mil livres pour le sort principal de mil livres de rentes... (comme l'article 27), cy.

18000 *

34. Item, quinze cens livres pour une année six mois de la rente énoncée en l'article précédent, cy.

i5oo *

35. Item, trente six mil livres pour le sort principal de deux mil livres de rente constituées au proffit dudit feu sieur Mignard, par M" les prevost des marchands et échevins de cette ville de Paris, suivant ledit du mois de Novembre 1 689, par contract du 22 Juillet 1 690, receu par Morlon et Caillet, notaires audit Chàtelet, inventorié sous la cotte deux dudit inventaire, cy.

36000 *

36. Item, la somme de trois mil livres pour une année six mois des arrérages de la rente mentionnée en l'article précédent... cy. 3ooo **

86 PARTAGE DES BIENS

37. Item, neuf mil livres pour le sort principal de cinq cens livres de rente constituées au proffit de Joseph Marchand, escuyer, sieur Dumay, suivant l'édit du mois de May 1691, par contract du 29 Janvier 1692, sur les aydes et gabelles, receu par Morlon et Caillet, notaires audit Châtelet, ladite rente appartenant audit feu sieur Mignard, suivant la déclaration faitte à son proffit par ledit sieur Dumay, par acte estant en suitte dudit contract, receu par lesdits Morlon et Caillet, notaires, au mesme instant de la passation dudit contract, inventorié sous la cotte 2 dudit inven- taire, cy. 9000 *

38. Item, sept cent cinquante livres pour une année six mois deue des arrérages de ladite rente.... cy.

750 ^

39. Item, vingt sept mil livres pour le sort principal de quinze cens livres de rente constituées au proffit dudit feu sieur Mignard par M'"^ les prevost des marchands et echevins de cette ville, suivant Tédit du mois de May 1691, par contract du 29 Janvier 1692 receu par Morlon et Caillet, etc. . cy. 27000 ^

40. Item, deux mil deux cens cinquante livres pour une année six mois des arrérages de la rente énoncée en l'article précédent. .. cy. 225o *

41. Item, neuf mil livres pour le sort principal de cinq cens livres de rente constituées au proffit dudit feu sieur Mignard, par M" les prevost... suivant l'édit du mois de Febvrier 1 693, par contract du 14 Avril 1 693, receu par Morlon et Caillet, notaires, en conséquence de la déclaration faitte par Joseph Marchand, escuyer, sieur Dumay, reçeue par les mesmes notaires, que ladite somme de neuf mil livres par luy portée au Trésor royal ez mains de Monsieur de Fremont sont des

DE PIERRE MIGNARD. 87

deniers dudit sieur Mignard, inventorié sous la cotte deux.... cy. 9000 ^

42. Item, sept cens cinquante livres pour une année six mois de la rente énoncée en l'article préceddent. . . cy. 750 *

43. Item, dix huit mil livres pour le sort principal de mil livres de rente constituées au proffit dudit deffunt sieur Mignard... suivant l'édit du mois de Février 1693, par contract du 23 Juillet 1693... cy.

18000 *

44. Item, quinze cens livres pour une année six mois des arrérages de la rente énoncée en l'article préceddent... cy i5oo ^

45. Item, vingt cinq mil deux cens livres pour le sort principal de quatorze cens livres de rente constituées (comme en l'article 43), cy. 25200 ^

46. Item, deux mil cent livres pour une année six mois des arrérages de la rente énoncée en l'article pré- ceddent... cy. 2100 *

47. Item, dix mil huit cens livres pour le sort principal de six cens livres de rente constituées... icomme en l'article 43), cy. 10800 *

48. Item, de la somme de neuf cens livres pour une année six mois des arrérages de la rente énoncée en l'article préceddent... cy. 900 **

49. Item, dix mil neuf cens quatre vingt dix huit livres pour le sort principal de six cens livres de rente constituées au proffit dudit detfunt sieur Mignard par Messieurs les prevost.... suivant l'édit du mois de Février 1693, par contract du 4 Février 1695, receu par Bourcier et Caillet, notaires aud. Châtelet, inven- torié sous la cotte deux, cy. 10998 **

5o. Item, de la somme de neuf cens seize livres dix

88 PARTAGE DES BIENS

sols pour les arrérages de la rente énoncée en l'article préceddent, cy. 916 * lo ^

5i. Item, la somme de vingt mil livres pour le sort principal de mil livres de rente constituée au proffit dudit feu sieur Mignard par M" les Officiers du grenier à sel de Paris par contract du dernier Octobre 1691, receu par Thibert et Caillet, notaires... inven- torié sous la cotte six... ^ cy. 20000 ^

52. Item, la somme de quinze cens livres pour une année six mois d'arrérages de ladite rente... cy,

i5oo *

53. Item, la somme de dix mil livres deue audit feu sieur Mignard par le feu sieur Chéron , par billet sous signature privée du 17 Septembre 1693, de laquelle somme il a promis par ledit billet passer contract de constitution , et cependant payer les interests de ladite somme, inventorié par ledit inventaire sous la cotte cinq, cy. loooo ^

54. Item, sept cens cinquante livres pour une année

I. Voici un renseignement emprunté aux registres des Bâti- ments du Roi (Archives Nationales, Oi, 2179, fol. 184) qui expliquera la présence de cette masse considérable de rentes sur la Ville dans la succession de Mignard. Cet article se trouve dans un chapitre iqui porte la rubrique : a Parties payées en rentes sur la Ville en déduction du fonds d'un million : 28 no- vembre 1694; au sieur Mignard, Premier Peintre du Roi, pour ses appointements des trois derniers mois 1693, de l'année entière 1694, à raison de 8800 L. par an : 11 000 L. Dans le même registre (fol. 146), se trouve la mention de plusieurs payements faits au sculpteur de Dieu pour un terme en marbre, représentant le philosophe Lisias, du dessin de Mignard. Enfin, quelques années après, dans le même fonds, se trouve cet autre renseignement (O i, 2189, fol. 179), 12 novembre 1699 : Aux héritiers et créanciers du sieur Mignard, Premier Peintre du Roi, 3656 L. i3 s. 4 d. pour le payement des appointements dudit deffunt en ladite qualité pendant les cinq premiers mois de l'année 1696 à raison de 8800 L. par an.

DE PIERRE MIGNARD. 89

six mois des arrérages de rentes de ladite somme énoncée en l'article préceddent, à compter du 1 7 Sep- tembre 1695, cy. ySo **

55. A l'esgard des trois pièces inventoriées sous la cotte sept, qui sont lettres de change et mémoires, n'en sera ycy parlé que pour mémoire, sauf néanmoins les actions de la communauté dudit sieur Mignard contre qui il appartiendra, cy. Mémoire.

56. Item, la somme de dix sept mil livres à quoy a esté estimée la maison appartenante audit deffunt sieur Mignard, consistant en deux corps de logis scis et faisant l'encoigneure des rties Hoquart et St Martin, par luy acquise de Jean Huche et NicoUe Hubert, sa femme, par contract passé par devant Galloys et Lefoing, nottaires, le 12 Février i663, ensuitte duquel contract est la quittance du payement fait de ladite maison énoncé audit contract du six Aoust audit an i663, inventorié sous la cotte neuf dudit inventaire, laditte prisée faitte par Jacques Mazière, juré expert, ainsy qu'il appert par son procez verbal datte au commen- cement du deux Juillet 1696, aux charges portées tant par ledit contract d'acquisition, décret fait de ladite maison dessusdite, rapport dont les parties peuvent prendre communiquation, cy. 17000 **

57. Item, la somme de 900 ** pour une année six mois eschus au i" Juillet 1696, pour les loyers de ladite maison rue St Martin, occupée par le nommé Nicolct Babicr [Barbier?], à raison de 600 ** par an, à compter du i" Janvier 1695, qui est le corps de logis de devant, donnant sur la rue St Martin, déclaré en l'article précédent, cy. 900 **

58. Item, la somme de deux cens cinquante livres pour les loyers de la maison donnant sur la rue

PARTAGE DES BIENS

Hoquart, occupée par la veuve Lhomme à raison de deux cens livres par an à compter du i*' Avril 1695 jusqu'au i^"^ Juillet dernier, ce qui fait cinq quartiers de ladite maison déclarée en l'article 56 de la présente masse, cy. 25o *

59. Item, trente mil livres pour le prix d'une grande maison à porte cochère, seize rue de Richelieu, présen- tement occupée par ladite dame veufve Mignard et oti est déceddé ledit feu sieur son espoux, par eux acquise de Jean Chebron de Bonnegarde et de damoiselle Marie de l'Épine, par contract du 27 Septembre 1667 reçeu par Muray et Monnier, nottaires, ensuite duquel sont les quittances de payement fait du prix porté audit contract, inventorié sous la cotte 10 dudit inven- taire, et à la charge des charges portées tant audit contract, décret fait de ladite maison, le 24 Mars 1668, le tout inventorié sous laditte cotte, et aux charges portées par ledit rapport dudit jour 2 Juillet 1696 , cy.

3oooo ^

60. Item, à l'égard des loyers de laditte maison énoncée en l'article préceddent, ne sera couché aucun en la présente masse, sauf aux parties à se pourveoir pour raison desdits loyers ainsy que les parties aviseront bon estre, et sera le présent article tiré pour mémoire, cy. Mémoire.

61. Item, la somme de dix sept mil livres à quoy a esté prisée et estimée par ledit sieur Mazière, par son rapport dudit jour 2 Juillet dernier, une maison, susditte rue de Richelieu, occupée par le sieur Dupuis, au derrière de laquelle est celle 011 est demeurante ladite dame veuve Mignard, aussy acquise par ledit deffunct, et par laditte dame sa veuve , desdits sieur et damoiselle de Bonnegarde, par contract dudit jour

DE PIERRE MIGNARD. QI

27 Septembre 1667, aux conditions y portées par le décret fait d'icelle, inventoriée sous laditte cotte 10, et aux charges et servitudes énoncées audit rapport, cy.

17000 *

62. Item, la somme de neuf cens livres pour une année six mois de loyer de la maison énoncée en l'article préceddent, deues par le sieur Dupuys, locca- taire d'icelle, à compter du i" Janvier 1695 jusqu'au i" Juillet de la présente année 1696, cy. 900 *

Et le dix huitiesme jour d'Aoust audit an, 1696, deux heures de relevée, suivant l'assignation prise entre les partyes, est comparu par devant nous. Con- seiller susdit, ladite dame veuve Mignard, assistée dudit Perrier, son procureur, laquelle après avoir pris communication de la masse par nous faite des biens de la succession dudit feu sieur Mignard et de ladite dame Mignard sa veuve, a dit qu'il fault retrancher de ladite masse les trois premiers articles et le quatorzicsme consommés par l'usage, montant lesdits trois premiers articles à quarente trois livres dix sols, à l'csgard du quatorziesme article, il n'a esté tiré pour aucune somme.

Les articles 22, 28, 49, dans lesquels ont esté estimés i3 pièces de tapisserie. Il y en a 6 pièces propres audit deffunt et comprises dans Testât annexé à son contract de mariage qui les stipulle propres à luy et aux siens.

A Tesgard des sept autres pièces, montant par rapori à la prisée dudit inventaire à 172 * 10 sols, ladite dame les retient sur son préciput, ce qui n'cmpcschc pas que sur Testât fait des meubles dans ladite masse, il ne faille retrancher lesditcs 410 livres; pareillement les articles 39, 43, 44, 46, 48 et 52, montant suivant

92 PARTAGE DES BIENS

la prisée de l'inventaire à 170 livres, doivent être retranchés. Il y a meubles contenus es articles cy dessus mentionnés ayant esté vendus du consentement desdites partyes et l'argent consommé.

Le prix de tous lesquels meubles à retrancher monte ensemble à la somme de six cent vingt trois livres, dix sols, deux deniers. 623 ^ lo^ 2^

De laquelle somme de 628* 10* 2 den. déduction faitte sur celle de 1741 ^ 5 ' à quoy monte la prisée faitte des meubles sujets à crue, reste de ladite somme 1118^ 14* 10 '^ à laquelle joignant celle de 800 ^ pour la prisée des chevaux faitte à leur juste valeur, reste

1918* 14* lo^J

Desquels meubles et chevaux, lad. dame prend pour son préciput les articles i3, i5, jusques et compris le 21, 23, 24, 25, 27, 29, jusques et compris le 36, 38, 41, 45, 47, 5o, 5i et 53, revenans tous lesdits articles, y compris ceux de la vaisselle d'étain pour 41 * men- tionnez dans les articles 8 et 9, à 1790 ^.

Il reste à payer à ladite dame de la somme de 2000 ^ auxquelles monte son préciput, celle de deux cent dix livres.

Nous allons nous borner à analyser les articles suivants qui relatent surtout des détails de procédure, nous contentant de reproduire seulement les passages offrant un intérêt réel :

A déduire des deniers comptans 1977 ^ payées par la dame Mignard pour dettes constatées en 44 quit- tances.

Autre réserve faite par ladite dame pour les droits qu'elle tient de son contrat de mariage sur les arrérages de rentes et loyers des maisons qu'elle occupe.

(Signé :) Anna Avolara.

DE PIERRE MIGNARD. g3

1. Les procureurs des sieurs Mignard l'aîné et Mignard le jeune, Jacques de Clairac et Claude Vouet, reconnaissent que la masse doit être réduite de 170 * pour prix de meubles compris aux articles 89, 43, 44, 46, 48, 52, prix touché par la dame Mignard et dont elle devra rendre compte.

2. Ils reconnaissent que ladite dame jouit d'après son contrat de mariage d'un préciput de 2000 ^ à prendre en meubles sans crue et ils ajoutent avec une certaine aigreur : « et il estoit inutile à ladite dame de faire un n sy long discours pour la consommation de son choix, » elle n'avoit qu'à cotter les articles de l'inventaire » qu'elle vouloit consommer sur son préciput, et la » distinction qu'elle a voulu faire sur les articles 22, » 28 et 49 dudit inventaire, dans lesquels il est inven- » torié 29 aulnes de tapisserie de Come, est tout à fait » inutile, d'autant que touttes les pièces de tapisserie » inventoriées par les susdits articles 22, 28 et 49 » n'ont aucun rapport à l'article 26 de l'état des biens n apportez par ledit deffunt sieur Mignard annexé à la » minutte de son contract de mariage avec ladite dame » à présent sa veufve, lesquels biens il s'est stipulé » propres, lequel article 26 parle en ces termes : 6 » pièces de tapisserie verdure, rehaussées de soye avec » leurs bordures valant la somme de 600 livres, » lesquels n'ont aucun rapport avec celles comprises » dans l'inventaire fait après le deceds dudit sieur » Mignard. »

3. Ils acceptent ensuite la déduction à faire de la masse du montant des dettes payées par la dame Mignard, sauf certains articles qu'ils considèrent comme dettes à elle personnelles.

4. Ils soutiennent que laditemassedoitcstreaugmcntée

94 PARTAGE DES BIENS

des gages et appointemens dudit defïunt sieur Mignard .et deslivrées à luy, accordées en qualité de premier Peintre, escheues jusqu'au jour du deceds dudit sieur Mignard. Pour la certitude de la somme qui est deue audit deffunt, ladite dame Mignard comme chargée des effets, et provoquante au présent partage, doit se retirer par devers les trésoriers des bastimens pour retirer des extraits des dernières quittances dudit deffunt de sesdits gages et livrées, et l'article tiré pour ce qui se trouvera deub audit deffunt.

5. « Doit encore ladite masse estre augmentée de ce qui estoit deub au jour du deceds dudit sieur Mignard, en qualité de Premier Peintre du Roy, à l'hôtel des Gobelins, soit par le jardinier, ou le nommé Nioche Brasseur, à l'effect de quoy ladite dame doit faire représenter les dernières quittances, pour estre l'article tiré de la somme à laquelle se trouvera monter ce qui estoit deub audit sieur Mignard au jour de son deceds. »

6. Ils prétendent encore que ladite dame doit tenir compte du loyer de la maison qu'elle occupe jusqu'à concurrence de 1 8oo ^ ou de l'estimation qu'en fera le sieur Mazière.

Enfin ils réclament sur la masse par délibation la somme de 54,557 livres 2 sols pour les propres con- ventionnels contenus en l'état annexé à la minutte du contract de mariage dudit sieur Mignard, et les intérêts de ladite somme du jour du décès du sieur Mignard, et pour cette somme ils prétendent choisir ce que bon leur semblera dans la masse Dont acte.

(Signatures des deux Mignard et des hommes de loi.)

Les vacations suivantes ont lieu les 20, 28 et

DE PIERRE MIGNARD. qS

3i août; les frères Mignard prétendent encore ajouter à la masse la somme de 33y^ lo sols reçue par la dame Mignard du nommé Nioche, brosseur, demeurant aux Gobelins, pour les 6 premiers mois de loyer de 1695 qu'elle a reçus, pour ce qu'il tenoit dans les Gobelins du feu sieur Mignard en qualité de Premier Peintre du Roi.

Ensuite le sieur Marais comme procureur plus ancien des créanciers du s' Charles Mignard vient approuver et confirmer toutes les réserves et récla- mations présentées par les deux frères, notamment la demande d'une somme de 54,557 livres par délibation, à laquelle se monte l'estimation qui a été faite des biens du feu sieur Mignard lors de son mariage, suivant l'état annexé audit contrat de mariage du 2 août 1660, passé par devant Cartier d'Orléans, notaire. Quant aux tableaux que la veuve prétend légués par son mari, il lui est réclamé l'inventaire qu'elle a faire faire, la prisée des tableaux légués avec la sentence sans laquelle elle ne devoit pas faire la délivrance des legs; on lui réclame aussi l'inventaire des tableaux non légués qu'elle s'étoit obligé de faire faire en bas de l'inventaire du 12 Juin 1695, et la prisée de ces tableaux par le sieur Morin, huissier, de l'avis du sieur Corneille^ peintre ordinaire du Roi.

La veuve Mignard répond ensuite aux diverses réclamations de ses fils. Nous extrayons de sa réponse le passage suivant : u Elle n'a point encore demandé l'indemnité des tableaux léguez, mal à propos en a-t-on parlé, elle se réserve son action pour s'en faire faire raison sy elle le trouve à propos. A l'égard des tableaux qui n'ont point esté léguez, le partage en a esté fait, ei suivant les lots faits par le sieur Corneille, elle a

96 PARTAGE DES BIENS

disposé de sa moitié, et la dame de Feuquières et les sieurs Mignard, ses frères, ne peuvent disconvenir de cette vérité, il est de leur connoissance et ils sçavent que la moitié qui est à partager entre lesdits sieurs Mignard et ladite dame de Feuquières, elle a esté mise dans une chambre au troisième étage dont le sieur Corneille a pris la clefde leur consentement, qu'il a encore en sa possession, et se persuade que pris à serment ils ne le feront jammais. »

(Nous passons ce qui a rapport seulement à des questions d'intérêt, auxquelles se mêlent des observations plus ou moins aigres.)

» La tapisserie dont a esté parlé par le deuxième article ne peut estre augmentée dans la masse, ainsy qu'elle s'en est expliquée, et pour faire connoître qu'elle est des propres dudit deffunt, elle est encore en nature, il n'y a qu'à la confronter avec l'état annexé au contract de mariage... »

a Le quatrième article par lequel l'on demande que ladite dame déclare ce qu'elle a reçeu, y satisfaisant, elle est mémorative que le 2 5 Janvier 1696, elle a reçeu du sieur trésorier deux mil livres pour les livrées de l'année 1693, comme pareillement le i5 mars dernier elle a receu de Nioche, pour droit de privilège, 332 ^ qui estoient deues avant le deceds dudit deffunt sieur Mignard, et ce pour satisfaire à l'article cin- quième. »

Ensuite ladite veuve demande qu'on défalque les sommes dues par ses enfants seuls, soit une somme de 7182 * contenues en 24 quittances, « plus six mil livres pour le mauzolée, à quoy il a esté réduit par sentence contradictoire rendue entre les parties, plus le

DE PIERRE MIGNARD. 97

deuil de ladite dame pour lequel il ne luy peut estre moins donné que la somme de quatre mil livres; plus il doit estre levé un fonds pour le douaire de ladite dame, de douze mil livres, faisant six cens livres de rente, au proffit du sieur Mignard, religieux Mathurin. »

Ensuite les deux frères ont reçu par provision depuis le décès de leur père quelques sommes dont le total monte à 3 600 ** pour eux deux, duant à leur réclama- tion montant à 54,557 livres, suivant l'état annexé au contrat de mariage, elle prétend que cette somme ne fait point partie du partage, mais ladite dame prévient les demandeurs que s'il y a encore certains objets en nature, d'autres ont été vendus par leur père, et qu'ainsi il convient de reprendre l'Etat article par article pour constater ce qui reste ou ce qui ne reste pas en nature.

aLesarticles34,35sontennature,[ainsiquelesarticles] 7,8,9,10,11, 12, 1 3,1 5, 16,17,19, 2ià24, 26, 29,32, 34, 35,49, ^2 ^ ^^' ^7> 61,62,63. A l'égard des articles 64 jusques et compris 8^^ ils ont esté léguez par ledit deffunt au sieur Mignard, religieux Mathurin, aussy bien que les articles 85 et 86, et la dellivrance en a esté faitte. Les articles 82, 83 et 84 sont en nature; les 91 et 92, il ne paroist d'aucune debte ny receu par ledit deffunt sieur Mignard; le 93 et dernier article con- cernant la maison scituée à Avignon au Réaupannier, estimé par ledit état 2 5ooo*, ledit deffunt l'a vendue le 22 Décembre 1662 la somme de 18000** au sieur Fallot, suivant le contraci passé par devant Gabillon et Lefranc, notaires, dont l'expédition a esté dellivrée par devant Verany et Bonhomme, notaires, le 26 Juillet 1695,

I, C'est toute la bibliothèque énumiîréc dans l'état de 1660 reproduit ci-dessus; les n*» 83 et 8G sont les recueil» de dessins sur Ifl Pauion par A. Durer et L. Carrachc.

98 PARTAGE DES BIENS

représenté par ledit Perrier, en conséquence de quoy, ledit propre conventionnel doit estre réduit à la somme de 37683 * 3 sols, sauf erreur de calcul, moitié de laquelle somme est confuse ez personnes desdits sieurs Mignard et dame de Feuquière ez qualités qu'ils pro- ceddent, en sorte que dudit propre il en appartient 8420* i5 sols 9 deniers à ladite dame Mignard et l'autre moitié montant à pareille somme de 8420^ i5 s. 9 den. est à partager entre lesdits sieur Mignard par égalle portion, sauf en déduire ce qui se trouvera estre encore deub à ladite dame et à faire sur lesdits propres les imputations qu'elle se réserve à faire en temps et lieu, et ses autres droits et actions , mesme pour l'indemnité de ce qui a esté tiré de la communauté pour ledit sieur Mignard l'aisné. n

La dame de Feuquières vient ensuite reconnaître que le partage des tableaux a été fait, et pour le reste, elle consent à faire le partage conjointement avec ses frères. Quant aux tableaux qui restent à partager, elle accepte pour faire ce partage le sieur Person, expert nommé par ses frères, « conformément aux legs à elle faits par ledit deffunt. »

A la vacation suivante (28 Août) Perier, procureur de la veuve Mignard, « a dit qu'il a fait appeller le sieur Corneille^ peintre ordinaire du Roy, et ancien Conseiller en son Académie royalle de peinture et de sculpture, demeurant rue de Richelieu, paroisse St- Eustache, à l'efïect de faire sa déclaration précise s'il n'a pas esté fait du consentement tant de ladite dame veufve dudit sieur Mignard, que des sieurs et dame de Feuquières, ses enfans, un partage des tableaux de la communauté dudit feu sieur son mary et d'elle, par luy, sieur Corneille ; que desdits tableaux il a fait deux

DE PIERRE MIGNARD, 99

lots, dont l'un a esté dellivré par ledit situr Corneille à ladite dame veufve Mignard, et à l'égard du lot desdits sieurs Mignard et de ladite dame de Feuquières, ses enfans, il a esté mis dans une chambre du troisième étage, dont, pour la seureté de sesdits enfans, ils ont voulu et consenty que la clef demeurât entre les mains dudit sieur de Corneille jusqu'à ce que ils en ont fait entre eux une subdivision, pour sa déclaration faicte servir à ladite dame ce qu'il appartiendra par raison, et à cet effet représenter ladite clef qui luy a esté mise entre les mains... »

Les deux frères Mignard veulent empêcher qu'on entende la déposition du sieur Corneille, alléguant qu'il n'y a point d'ordonnance du juge ni de sentence qui l'ait investi d'une pareille mission et que d'ailleurs les parties ont été d'accord de surseoir à une époque ultérieure pour régler la contestation relative au partage des tableaux de leur père.

Malgré leur opposition, le sieur Corneille fait la déposition suivante :

a Est aussy comparu Michel Ange Corneille, peintre ordinaire du Roy et ancien Conseiller en son Académie Royale de Peinture, demeurant rue de Richelieu, paroisse St-Eustache, qui a dit qu'il compare suivant l'assignation à luy donnée à l'effect de faire sa déclaration telle qu'il appartiendra, et a représenté la clef de ladite troisième chambre, laquelle il nous a prié et requis vouloir de luy recevoir pour nous en charger, et a signé.

M. L. de Corneille. »

Sur 4UU1 1^.1 ^ailles ont été renvoyées à un autre jour et le sieur Corneille s'est retiré avec la clef par lui représentée.

100 PARTAGE DES BIENS

Vacation du 3i Août : Les sieurs Mignard com- mencent par accorder à leur mère les articles qu'elle réclame pour son préciput et lui complètent ce préciput montant à 2000 ^ par le payement de 88 ^ 10 *.

Ils reconnoissent que certains articles ont été vendus de leur consentement et les deniers consommés.

Ils abandonnent à leur mère la tapisserie mentionnée dans les articles 22, 28 et 49 quoiqu'elle ne fasse point partie des meubles stipulés propres par leur père.

Ils lui allouent la somme réclamée pour dettes com- munes par elles payées, montant au total de 1893 ^ 19 ** et une partie des sommes réclamées par M^ Caillet, dépositaire des codicilles, pour ses vacations et la grosse de l'inventaire fait après le décès du sieur Mignard.

Ils accordent l'augmentation de la somme de 2000 * pour les livrées de chez le Roi pour l'année 1693 et de celle de 332 * 10 % reçue du s^ Nioche, demeurant aux Gobelins, par la dame Mignard leur mère.

Ils offrent d'allouer le contenu aux 24 quittances montant à la somme de 7178^ i5% dont ils se recon- naissent débiteurs pour moitié et leur mère pour l'autre moitié.

te Ne veullent empescher qu'il ne reste ez mains de ladite dame veufve dudit sieur Mignard une somme de 6000 livres au désir de la sentence du 20 Juillet dernier rendue contradictoirement entre les parties au sujet de l'épitaphe qui doit estre faitte à la mémoire dudit deffunt, pour estre ladite somme employée en conformité de ladite sentence, à la charge qu'il ne pourra estre passé aucun marché pour la construction d'icelle qu'avec lesdits sieurs Mignard et en leur pré- sence. »

Pour le deuil, au lieu des 4000 * demandées, ils lui

DE PIERRE MIGNARD. lOl

offrent 1266^ faisant partie des 7178* i5 ' qui lui ont été allouées dans les 24 quittances, et rien de plus.

Ils consentent à l'allocation des 600 * de rente qu'elle réclame pour son douaire. Elles lui seront fournies sur celles de la Ville comprises dans le lot des enfants.

Quant à la pension viagère constituée en faveur du Père Mignard, Mathurin, cette pension ayant été constituée conjointement et solidairement par le feu sieur Mignard et sa veuve, par contrat passé devant Lecuyer et Langlois, notaires,* le 23 Juin 1684, cette pension doit être levée sur la masse générale avant le partage.

Ils offrent de rapporter les 3 600** qu'ils ont touchées, et le sieur Mignard l'aîné offre aussi de rapporter ou moins prendre la somme de 4950 ^ faisant moitié de celle de 9900 * qu'il a reçue en avancement d'hoirie, suivant acte passé devant Sainfray et Malingre, notaires, le 12 Janvier 1678, avec les intérêts du jour du décès.

tt Pour marquer à la dame leur mère qu'ils sont entièrement soumis à ses volontez, » ils acceptent de reprendre en nature ce qui leur revient des meubles meublants stipulés propres par le contrat de mariage de leur père, quoiqu'ils fussent bien fondés à demander le prix de l'estimation.

« Pour ce qui est des tableaux expliquez dans ledit inventaire, en cas qu'ils se trouvent en nature, offrent pareillement de les recevoir à la charge de leur faire raison, en cas qu'il se trouve en manquer aucuns, à la déduction de ce qui a été dellivréau père Mathurin en l'exécution desdiis testamens. »

Acceptent de recevoir en deniers comptants les 17000 •* contenus dans ledit état ou inventaire, ou de se contenter de la somme de 18000 ^ pour le prix de la

102 PARTAGE DES BIENS

maison énoncée dans ledit état, quoique estimée 25ooo*.

a Et pour ce qui est des debtes de trois mil livres d'une part que ledit deffunt sieur Mignard a déclarées luy estre deues par Monsieur le Ducd'Epernon et deux mil livres par M. Hervuart(d'Erval), ilsont priéetrequis ladite dame, leur mère, de rendre témoignage à la vérité, et sy elle a connoissance du payement qui a esté fait desdittes deux sommes, pour au cas qu'elle déclare n'en avoir aucune connoissance, pour ne point em- pescher la confection du partage, consentent quant à présent que cet article soit tiré pour mémoire, sauf à répetter les parts et portions à eux appartenantes dans lesdites cinq mil livres après qu'ils auront justiffié que lesdites deux sommes ont été receues pendant et cons- tante la communauté, soutenant que ce qui se trouvera leur rester deub effectivement desdits propres, qu'ils en doivent estre payez et remboursez par prefference sur les biens de la communauté, tels qu'ils voudront choisir avant que de procedder aux lots et jet d'iceux, ensemble des interests desdits propres à compter du jour du deceds dudit deffunt sieur Mignard. »

Et au sujet de leur contestation à l'occasion du partage prétendu fait des tableaux mentionnés par l'inventaire fait après le décès du sieur Mignard, ils consentent que le lot que leur mère a choisi lui reste, et partageront entre eux et leur sœur ce qui leur est échu, et offrent de se transporter sur place pour procéder audit partage par l'entremise du sieur Person et de décharger ainsi le sieur Corneille à qui la clef a été remise.

La dame de Feuquières adhère à tout ce qui a été décidé par ses frères.

Après une nouvelle réserve de la dame Mignard et

DE PIERRE MIGNARD. Io3

certaines précautions prises par le représentant des créanciers de Charles Mignard pour la conservation des droits de ses clients, on décide que la masse générale des biens à partager sera formée et divisée en deux lots. La suite est ajournée au Lundi suivant.

a Et le trois Septembre \ audit an 1696, deux heures de rellevée, nous Conseiller et Commissaire susdit, suivant l'assignation prise entre les parties à la dernière vaccation portée par le présent procès-verbal, sommes transporté en la maison de ladite dame Mignard, susditte rue Richelieu, paroisse St-Roch, estant, sont comparus par devant nous ladite dame comtesse de Feuquiére, lesdits messires Vouet et de Clairac, procureurs desdits sieurs Mignard frères, ledit sieur Mignard l'aisné présent, ledit M' Nicolas Regnault, procureur dudit sieur Guigou, toutes lesquelles parties à la conservation de leurs droits, sans préjudicier à leurs protestations, ont consenty qu'il soit présentement fait quatre lots tant des tableaux qu'estampes, appar- tenant auxdits sieurs Mignard et dame de Feuquiére, lesquels tableaux ei estampes composent la moitié des tableaux et estampes de ceux partagez avec ladite dame Mignard, pour desdits quatre lots estre fait quatre billets dont en sera donné un audit sieur Mignard l'aisné, deux à ladite dame de Feuquiére, et le quatrième audit sieur Mignard le jeune, sur lesquels billets sera escrit les lots qui eschoiront à chacun d'eux, à l'effeci de quoy sieur Michel-Ange Corneille, peintre ordinaire du Roy, demeurant susdite rue de Richelieu, présent, a fait ouverture de la porte de la chambre dans laquelle

i . Nous reproduisons en entier la vacation sont énumérés les ublcaux et esquisses.

104 PARTAGE DES BIENS

sont lesdits tableaux, estampes et desseins à partager avec la clef par luy représentée, ladite chambre au troisième étage sur le derrière de ladite maison, oU lesdits tableaux, estampes et desseins ayant esté veus et examinez par les susdits co-partageans, ledit M^ Re- gnault, procureur dudit sieur Guigou, présent, a esté fait quatre lots par lesdits copartageans, le premier composé des tableaux, estampes et desseins qui en- suivent :

1. Une ébauche de portrait de femme, buste sur toille, numérotté 46.

2. Item, un autre portrait, buste d'un cardinal, numérotté 181.

3. Item, une ébauche, portrait d'homme, buste, numérotté 189.

4. Item, une autre ébauche de portrait, buste, nu- mérotté 44.

5. Item, une coppie du portrait de feu M. Colbert, buste, numérotté 48.

6. Item, deux testes originalles de salon de St-Gloud, numérotté 168.

7. Item, deux autres testes de femme, aussy de salon de St-Cloud, aussy originalles, non numérottées.

8. Item, une ébauche d'une Ste Cecille, numérotté 258.

9. Item, une coppie d'Ecce Homo, numérotté 254.

10. Une Esquisse de couleurs d'un platfond de la gallerie de St-Cloud, numérotté 268.

11. Une autre Esquisse de couleurs, portrait du Roy, numérotté 257.

12. Une ébauche de Vierge, numérotté 283.

i3. Une Vierge, coppie sur toille d'un escu, nu- mérotté 249.

DE PIERRE MIGNARD. Io5

14. Une Ebauche de Vierge, numérotté 266.

i3. Une Esquisse de couleurs, Vierge originalle, aux deux cotez de laquelle sont Sainte Catherine et Ste Agnès, numérotté 259.

16. Une Vierge ovalle, coppie, numérotté 237.

17. Le Portrait de M' le duc de Villeroy, original, numérotté 52.

18. Une ébauche originalle du Gefté, numérotté 232.

19. Item, quarante un morceaux estampes, tant de dôme du Val de Grâce que du salon de St Cloud.

20. Item, quatre testes au pastel, huit desseins de difîerens sujets de maîtres sur papiers différens.

Et après avoir vacqué à composer le premier lot de

tout ce dont il doit estre composé, ainsy qu'il est cy

dessus déclaré, pour procedder à faire les trois autres

lots l'assignation a été continuée au Mercredy prochain,

2 heures de rellevée, et jusqu'à ce le contenu audit

premier lot, les tableaux, estampes et desseins qui

doivent composer les trois autres, sont restez dans

ladite chambre, la porte de laquelle ayant esté fermée à

double tour, la clef d'icelle est restée entre les mains

dudit sieur Corneille qui s'en est chargé et ont signé

Catherine Mignard, comtesse de Feuquière,

de Clairac Mignard Vouet

Regnault de Corneille Regnault.

Vacation du 5 Septembre. Nous passons les formules du début. Deuxiesme lot sera composé des choses qui ensuivent :

1. Une ébauche de portrait d'homme, buste, nu- mérotté 190.

2. Autre ébauche de portrait d'homme, buste, nu- mérotté 3o8.

106 PARTAGE DES BIENS

3. Autre ébauche de portrait d'homme, buste, nu- mérotté 6 1 .

4. Autre ébauche de portrait d'homme, buste, sans numéro.

5. Une Vierge sur toille d'un écu, avec son petit enfant, n** 25i.

6. Le portrait de M. de la Vrillière, sur toille d'un écu, num. 53.

7. Un portrait de femme sur toille d'un écu, num. 252.

8. Une ébauche de platfonds d'un grouppe d'enfans, num. 234.

9. L'Enlèvement d'une Vestale, 221.

10. Un paysage sur une toille de trente sols, n" 262.

1 1. Une ébauche d'enfand nud, 227.

12. Une teste de salon de St-Cloud, n** 170.

i3. Deux autres teste sur une mesme toille dudit salon, 166.

14. Une teste d'x\nge, sur toille, 2o5. i5. Une Magdeleine sur toille, n** 216.

16. Un portrait d'un peintre, n" 23o.

17. Une veuve sur un petit morceau de toille, n" 273.

18. Un petit St Jean sur toille, numérotté 235.

19. Quarante cinq estampes, tant du dôme du Val de Grâce, salon de St-Cloud, qu'autres.

20. Item, trois testes de pastelle et dix-sept desseins sur différens papiers et différens maîtres.

Troisième lot sera composé des tableaux, estampes et desseins qui ensuivent :

I . Un petit Christ qu'on porte au tombeau sur toille sans châssis, 212.

DE PIERRE MIGNARD. 1 07

2. Une Esquisse de couleurs sur un bout de toillc. sans n"*.

3. Un petit paysage sur toille, n** lyS.

4. Autre petit paysage avec sa bordure dorée, n** 171.

5. Une ébauche deVierge sur un châssis ovalle,n°229.

6. Autre ébauche de Vierge, sans châssis et sans n**.

7. Une ébauche de femme veue par le dos, n*' 2o3.

8. Une teste d'un Dieu le père avec des mains, 285.

9. Dessein de couleurs d'un pape, n*' 342.

10. Deux testes de salon de St-Cloud sur une mesme toille, 159.

1 1. Un dessein de couleurs d'une Dianne, sur toille, 207.

12. Dessein de couleurs d'une Theze au Roy, n** 256. i3. Un portrait d'homme, buste sur toille, 196. 14. Le portrait de la Reyne sur un châssis ovalle,

n" 192.

i5. Le portrait de M. de Villeroy le père, 188.

16. Un portrait d'homme, buste, sur un châssis ovalle, n" 47.

17. Un portrait d'homme, buste, sur toille, 199.

18. Un portrait d'homme, buste, sur toille, n" 214.

19. Un portrait de femme tenant des fleurs, sur toille, n** 200.

20. Le portrait du Roy, sur toille d'un écu, n" 54.

21. Ebauche d'une Annonciation sur toille, n** 218.

22. Le dessein du grand platfond de la galleric de St-Cloud, sur bois, n" 178.

23. Quarante-deux estampes, tant du dôme du Val- de-Gràce que du salon de St-Cloud, et un dôme dudit Vai-dc-Grâcc, collé en entier.

24. Trois testes en pastelle et vingt-un desseins sur différens papiers et de divers maitres.

I08 PARTAGE DES BIENS

Quatrième et dernier lot sera composé des tableaux, estampes et desseins qui ensuivent :

1. Une demy figure de femme veue par le dos, tenant un panier de fleurs, 236.

2. Un portrait d'homme sur toille, n** i86.

3. Autre portrait de feu M"" le Mareschal de Villeroy, 64.

4. Autre portrait d'homme, sur toille, 187.

5. Autre portrait d'homme, buste sur toille, n^ 284.

6. Autre portrait d'homme, ébauche sur toille, 193.

7. Un portrait de femme, buste sur toille, i85.

8. Autre ébauche de portrait de femme, buste sur toille, n*' 191.

9. Un portrait de femme, buste avec deux mains, n** 228.

^10. Une teste d'homme de St-Cloud, sur toille, n** 162.

1 1 . Une teste de Minerve, sur toille, sans n°.

12. Une teste d'homme de St-Cloud, sur toille, i63. i3. Une teste de Vierge sur toille avec un Ange,

207.

14. Une ébauche d'une Nativité sur toille, n** 280.

i5. Un baptême de Notre-Seigneur par St Jean, sur toille, 177.

16. Une gloire des deux premières personnes de la Trinité sur toille, 278.

17. Une bataille du cavalier Joseph Pain, sur toille, n" 222.

18. Un St Sébastien, deux figures du Guyde, 212.

19. Item, quarante-sept estampes, tant du dôme du Val-de-Grâce que du salon de St-Cloud.

20. Item, trois testes de pastelle et cinq desseins sur differens papiers et de différens maîtres.

DE PIERRE MIGNARD. IO9

Après que lesdits quatre lots ont esté faits par ledit sieur Michel Ange Corneille de la moitié des tableaux qui restoient à partager entre lesdits comparans et que subdivision a esté faitte en quatre portions dont les tableaux avoient esté numerottez parle premier partage et par luy prisez, touttes les parties comparantes les ont agréé, consenty et requis le jet d'iceux au sort pour demeurer par ceux auxquels lesdits lots eschoiront propriétaires incommutables, à l'effect de quoy ont esté fait quatre petits morceaux de papiers égaux, sur le premier desquels a esté escrit : premier lot; sur le deuxième: deuxième lot; sur le troisième: troisième lot; et sur le quatrième: quatrième lot; après quoy, avons fait entrer dans ladite maison nous sommes Jean Moret, natif de.Salanche en Savoye, aagé de treize ans, demeurant rue des Moineaux, paroisse St-Roch, dans le chappeau duquel lesdits quatre billets cy dessus mentionnez ont esté mis , et ont touttes lesdites parties consenty que le premier billet qui sera tiré par ledit Moret du susdit chappeau soit mis entre les mains dudit sieur Mignard l'aisné, les deux et troisième ez mains de ladite dame comtesse de Feuquière et le quatrième entre les mains dudit M'* Vouet, comme procureur fondé de la procuration dudit sieur Mignard le jeune, et ont lesdiics parties signé en présence desdits sieurs de Chantemesle, Marais, Regnauli.

(Signatures.)

Et après le consentement cy dessus preste par touttes lesdites parties, et que ledit Moret a remuez lesdits billets dans sondit chappeau, ledit Moret a de sondii chappeau tiré un desdits billets qu'il a mis entre les mains dudit sieur Mignard l'aisné, sur lequel s'est trouvé escrit : premier ht, ledit Moret ayant ensuitte

IIO PARTAGE DES BIENS

tiré de sondit chappeau deux desdits billets l'un après l'autre, et iceux pareillement mis ez mains de ladite dame comtesse de Feuquière, sur iceux billets s'est trouvé escrit sur l'un deuxième lot et sur l'autre qua- trième lot, ledit Moret ayant ensuitte de sondit chappeau tiré un billet, icelluy par luy mis es mains dudit M^ Vouet, audit nom, sur lequel s'est trouvé escrit troisième lot, desquels lots les parties sont contentes pour d'iceux en jouyr, faire et disposer comme de choses à eux appartenantes, en apportant par ledit sieur Mignard main-levée du consentement de sesdits créan- ciers, et dès à présent a esté dellivré audit M'' Vouet, audit nom, le troisième lot echeu audit sieur Mignard le jeune, sa partie, dont il décharge la succession dudit feu sieur Mignard, et ont signé :

(Signatures.) (Remise des autres lots aux créanciers du sieur Mignard l'ainé et à la dame de Feuquière.)

Et le sixième jour de Septembre 1696 ^même préambule et mêmes assistants) a esté représenté trois volumes de desseins qui sont testes, figures et ornemens des Carraches et autres maîtres, reliez, couverts de parchemin, dont est parlé et fait mention en l'article 84 de l'état annexé au contrat de mariage dudit deffunt (voy. ci-dessus p. 2 5 et 26), qui ont esté dettachez les uns des autres, dont a esté fait, en la présence et du consentement desdites parties, quatre lots, scavoir le i^"" lot de 3o feuilles, le 2^ lot de 81, les et 4Mots chacun de 80 feuilles, et à l'effect de jecter iceux au sort a esté couppé 4 petits morceaux de papier égaux...

(Le tirage au sort exécuté comme le précédent assigne le 3Mot au s*" Mignard l'ainé, le 4^ à son frère et les deux

DE PIERRE MIGNARD. I I I

autres à leur sœur; lequel partage est suivi de la déli- vrance de chaque lot.)

Item, s'est trouvé dans la chambre dont l'ouverture a esté faitte avec la clef représentée par ledit sieur Corneille plusieurs tableaux en nature et faisant partie de ceux mentionnez audit état annexé au contrat de mariage dudit deffunt contenus ez articles 52 à 55, 5y, 6i, 63, 87, desquels tableaux lesdites parties parta- geantes ayant fait deux lots à la charge que le lot qui écherra ausdits sieurs Mignard frères sera subdivisé entre eux, ainsy qu'ils aviseront bon estre, le premier lot desquels tableaux sera composé de ceux qui ensui- vent : un tableau représentant une Annonciation, contenu audit article 52, plus un autre tableau repré- sentant une petitte tentation de St Anthoine, contenu audit article 53, et un autre petit tableau représentant un Christ que l'on porte au tombeau, contenu audit article 54. A l'égard du second lot, sera composé d'un platfond de la salle du grand conseil de Venize, est la Venize triomphante, contenu audit article 55; Item, un autre tableau de fleurs contenu audit article 5y; Item, un autre tableau représentant un petit Arc, dit de Monsieur Claude, contenu audit article 61; Item, une teste de portrait d'homme, contenu audit article 63 ; Item, un autre tableau représentant une Magdeleine d'Anibal, contenu audit article 87.

(Suit le tirage au sort qui attribue aux frères Mignard le 2* lot et le premier à leur sœur. Après quoi le lot des deux frères a été subdivisé en deux lots : le premier, composé d'un tableau de fleurs, d'une Magdelaine, d'une tétc d'homme à fraize, et d'un petit tableau représentant un Arc est échu au frère cadet, le second lot, échu par la voie du tirage au sort au frère aîné, se

112 PARTAGE DES BIENS

compose du platfond de la salle du grand conseil de Venize. Ce lot doit au premier une soulte de soixante livres. Les lots ont été remis à ceux que le sort avait désignés.)

Suit le partage des meubles dans la vacation du 7 Septembre 1696.

Parmi ces meubles restant en nature de ceux men- tionnés à l'état annexé au contrat de mariage, on cite : une tenture de tapisserie en six pièces de verdure rehaussée de soie, contenue en l'article 26 dudit état. Après avoir voulu la faire vendre, les parties con- sentent à la laisser à la veuve Mignard qui en devra tenir compte. Douze tabourets, six chaises et deux fauteuils couverts de moquette, façon d'Hongrie (art. 28 dudit état), une tenture de tapisserie de Bergame contenant vingt un aulnes un quart (art. 32). Tout cela restera entre les mains du sieur Mignard l'aîné, qui en tiendra compte pour un quart à son frère.

Vacation du 12 Septembre i6g6.

(Mêmes assistants.)

Il est proceddé à la nouvelle masse des biens qui restent à partager.

Nous nous contenterons d'analyser cette nouvelle liste des biens de la succession en renvoyant aux numéros delà première liste.

1 . Meubles meublants y compris les chandelles con- sommées en nature (articles i, 2, 3, 14 de l'inventaire, voir n" i). Mémoire.

2. Douze pièces de tapisserie (art. 22, 28 et 29); six sont propres aux sieurs Mignard et dame de Feuquières suivant l'art. 26 de l'état annexé au contrat de mariage de leur père; le reste a été gardé par la veuve Mignard

DE PIERRE MIGNARD. I I 3

pour la somme de 172 ^ 10 sols à quoi il a été estimé, à déduire de son préciput. Mémoire.

3. Les autres meubles meublants, montant à 1739** 10 sols, ont aussi été imputés sur le préciput par ladite veuve, ce qui avec les 172** 10 sols de l'article pré- cédent fait 191 2 *; et il ne reste donc à lui payer sur ce préciput que 88 ^ en deniers comptans. Mémoire.

4. Les sommes de 56o8 ^ 1 1 sols 10 den. d'une part (n*> 4), 2009 * i3 « 9 d (n^ 5) et 188 ^17-16 d, faisant ensemble 7807 * 9 ' 2 «^ pour la vaisselle d'argent, ci.

7807^ 9* 2 <i.

5. Sommes en argent comptant

(n*** 7, 8, 9, 10), faisant ensemble 29158*, dontilfautdéduireles88** à payer à la veuve Mignard pour parfaire son préciput, et 1 887 * 19* payés pour frais delà communauté justifiés en 44 quittances, il reste.

6. (Voir 11.)

7-

(

n<* 12.)

8.

(

no i3.)

9-

( -

14.)

10.

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no i5.)

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12.

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18.)

14.

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16.

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24.)

.\ reporter.

27104

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40000

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19891 1**

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14

PARTAGE DES BIENS

Report.

198911^

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20. 1

n^ 25.)

lOOOO

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21. 1

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750

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22. 1

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18000

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23. (

28.)

i5oo

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24- (

no 29.)

18000

»

»

25. (

3o.)

i5oo

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26. (

n«3i.)

18000

))

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27- (

32.)

i5oo

»

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28.

33.)

18000

»

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29- (

3o.

34.) 35.)

i5oo 36000

»

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3i.

no 36.)

3ooo

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32.

37.)

9000

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33.

38.)

750

»

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34.

39.)

27000

»

»

35.

40.)

225o

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36.

n°4i.)

9000

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37. 38.

42.) n"^ 43.)

750 18000

» »

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39.

1

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i5oo

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40.

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n»45.1

25200

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41.

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n»46.)

47.)

2100

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43. 44.

48.) 49.)

900 10998

»

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45.

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no 5o.

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n'» 5i.

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20000

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no52.

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53.

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49.

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54.)

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56.)

A reporter.

17000

»

»

495076^

«)i

2d

DE PIERRE MIGNARD.

Report.

5 1 . Cinq quartiers des loyers de la maison énoncée au précédent, occupée par Nicolet Barbier, à raison de 600^ par an (v. 5y).

52. (Voir n*» 58.)

53. ( 59.)

54. Une année de loyer de la maison précédente, due parla veuve Mignard, du i" Juillet 1695 au I" Juillet 1696 (voy. 60).

55. (Voir 61.)

56. ( 62.)

57. Une somme de 2332 * 10 •, savoir 2000** pour les livrées accor- dées au sieur Mignard comme pre- mier peintre pour l'année 1693, et 332 ^ 10 " reçues du s''Nioche pour le privilège à lui accordé de vendre de la bierre dans les Gobelins (v. p.

94)-

58. Trois pièces, lettres de change et mémoires inventoriés sous la cote 7 de l'inventaire.

59. <c Item à l'égard des lettres de noblesse accordées audit feu sieur Mignard par Sa Majesté, au mois de Juin 1687, registrées au Par- lement, Chambre des comptes et Cour des Aydes les 26 et 3o Juin audit an 1687, inventoriées sur l'ethiqucttc du sacq dans lequel

A reporter.

ii5

495076*^ »» » 2

750

25o

3oooo

1200

17000

900

2332 10 »

Mémoire.

547508* 10' 2««.

ii6

PARTAGE DES BIENS

Mémoire.

Report. 547508^ 10* 2 elles ont esté trouvées, sous la cotte 3 dudit inventaire, n'en sera icy parlé que pour mémoire,» cy.

60. Mention pour mémoire des 9900 livres que le sieur Mignard l'ainé a reçu en avancement d' hoirie, qui ont été employées à l'achat d'une charge de gentilhomme ser- vant de Monsieur, par acte reçu par Sainfray et Malingre, notaires, le 12 Janvier 1678, dont le s"^ Mi- gnard doit tenir compte à ses frère et sœur pour moitié, soit 4950 *, l'autre moitié étant imputable sur la succession de sa mère (cote 8 de l'inventaire).

61. Rente de 200 livres consti- tuée par acte passé devant Lan- glois et Levêque, notaires, le 23 Juin 1684, en faveur de Pierre Mignard, fils du feusieur.Mignard, religieux Mathurin, pour la sûreté de laquelle sera fait un fond réver- sible à tous les co-partageants (cote 1 1 de l'inventaire).

62. « Item, sont convenues touttes les parties que le portrait de Mon- sieur, le tableau représentant la famille du Roy d'Angleterre, le tableau représentant le Passage du Rhin et le platfond fait pour M. de

A reporter. 547508^ 10 ^ 2

Mémoire.

Mémoire.

I r

547508^ 10» 2d.

Mémoire.

DE PIERRE MIGNARD

Report. Vandome, non compris dans l'in- ventaire, demeureront entre les mains de ladite dame veufve Mi- gnard qui les a en sa possession jusqu'à ce que les personnes pour lesquelles lesdits tableaux ont esté faits ayent esté par eux retirez, et estre le prix qui en sera receu par ladite dame partagé en commun, pourquoy sera quant à présent le présent article tiré pour mémoire, cy. »

Somme totalle de la présente masse : cinq cens quarente sept mil cinq cens huit livres dix sols, deux deniers, cy. 547508* 10 2 <*.

Vacation du i3 Septembre i6g6.

Les frères Mignard réclament sur la masse, avant partage, 38o52* de principal, qui composent les propres de leur père d'après son contrat de mariage, avec les intérêts de cette